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Meurtres de Molly Southbourne (Les)
Tade Thompson
Le Bélial’, Une Heure-Lumière, n°18, court roman traduit de l’anglais (États-Unis), Science-fiction, 130 pages, avril 2019, 9,90€

Molly Southbourne n’est pas une enfant comme les autres, son existence revient à obéir à un ensemble de règles et à s’entraîner au combat pour les fois où cela n’aura pas suffi à éloigner le danger. Sa malédiction réside dans son sang dont le moindre épanchement représente une menace mortelle.



Une des premières images dont se souvient Molly n’est autre que celle de son père la tuant. Le lecteur, tout comme elle, ne comprend la réalité de ce souvenir qu’au fil du récit avec Molly grandissant et saisissant l’importance de ce qui lui ont enseigné ses parents.
En premier lieu, si elle voit une fille qui lui ressemble, il lui faut fuir ou la combattre. Si elle saigne, la compresse imbibée doit être brûlée, puis du détergent utilisé. Lors de la découverte d’un trou, surtout chercher ses parents.
Sa vie ressemble à une malédiction, ses parents se sont transformés en tueurs froids et méthodiques pour garder leur fille en vie. Et comme ils ne peuvent toujours être présents, ils enseignent à Molly comment survivre, que faire si elle saigne et le cas échéant comment exterminer ce qui se dressera face à elle. « Les meurtres de Molly Southbourne » porte bien son titre qui peut être interprété de deux manières : Molly tue à plusieurs reprises ou, plus improbable, elle est tuée à plusieurs reprises.

Ce court roman s’avère fascinant tant ses implications sont incroyables. On y massacre à tour de bras, sans que la réelle mesure de ces exterminations soit prise en compte. Molly est en danger et cela seul compte ! Qui la menace ? N’existe-t-il pas une autre solution que la violence ? Et les précautions prises sont-elles suffisantes pour échapper à ces ennemis invisibles ? L’enfer sur Terre se manifeste dans l’entourage de Molly dont chaque geste doit être pesé pour ne pas commettre l’irréparable.
Le déroulement est hallucinant, l’ensemble se lit d’une traite, car le récit possède un fort pouvoir de fascination. Ces mantras que se récite Molly et qui dictent sa conduite hypnotisent quasi le lecteur qui a du mal à y croire, à accorder foi à ces directives. Pourtant, à aucun moment, il ne les remet en question ou doute de leur nécessité. Aussi improbable qu’apparaît l’idée directrice, autant cela fonctionne à plein.

Entre science-fiction, car une explication scientifique semble se cacher derrière tout ça, et horreur par les actes perpétrés tout du long, « Les meurtres de Molly Southbourne » est l’œuvre d’un auteur qui tape fort. Impossible de ne pas être fasciné par le récit si différent et si extrême aussi. Molly n’est pas un personnage insipide que l’on oublie, il s’agit d’une certaine façon d’une victime. Si son cas était connu, comment serait-elle considérée ? Pas facile de répondre, mais l’incompréhension dominerait.
Une superbe novella de Tade Thompson qui baigne dans le sang et plonge chacun dans un certain malaise, tout en l’interpellant sur une situation proprement hallucinante, ce qui en fait tout l’intérêt.
Une pépite poisseuse à ne pas manquer !


Titre : Les meurtres de Molly Southbourne
Auteur : Tade Thompson
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Jean-Daniel Brèque
Couverture et conception graphique : Aurélien Police
Éditeur : Le Bélial’
Collection : Une Heure-Lumière
Numérotation dans la collection : 18
Directeur de collection : Olivier Girard
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 130
Format (en cm) : 12 x 18
Dépôt légal : avril 2019
ISBN : 9782843449499
Prix : 9,90 €


Autres titres de la collection
- 1. « Dragon » de Thomas Day
- 2. « Le nexus du Docteur Erdmann » de Nancy Kress
- 3. « Cookie Monster » de Vernor Vinge
- 4. « Le choix » de Paul J. McAuley
- 5. « Un pont sur la brume » de Kij Johnson
- 6. « L’homme qui mit fin à l’histoire » de Ken Liu
- 7. « Cérès et Vesta » de Greg Egan
- 8. « Poumon vert » de Ian R. MacLeod
- 9. « Le regard » de Ken Liu
- 10. « 24 vues du mont Fuji, par Hokusai » de Roger Zelazny
- 11. « Le sultan des nuages » de Geoffrey A. Landis
- 12. « Issa Elohim » de Laurent Kloetzer
- 13. « La ballade de Black Tom » de Victor LaValle
- 14. « Le fini des mers » de Gardner Dozois
- 15. « Les attracteurs de Rose Street » de Lucius Shepard
- 16. « Retour sur Titan » de Stephen Baxter
- 17. « Helstrid » de Christian Léourier


Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
19 avril 2019


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