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L’enfer et le paradis
Les Culbuteurs de l’Enfer de Roger Zelazny - Les Sentiers du Désastre de Donald Westlake
Délices & Daubes n°17


Toujours à la cambrousse, contraint à la relecture. Pour ne pas me rater je prends « Les Culbuteurs de l’Enfer » (Damnation Alley) de l’immense Roger Zelazny, collection « chute libre », Editions Champ Libre, 1974. [selon Google, une autre traduction est parue chez Presence du Futur sous le titre idiot de Route 666]
Que dire ? La grande classe, forcément c’est du Zelazny. Mais pas de la fantasy mythologique. De la pure SF post-apocalyptique. Un road movie à travers les ex-Etats-Unis, devenu l’enfer après les bombes atomiques. Un Hell’s Angel, le dernier, est sorti de taule pour amener, depuis Los Angeles, des vaccins à Boston où sévit la peste. C’est un dur de dur et le meilleur pilote du monde. Il faudra bien ça pour traverser cet enfer post-atomique. Un thriller -haletant comme il est convenu de les qualifier- mais avec de la poésie, des paysages sublimes, de l’aventure extrême, des combats au lance-flamme contre des lézards géants, à la mitrailleuse contre des chauve-souris grandes comme des maisons, mais aussi à la grenade, au flingue et à l’arme blanche contre des humains. Un ciel aux couleurs changeantes et terribles, déchiré de tornades et d’averses de galets et de poissons morts avec, au milieu, la course impossible de ce type, Hell Tanner. Et sa rédemption progressive, mentale en tout cas : il finit par croire qu’il est possible de faire le bien, et que ça vaut le coup. Avec des passages absolument sublimes, des phrases qui durent une ou deux pages, des dialogues cinglants.

Pffff ! Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? C’est Grand Maître Zelazny qui écrit, point barre. Et il n’a que trente ans à l’époque !

Après un laps de temps relativement court, nécessaire pour digérer ce splendide bouquin, j’en ouvre un autre, car c’est les vacances et il fait trop chaud pour jardiner. Là c’est le dernier non lu que je gardais pour la bonne bouche. Devinez de quoi il s’agit ? Un Donald Westlake, Les Sentiers du Désastre (The road to ruin), Rivages/Thriller. Oui je vous ai déjà parlé de Donald ce génie du comique littéraire (voir DD n°6) même si j’ai été parfois déçu (voir DD n° 11). Mais là c’est un Dortmunder, 296 pages à lire doucement, en s’exclaffant toutes les deux-trois pages, et en souriant bêtement le reste du temps.
Dans celui-là, Dortmunder et ses potes vont se faire embaucher par Monroe Hall, un type richissime tristement célèbre qui a beaucoup spolié et reste cloîtré chez lui, car personne ne veut plus le fréquenter. La bande de Dortmunder en a après sa collection de bagnoles qu’elle compte revendre aux assureurs. Mais d’autres, entubés par Monroe, cherchent à le kidnapper pour lui faire vider à leur profit ses comptes offshore. Ceux-là, deux boursicoteurs bourgeois et trois prolos syndicalistes, sont de vrais amateurs, et ils vont faire rater le coup. Bon je ne vous raconte pas la succession des événements improbables et des situations impossibles, avec, entre autres, un prof de gym, un représentant de commerce, une cuisinière acariâtre et bien d’autres encore. Allez-y sans hésitation. C’est du niveau de Dégâts des Eaux. C’est trop drôle.

Encore deux excellentes lectures dans des genres bien différents. À quand un mauvais livre pour me faire les dents ?


Henri Bademoude
10 septembre 2006


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