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Hanse galactique (La), tome 3 : Les coureurs d’étoiles
Poul Anderson
Le Bélial’, recueil traduit de l’anglais (États-Unis), science-fiction, 344 pages, juin 2018, 22€

Ce troisième tome du cycle « La Hanse galactique » permet de retrouver les personnages croisés dans les deux premiers volets, au premier chef Nicholas van Rijn, le Prince-Marchand, mais aussi David Falkayn, Adzel et Chee Lan qui forment une redoutable équipe, dont les capacités sont soumises à rude épreuve.
En-dehors de l’interlude : “Plus ça change, plus c’est la même chose”, 3 nouvelles et une novella figurent au sommaire. Largement de quoi comprendre toutes les difficultés rencontrées par ces explorateurs commerçants, toujours à la recherche de profits.



“Territoire” rentre directement dans le vif du sujet avec une base humaine attaquée par les autochtones, alors que Joyce Davisson pensait que le contact se passait pour le mieux et que Nicholas van Rijn vient d’arriver sur place. Ce dernier a beau l’horripiler par ses manières, elle n’a personne d’autre pour la protéger, tous ayant fui, les abandonnant sur cette planète devenue inhospitalière.
Les lecteurs retrouvent le Prince-Marchand dans toute sa splendeur : une silhouette d’ours, toujours en train de se plaindre, de râler. Son attitude envers la belle Joyce la pousse à se méfier du colosse aux mains baladeuses, pourtant elle trouve en sa compagnie une certaine sécurité, car il ne manque pas de ressources. De plus, il est fin analyste, il n’est pas parvenu à sa position enviée à la tête du comptoir des liqueurs et épices, sans devoir démêler des situations inextricables. C’est un meneur d’hommes et un manipulateur hors pair. “Territoire” est l’exemple parfait de toutes ses capacités et des sentiments contradictoires qu’il suscite : fascination et répulsion.

La novella “Les tordeurs de troubles” et la nouvelle “Le jour du grand feu” mettent en scène le trio d’explorateurs David Falkayn, un humain bien de sa personne, Adzel qui n’est pas sans faire penser à un dragon et Chee Lan à un chat. Avec leur vaisseau La Débrouille, ils ont l’art de se plonger dans les embêtements jusqu’au cou. Alors en pleines négociations avec les locaux, il suffit à Falkayn de voir une jolie femme humaine en danger pour se porter à son secours et remettre en question la fragile confiance gagnée jusqu’ici (“Les tordeurs de troubles”). Dans “Le jour du grand feu”, les trois viennent apporter leur aide, moyennant paiement bien sûr, aux habitants d’une planète menacée par l’explosion de leur soleil. La fin laisse d’ailleurs pensif.
À chaque fois, les trois sont séparés et doivent se débrouiller de leur côté en prenant de gros risques. Le profit les pousse à braver le danger, mais la solidarité entre eux prédomine. Ils s’avèrent très différents, aussi bien d’aspect que de caractère, et leurs aventures en sont considérablement rehaussées.

“La clé des maîtres” est développé de manière plus originale. Lors d’une soirée, Nicholas van Rijn a convié quelques invités dont un capitaine blessé et son second, tous deux de retour d’une mission qui s’est mal terminée. Les deux en font le récit, se perdant en conjectures sur les motivations des autochtones soudain devenus hostiles. L’expérience du Prince-Marchand leur expliquera le pourquoi de cette dérive. Dans ce texte, il s’avère plus sympathique, plus ouvert, peut-être parce qu’il est chez lui et jouit de tout le confort.

Ces quatre textes se lisent avec plaisir, car Poul Anderson y fait montre d’inventivité à plusieurs niveaux. Chaque texte est l’occasion de découvrir une planète étrangère soigneusement pensée. Géographie, population, système politique... figurent au centre des intrigues et agrémentent le déroulement des récits. Même si l’action est omniprésente, elle ne prend pas le pas sur la réflexion, les histoires jouent sur les deux tableaux. L’intérêt de ce recueil « Les coureurs d’étoiles » réside aussi dans ses personnages. Ces derniers sont tous fort différents, chacun avec ses qualité et ses faiblesses, mais tous dignes représentants de la Ligue Polesotechnique.

Avec « La Hanse galactique », Poul Anderson explore par le biais de marchands l’univers et sa diversité. Il peut laisser courir son imagination qui ne s’affranchit pas des contingences scientifiques pour offrir à ses magnifiques personnages de nouveaux marchés qu’ils doivent conquérir aussi bien grâce à leurs capacités physiques qu’intellectuelles.

En fin d’ouvrage, la chronologie de Sandra Miesel permet de situer les nouvelles dans la grande histoire de la Civilisation technique, ce qui montre la richesse de la création d’Anderson.


Titre : Les coureurs d’étoiles
Série : La Hanse galactique, tome 3
Auteur : Poul Anderson
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Jean-Daniel Brèque
Couverture : Nicolas Fructus
Éditeur : Le Bélial’
Directeur de collection : Olivier Girard
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 344
Format (en cm) : 13,9 x 20,5
Dépôt légal : juin 2018
ISBN : 9782843449352
Prix : 22 €


Également sur la Yozone :
- Hanse galactique (La), tome 1 : « Le prince-marchand »
- Hanse galactique (La), tome 2 : « Aux comptoirs du cosmos »
- Nicolas Fructus - Les Coureurs des étoiles

- « L’épée brisée »
- « Tau Zéro »
- « Le Chant du Barde »
- « La Patrouille du Temps »
- « Trois Cœurs, Trois Lions »
- « Les Croisés du Cosmos »
- « Barrière mentale et autres intelligences »


Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
11 août 2018






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