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Ayanashi (T1 et 2)
Yukihiro Kajimoto
Glénat

Le monde changea radicalement le jour où la Mort descendit sur terre. Ne supportant pas la lumière, elle répandit ses ténèbres sur la surface de la planète. Depuis ce jour maudit, les humains vivent sous terre, abandonnant la surface à des créatures assoiffées de sang et de meurtres : les Oni. Les effluves que génèrent ces créatures retirent toutes forces à celui qui s’y retrouve emprisonné, jusqu’à l’engloutir. Pourtant des hommes et des femmes choisirent de vivre à la surface et de se battre contre les Oni. Nombreuses sont les rumeurs qui circulent dans les cités souterraines sur ceux portant le nom d’Ayanashi. On raconte qu’ils sont aussi dangereux que les Oni et qu’ils survivent tels des animaux, les derniers croquemitaines. Mais les autorités savent que ce sont en réalité les derniers remparts pour protéger l’humanité contre les Oni et qu’ils parcourent la surface pour anéantir ce mal. Alors quand la jeune Shella découvrit le jeune Ayanashi à l’entrée de son village, elle ne sut trop quoi faire...



Depuis la mort de son frère Rico, Holo parcourt la surface et les cités souterraines à la recherche de ce maudit borgne qui lui arracha son précieux petit frère qui le suivait dans sa chasse aux Oni même s’il n’était pas un Ayanashi. Mais aujourd’hui, Royce lui a collé dans les pattes un apprenti inspecteur qu’il doit aider à former. Et comme par hasard, la cité où il s’est réfugié avec la jeune Aura et son père est envahi par des Oni. Celui qu’il affronte ressemble à gigantesque serpent, mais de nombreux Oni à taille humaine suivent son sillage. Raciao, le pédant apprenti, perd rapidement de sa superbe quand il se retrouve à devoir affronter en corps à corps les Oni humanoïdes. Et son pistolet n’est de peu d’utilité quand seules les armes blanches maniées par un Ayanashi ont la moindre chance de les tuer. Toutefois, Holo est aussi inquiet par la tournure que prennent les événements. Des habitants de la cité se retrouvent prisonniers en haut d’une tour de garde, avec le serpent leur coupant toute chance de s’enfuir. Et pour vaincre cette créature, Holo n’a d’autre choix que de trouver sa tête et de la trancher.

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“Ayanashi” est le premier titre de Yukihiro Kajimoto. Venant de l’univers du jeu vidéo, le mangaka nous plonge dans un monde où l’humanité a régressé depuis l’arrivée des Oni à la surface de la planète. Le monde de “Ayanashi” est entre le Far West et l’heroic fantasy. Les restes de la civilisations sont considérés comme des « raretefacts », des reliques se vendant au marché noir. Mais surtout, c’est une ambiance claustrophobique où nous plonge Yukihiro Kajimoto. Dans un monde où les ténèbres engloutissent les êtres vivants, les Ayanashi sont la seule source de lumière et d’espoir, mais le cœur du jeune Holo n’est empli que de haine, aveuglé par sa recherche de ce maudit borgne, comme Roland cherchait l’homme en noir dans “La Tour Sombre”. L’histoire peut apparaître comme un classique récit d’une vengeance, plongé dans un contexte post-apocalyptique, seulement avec quatre tomes, Yukihiro Kajimoto doit être rapidement convaincant et percutant. Et il faut bien avouer que Holo a tout du héros, sombre, souffrant d’une blessure ancienne que le temps ne pourra soigner qu’avec le sang du mystérieux borgne. La course poursuite entre les deux protagonistes commence mais entraîne malheureusement à leur suite des innocents que notre jeune héros semble incapable de sauver. Yukihiro Kajimoto se focalise sur sa petite troupe d’Ayanashi n’ayant guère de temps pour se disperser, mais cela a le mérite de rendre l’histoire très fluide et prenante.

Graphiquement, faire le pari de dépeindre un univers qui sera la plupart du temps dans les ténèbres est loin d’être aussi simple que cela n’y parait car il faut tout au contraire savoir doser cette part de ténèbres qui envahit soudain les planches. Les personnages sont très réussis, charismatiques, attachants, ne pouvant laisser le lecteur indifférent quitte à ce qu’il s’attache à un personnage au destin tragique. Les Oni possèdent des designs très variés même si les versions humanoïdes ne sont pas vraiment très originales, ce style de créatures étant largement utilisée dans les mangas. Mais malgré des scènes dans la pénombre, les combats et les planches sont parfaitement lisibles et la lecture est réellement des plus plaisantes. Ce monde souterrain est vraiment prégnant, étouffant à souhait, obligeant à retenir sa respiration pour ne pas se sentir coincé dans ces terrifiants tunnels où seule la lumière est notre alliée, précieuse mais si fragile. Yukihiro Kajimoto parvient à rendre cette sensation d’oppression avec un vrai talent et ses décors sont suffisants pour que le lecteur se sente emprisonné sous terre... mais est-ce vraiment sous la terre vu le nombre de vestiges s’y trouvant ?

“Ayanashi” est une sympathique curiosité qui mérite un petit détour pour cet été.


Ayanashi (T1 et 2)
- Auteur : Yukihiro Kajimoto
- Traduction : David Deleude
- Editeur : Glénat
- Format : 115 x 180 mm
- Pagination : 224(T1) et 208(T2) pages noir et blanc
- ISBN : 9782344027318 ; 9782344029022
- Parution : 21 mars et 6 juin 2018
- Prix : 6,90 €


© Edition Glénat - Tous droits réservés


Frédéric Leray
7 août 2018






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