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Kepler 62, tome 2 : Le Compte à Rebours
Bjorn Sortland, Timo Parvela, Pasi Pitkanen
Nathan, roman (Finlande), anticipation / SF, 120 pages, juillet 2018, 11,95€

Marie Vallvik est la fille d’un richissime trafiquant d’armes. Elle vit seule, entourée de domestiques, dans la citadelle familiale. Sans amis de son âge. Coupée de certaines réalités.
Face au mystère Kepler 62, elle engage des gamers, d’anciens camarades de classe (de quand elle allait encore à l’école), leur achète une dizaine d’exemplaires du jeu. Et l’un d’eux réussit, lui offrant son ticket pour ce voyage vers l’inconnu. Le jet privé familial la dépose au lieu de rendez-vous : la zone 51.



Mais elle seule a le droit de descendre de l’avion. Prise en charge par une jeune officière, Olivia, qu’elle trouve vite trop gentille pour être honnête, elle rencontre le général Livingstone, commandant la base, puis Ari et Joni, deux autres enfants sélectionnés pour le projet (voir tome 1).
Marie ne peut s’empêcher de fouiner... surtout quand elle découvre que son père participe au projet ! C’est aussi qu’elle est « présentée » à deux aliens, Flapman et le Souffleur, retenus captifs. Et si Kepler 62 n’était pas une colonisation sans danger ?

Ce second volume, écrit par le norvégien du duo, est rédigé à la première personne. On s’immerge immédiatement dans la solitude et la mentalité de Marie Vallvik. Si sa solitude lui pèse un peu, elle l’a forcée à grandir, trop vite, et l’argent paternel l’a habituée à considérer les autres, enfants comme adultes, comme du personnel. Rencontrer des jeunes de son âge, comme Ari et Joni, se retrouver dans un univers où tout ne lui est pas dû, où toutes les portes ne s’ouvrent pas... son masque de petite fille gâtée et exigeante s’effrite peu à peu, dévoilant ses peurs enfantines, l’abandon, la faiblesse, tout ce qui ne se résout pas avec une arme ou de l’argent. Le contraste avec Ari et Joni, bien plus pauvres, promet une belle complémentarité.

Sa rencontre avec les aliens (et leur existence) ouvre de nouvelles perspectives à « Kepler62 ». L’implication de l’armée comme d’un trafiquant d’armes laisse planer quelques ombres sur l’origine du projet, et balaie quelque peu nos espoirs d’une colonisation douce, d’un « nouveau départ » de l’Humanité : il y a d’autres formes de vie, là-bas ou sur la route, et on va considérer qu’elles peuvent être hostiles. Sortland et Parvela creusent en apparence le sillon de la SF hollywoodienne, mais laissent présager, avec ce choix d’une hauteur d’enfants, un déroulement moins militaire qu’on pourrait craindre.

L’abondance d’illustrations est toujours agréable, même si celles-ci « répondent » moins aux blancs du texte, moins nombreux du fait de la narration à la première personne. A moins que l’effet de surprise, sur la forme comme le fond, ne joue moins...

Le récit de Marie apporte un éclairage différent sur les événements, sur l’état du monde et sur le projet Kepler 62. La suite s’intitulant « Le Voyage », le décollage est imminent. A suivre...


Titre : Le Compte à rebours
Série : Kepler62, tome 2/6
Auteurs : Bjorn Sortland, Timo Parvela
Traduction du norvégien : Marina Heide
Couverture et illustrations : Pasi Pitkanen
Éditeur : Nathan
Collection : Le p’tit fernand
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 120
Format (en cm) :
Dépôt légal : juillet 2018
ISBN : 9782092576977
Prix : 11,95 €



Nicolas Soffray
24 août 2018


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