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Robin Curtis
L’interview exclusive de Robin Curtis
Orion 5, samedi 6 mai

Pour son plus grand plaisir -elle a même remercié Marc Alaimo pour son désistement qui lui a permis de venir à Paris- Robin Curtis, retirée du monde du show business, est revenue sur son expérience de comédienne. Et au vu de la générosité de cette forte personnalité, le plaisir fut largement partagé !



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Comment s’est passé le casting des films Star Trek ?

C’était si mignon (sic). Normalement, il faut passer par plusieurs rencontres pour y arriver. Sans garantie d’obtenir le rôle. En fait, j’ai eu juste une rencontre avec les responsables de la Paramount, une rencontre sympa et très informelle. J’ai dit que je voulais jouer un alien. En temps normal, on a des informations avant de commencer mais ici je suis partie à l’aveugle. J’étais très détendue et le lendemain, je rencontrais Léonard Nimoy. Une rencontre pratiquement amicale. Une mise en situation où il a parlé de mon parcours et où on a lu ensemble une bonne partie du texte. Kristy Allen avait déjà joué le rôle dans le film précédent. J’avais eu l’impression que c’était un problème de cachet trop élevé qui l’avait empêchée de reprendre son personnage. Mais en fait, non, elle n’en voulait plus et son départ avait fait l’objet d’une négociation pour éviter un procès lourd et long.

Voulez-vous bien nous parler de l’épisode « La Pierre de Gambit » de la série La nouvelle Génération ?

Quand la nouvelle déclinaison de la franchise a été lancée, on m’a demandé si je voulais venir. On pense souvent que c’est facile, qu’un simple coup de téléphone à Rick Berman suffit pour conclure l’affaire. Et non, il faut auditionner comme tout le monde, même si on déjà fait ses preuves dans la série. J’ai loupé un rôle parce que je n’étais pas libre à la bonne date. J’ai eu peur qu’on m’oublie. En fait, là, je commençais à désespérer puis le téléphone a sonné. Tellera, le nouveau rôle... On m’avait prévenue que j’avais une rude concurrence et je suis restée plus de 24 h sans rien savoir. Mais ce fut très différent parce que je ne connaissais pas tout le monde. Oui, je connaissais Jonathan Frakes, Marina Sirtis... mais pas Patrick Stewart. On a bossé 3 semaines ensemble. Dans ce rôle, contrairement à celui de Saavik, je ne suis ni logique ni dans le contrôle de mes émotions. À l’école, on me le reprochait tout le temps. Mais le style de jeu de Star Trek est unique : les personnages sont assez coincés (textuellement : ils ont un bâton dans le cul). Il faut contrôler la manière de parler, insister sur tous les mots. J’ai copié sur les autres. Dans une scène avec Patrick (Stewart), on essaie de se découvrir l’un l’autre. Le réalisateur me conseille : « Drague-le ! ». Mais je portais une perruque, un lourd maquillage, je n’avais rien de sexy ou d’érotique ! J’ai donc joué sur la tonalité de ma voix. Mais cela n’a pas plu au réalisateur qui m’a dit : « On dirait que tu es un oiseau ! » Mais il ne se rendait pas compte que je devais jouer sans aucune indication sur le personnage. Même les auteurs n’en savaient rien. Je leur ai posé la question et la réponse a été : « Attends-là, on n’a pas encore écrit le deuxième volet, donc on n’en sait pas plus que toi ! ». Au final, je m’en suis sortie parce que j’étais plus confiante et plus expérimentée et puis Patrick Stewart est un comédien qui prend un soin extrême de son personnage et de son texte, et cela aide.
À la fin, dans une scène avec le résonateur, Patrick n’était pas à l’aise dans la mise en scène et le texte. Le réalisateur le voyait bien. La journée avait été longue, en plus la semaine avait été difficile, la fatigue perceptible. Le réalisateur lâche un « Moteur », Patrick démarre son texte d’une telle manière que je ne suis pas arrivée à enchaîner !
Une autre grande différence entre l’esprit Star Trek et le reste est que rapidement, les comédiens sur un film oublient un peu leur rôle pour passer au côté plus « mondanités ». Or ici, même en cours de sixième saison, chacun prenait encore soin de son personnage comme au début.

Quels sont vos souhaits pour plus tard ? Souhaitez-vous un nouveau rôle dans un tournage de SF ?

Si on m’offre un rôle, je ne pourrai pas refuser : on y prend tellement de plaisir. Mais j’ai pris ma retraite en quelque sorte. Je me suis mariée, je suis partie à la campagne, à Cincinnatti. Mon mariage a capoté, mon 4ème mariage... C’était pas un conte de fée mais c’est comme cela. Je me suis retrouvée près de New-York et je suis collaboratrice d’un architecte et d’un promoteur dont je suis tombée amoureuse. J’ai changé d’activité professionnelle. J’ai aussi écrit un texte sur ma vie sexuelle, mes nombreuses expériences depuis tant d’années mais son titre change encore régulièrement. En fait, j’ai connu la très grande liberté des années 70, j’ai connu de bons et de mauvais amants. J’ai eu la possibilité de raconter tout cela tout en gardant un regard assez candide et frais, comique même, sur ces années. A force de les raconter à gauche et à droite, les gens m’ont convaincue de les écrire. Au total, un one-woman-show d’environ 2 heures. Hélas, pour monter sur scène, il faut formater son texte à maximum 1h30. Ce texte pourrait marquer mon retour à la scène. Je n’ai eu l’ocasion de l’interpréter qu’une fois, à Cincinnatti, et le retour d’informations venant des personnes présentes m’a poussée à poursuivre cette nouvelle expérience.
L’ambition n’est pas ma principale qualité mais je sais que je suis faite pour la scène. Quand j’ai entendu la pièce « Les monologues du vagin », j’ai eu un peu peur que ce ne soit trop semblable à ce que j’avais écrit. Le même sentiment pour le film « Mon mariage grec ». Mais en relisant le tout, je vois bien qu’il s’agit plus d’un mélange entre ces deux œuvres, une sorte de « Mon mariage vaginal à la grecque ».(Rires)

Si cela vous tente, j’ai mon texte avec moi et on peut prendre 30 minutes ensemble, mais le contenu est « carré blanc ».

Militez-vous d’une manière quelconque pour la liberté et la condition des femmes ?

Plus dans le passé qu’aujourd’hui, je dois le reconnaître. A Cincinnatti, c’est vraiment le tiers-monde de l’ouverture d’esprit. Ce n’est pas une ville du XXIème siècle.
J’ai été, trois ans durant, volontaire dans un planning familial pour aider les femmes à contrôler les naissances et faire de la prévention pour les avortements.
En résumé, plus jeune je me suis plus impliquée qu’aujourd’hui où je me consacre à des activités de femme dans son couple et dans sa carrière. J’ai laissé la place aux plus jeunes aussi...

Et on vous sent vraiment bien à l’aise dans sa vie, Madame... Impresionnante de simplicité, de générosité et d’humour.



Bruno Paul
Véronique
19 mai 2006






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