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Route End (T1)
Kaiji Nakagawa
Ki-oon Seinen

Si les passants repèrent facilement Taji à l’odeur, ce n’est pas par défaut de propreté, bien au contraire. Taji travaille pour l’entreprise de nettoyage AUM, mais avec toutefois une spécialité : le nettoyage de traces laissées par des cadavres. Cela peut aller d’une scène de crime sordide à un cadavre en décomposition depuis plusieurs jours suite à une mort naturelle ou un suicide. Taji a été profondément traumatisé par le suicide de sa propre mère qu’enfant, il a retrouvé pendu, et ce travail est un véritable exutoire pour lui. Il prend son job très au sérieux mais il doit aussi faire avec les manières un peu particulières de ses collègues pour exorciser le côté morbide de leurs missions. Mais le jour où le nettoyage d’une scène de crime du tueur en série surnommé End leur est confié, il ne peut imaginer que sa vie va devenir un cauchemar. End, le tueur découpant ses victimes en morceaux pour lui permettre de former le mot ’End" sur le sol.



Cela aurait pu n’être qu’un nettoyage comme un autre, au détail près qu’il s’agissait d’une victime de End, ce tueur en série qui mène la police par le bout du nez. Son patron leur avait ajouté ce boulot alors que l’équipe était déjà surbookée, mais qu’à cela ne tienne, Taji ferait son job, comme d’habitude. Toutefois, en retirant les lattes du parquet afin de bien nettoyer le sang dessous, le jeune homme fait la macabre découverte d’un squelette. Que peut bien faire là ce nouveau cadavre ? Pour l’inspectrice Akina Igarashi, enquêter sur le mystérieux End est une drôle de façon de se remettre dans le bain. Le suicide de frère l’avait profondément bouleversée et après une longue pause, elle reprend du service sur ce nouveau meurtre. Bon, trouver un couple en train de faire l’amour sur une scène de crime n’aide pas à avoir l’esprit clair, surtout qu’ils sont censés nettoyer la scène. Il y a tout de même ce Taji qui semble prendre son travail au sérieux. Mais beaucoup de coïncidences s’entremêlent peu à peu. Le patron de AUM avait déjà nettoyé la pièce où sa propre équipe à retrouver le squelette et soudainement, ce dernier disparaît. Et puis ce Taji habite dans l’ancien appartement de son frère...

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“Route End” est une série de Kaiji Nakagawa. Ce jeune mangaka a déjà remporté quatre fois le fameux prix des Quatre Saisons du magazine Afternoon de Kodansha. C’est en 2013 qu’il sort son premier titre, un recueil d’histoires entre fantastique et vie quotidienne, intitulé “Hoshi ni negai wo – When you wish upon a star”. Il faut attendre trois ans avant qu’il ne s’attaque à un thriller, “Remain Bad”. “Route End” est sa première véritable série exportée au-delà du Japon. Il nous entraîne sur les traces d’un serial killer dont la marque est de disposer des morceaux de corps pour former le mot « End ». C’est à travers le personnage de Taji que le lecteur est lancé sur cette enquête. Le héros n’a pas un métier facile : nettoyeur de restes de cadavres. Taji est embarqué dans l’horreur bien malgré lui. Un lien pour le moment mystérieux semble relier End à son patron, mais pour quelle raison et quelles circonstances ? “Route End” est structuré autour de cette enquête mais prend également le soin de s’arrêter sur les principaux personnages qui ont tous les deux, Taji et Igarashi, un même traumatisme : le suicide d’un proche. Plus que l’enquête, c’est cette souffrance commune qui rapproche les deux héros. Kaiji Nakagawa détaille longuement le caractère de ses personnages centraux pour que le lecteur s’y attache le plus possible... pour accentuer le dramatique de son cliffhanger.

Si l’horreur et le sordide sont omniprésents dans ce premier tome, les dessins sont plutôt sobres, voire trop. Les personnages manquent de détails, même s’ils sont bien expressifs. On sent un peu de manque d’expérience chez le jeune mangaka qui est un peu léger en diversité de traits pour les visages de ses personnages. Ils se ressemblent tous un peu trop, ce qui pour le moment ne pose toutefois pas de problèmes de lisibilité. Mais il faut avouer qu’en voulant éviter le gore d’un MPD Psycho, Kaiji Nakagawa pèche un peu dans la représentation des scènes de crime. Vouloir trop aseptiser une scène représentant un corps découpé en morceaux atténue fortement l’impact de la fameuse scène sur le lecteur. Certes, le style du mangaka ne permet pas trop de détails, diminuant l’horreur des scènes des crimes de End. Kaiji Nakagawa s’attache plus à la psychologie de ses personnages, faisant de End uniquement une ombre, un fantôme tournant autour d’eux sans être bien palpable... ou presque.

Si “Route End” possède un scénario fort et prenant, je n’ai décidément pas accroché au dessin. Le deuxième tome me fera peut-être changer d’avis.


Route End (T1)
- Auteur : Kaiji Nakagawa
- Traducteur  : Anne-Sophie Thévenon
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 7 juin 2018
- Numéro ISBN  : 979-10-327-0346-5
- Prix : 7,90 €


ROUTE END © 2017 by Kaiji Nakagawa / SHUEISHA Inc.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés



Frédéric Leray
29 juin 2018




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