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Puissants (Les), tome 2 : Egaux
Vic James
Nathan, roman (Grande-Bretagne), uchronie/dystopie, 460 pages, avril 2018, 17,95€

Le Chancelier est mort, le complot pour tuer Whittam Jardine l’a porté sur le trône. Meilyr a été privé de son Don par Lord Crovan, un avertissement à tous les Egaux tentés par l’opposition à la nouvelle famille au pouvoir. Luke a été livré à cet homme qui se sert de son Don pour torturer et briser. La protection de Silyen sera-t-elle vraiment efficace, et peut-on simplement avoir confiance dans le dernier Jardine ? Lui qui vient de retourner ses preuves contre Lord Rix pour lui extorquer une position encore plus enviable dans le pouvoir, au lieu de dédouaner le frère d’Abi.
Abi s’enfuit. Chez Meilyr Tresco. Même si l’ancien Doc Jackson à l’origine du soulèvement de Millmoor n’est plus que l’ombre de lui-même, il garde espoir en leur combat et accepte d’aller sortir Luke du chateau de Crovan, en Ecosse, un lieu cerné par un lac infusé du Don, et dont les portes ne s’ouvrent qu’à l’ordre du maître des lieux. Là-bas, Luke cotoie des criminels, sujets d’un expérience « sociale »...



Avec ce second volume, Vic James confirme le talent découvert dans « Esclaves » et récompensé par le prix des Utopiales en jeunesse. Après un climax phénoménal voyant le couronnement de Silyen, le choses commencent mal pour les Hadley. Malgré la « protection » du prodige, Luke est emmené par l’âme damnée de Whittam, promis à un sort douloureux. Abi fuit Kynestone, pour se rendre chez leur seul allié, qui a payé cher la tombée de son masque. Elle découvre le réseau de Millmoor, et y fait sa place. D’autres Egaux, comme Bodina Matravers et Midsummer Zelton, soutiennent la cause du peuple contre les Jours d’esclavage. Mais c’est bien peu contre l’ambition et la haine de Whittam.

Les Jardine prennent leurs quartiers à Londres, au siège du gouvernement. Tandis que Gavar, fraîchement marié, cherche à préserver sa fille illégitime, son épouse Bouda fait tout pour gravir les marches du pouvoir et assurer sa position. Quitte à subir les assauts de son beau-père, si cela lui assure d’être la prochaine (et la première) Chancelière. Par le jeu des alliances, même Jenner, pourtant délaissé, retrouve grâce aux yeux de son père. Les Jardine offrent, doivent offrir l’image d’une famille unie. Et toute-puissante. Le Chancelier excelle à mettre en scène cette renaissance, manipulant des médias à sa botte et les peurs des gens, Egaux comme bas peuple. Même s’il préfère manier la carotte que le bâton. Parfaite incarnation d’un pouvoir libéré de toute entrave, Whittam s’annonce comme un dictateur violent et sans frein. Le monde se divise entre ceux qui le servent et ceux qu’il écrase sans pitié.

En Écosse, Luke découvre un lieu étrange. Crovan héberge des criminels, dont la moitié est traitée comme des Egaux, et l’autre contrainte de les servir. Les premiers ont tous les droits, sauf celui de mort, sur les seconds. Crovan souhaite montrer que la violence et la cruauté sont inhérentes à l’homme, et que les Egaux, les vrais, sont au-dessus, puisque leur pouvoir est exercé avec mesure et « bienveillance » quand ces roturiers s’empressent d’en abuser pour dominer les plus faibles. Bien sûr, cela choque Luke, qui tente de faire cesser les jeux sadiques du premier camp, à peine effrayé à l’idée d’être basculé dans le second au bon vouloir de Crovan. Il découvre aussi les tortures subtiles et cruelles dont il châtie les criminels, avant de leur effacer la mémoire pour mieux recommencer.
Au milieu de cet asile de fous, Coira. Celle qui dirige le groupe des domestiques dispose d’un statut à part, et Luke réalise vite que bien peu osent s’en prendre à elle. Peu à peu, et après la désastreuse tentative de Meilyr et Abi pour le sauver, il découvre le secret de la jeune fille, qui sera sa porte de sortie. Juste à temps...

Apothéose de ce second tome, les Jardine réhabilitent une ancienne coutume pour mieux juguler les rébellions que Bodina et Midsummer font naître dans tout le pays : la Foire du Sang. Une exécution publique où chacun peut participer à la lapidation, lacération... de criminels exposés pieds et poings liés. Une ode à la cruauté, à l’effet de foule qui pousse les indécis à agir en monstres, portés par le groupe, l’excitation et l’odeur du sang. Rien ne s’y passe tout à fait comme prévu, et les deux camps y font démonstration de force. Bouda y dévoile toute la puissance nouvellement découverte de son Don, manipulant l’Eau contre les statues animées par Midsummer. Abi et Luke se croisent dans la foule, sauvés, exfiltrés tous les deux par des Jardine, pour de bien différentes raisons... Abi découvre chez Gavar une bonté que le jeune père se refuse à reconnaître, et la puissance corruptrice qui peut s’emparer des meilleurs.

Vic James laisse ses héros en plus mauvaise posture encore qu’à la conclusion d’« Esclaves ». « Egaux » aura vu l’irrésistible ascension des Jardine, pour le pire, et la répression violente et froide des révoltes populaires. Les rebelles peuvent-ils encore l’emporter ?
Réponse dans « Libres » (c’est une belle lueur d’espoir, non ?)


Titre : Egaux (Tarnished City, 2017)
Série : Les Puissants, tome 2 (Dark Gifts, 2)
Auteur : Vic James
Traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) : Julie Lopez
Couverture :
Éditeur : Nathan
Collection : Littérature
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 460
Format (en cm) :
Dépôt légal : avril 2018
ISBN : 9782092570401
Prix : 17,95 €



Nicolas Soffray
16 juin 2019


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