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Le Rapport W - Infiltré à Auschwitz
Gaétan Nocq
Editions Daniel Maghen

Septembre 1940. Entassé dans un wagon avec des dizaines de déportés, l’officier de l’armée secrète polonaise Witold Pilecki arrive dans le camp d’Auschwitz. Sous la fausse identité de Tomasz Serafinski, il s’est mis en tête d’infiltrer les lieux avec pour objectif de monter un réseau de résistant afin d’organiser le soulèvement du camp. Il ne mesure pas l’enfer qui l’attend.



Après avoir sévi de la banlieue parisienne à Peshawar en passant par Addis Abeba ou la forêt d’Angkor comme carnettiste de voyages, Gaétan Nocq se lance, suite à sa rencontre avec Alexandre Tikhomiroff en 2014, dans l’adaptation de romans témoignages en romans graphiques avec “Soleil brûlant en Algérie” puis “Capitaine Tikhomiroff”.
Pour “Le Rapport W”, c’est sa rencontre avec l’historienne Isabelle Davion qui provoque le déclic. Elle vient de rédiger les notes historiques du “Rapport Pilecki” et Gaétan Nocq est immédiatement fasciné par le récit de cet espion polonais qui a infiltré en 1940 le camp d’Auschwitz dans l’espoir d’y fomenter un soulèvement. Une histoire vraie, ou plus exactement un témoignage réel, dont il modifie certes le titre, pour donner à son adaptation une connotation de BD d’espionnage, mails qu’il cherche néanmoins à transmettre aussi factuellement que possible, comme si le lecteur regardait par dessus l’épaule ou se trouvait dans la tête du narrateur.

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Car c’est par les yeux de ce dernier que l’on découvre les lieux, et leur sinistre ambiance. Une ambiance délétère que Gaétan Nocq traduit sobrement en dessinant décors et personnages aux crayons de couleurs sur de grandes surfaces peintes à l’acrylique où prédominent bleu et rose pastel. Ce qui confère à son récit une dimension immersive d’un voyage dans un monde où l’humanité et le sens des réalité n’auraient plus cours. Un univers tordu dans lequel on croise des prisonniers prêt à vendre leurs camarades de chambrée contre une petite amélioration de leur quotidien, des kapos qui prennent des risques pour protéger des détenus ou encore des SS qui font aménager des cuisines pour leurs compagnes ou un jardin d’agrément pour le commandant du camp.

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De même, si la violence et l’horreur sont au coeur du récit, Gaétan Nocq prend le parti de ne jamais vraiment la montrer, préférant la suggérer, en gros plans ou plans lointains, de manière à ce qu’elle imprègne insidieusement le lecteur. Lecteur qui au fil des 260 pages de l’ouvrage et des 3 ans que dure le récit ne peut que s’interroger sur l’inaction des alliés, qui en dépit des rapports réguliers de Witold Pilecki n’interviendront pas, forçant ce dernier à abandonner les 300 personnes qu’il avait recruté pour s’échapper du camp.

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Un ouvrage fort, tant au plan du sujet que de son traitement, complété par un important dossier sur le « Rapport Pilecki » rédigée par Isabelle Davion, que l’éditeur et galeriste Daniel Maghen livre dans une édition d’une grande qualité.

NB  : A noter l’exposition Cassegrain Nocq jusqu’au 20 juillet à la Galerie Daniel Maghen où sont exposées de nombreuses planches originales du « Rapport W ».


Le Rapport W - Infiltré à Auschwitz
- Scénario  : Gaétan Nocq
- Dessin  : Gaétan Nocq
- Editeur  : Daniel Maghen
- Pagination  : 263 apges couleurs
- Format  : 22.5 cm x 30.5 cm
- Dépôt légal : 23/05/2019
- Numéro ISBN : 9782356740700
- Prix public  : 29 €


Lien utile :
- Le Blog de Gaétan Nocq

A lire sur la Yozone :
- Didier Cassegrain et Gaétan Nocq - Nymphéas noirs, Conan et Le Rapport W
- Soleil brûlant en Algérie


Illustrations © Gaétan Nocq / Daniel Maghen



Bruno Paul
5 juillet 2019




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