YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Musetta Vander
Constellation Pegasus 4
Paris, mai 2005

Musetta Vander, de « Highlander » à « Buffy contre les vampires », en passant par « Babylon 5 » « Sentinel », « Star Trek Voyager » ou « Stargate SG1 », est un visage incontournable (et inoubliable) du monde de la série télé.



La sculpturale Sud-Africaine nous a offert un peu de son temps dans la capitale pour lui poser quelques questions.
Née Musetta Van Der Mewre, d’origine italienne et afrikaans, la jeune femme a un parcours un peu atypique. La télévision n’est apparue que très tard dans son pays (milieu des 70’). Ses premières expériences de scène sont liées à la danse classique qu’elle a pratiquée pendant de nombreuses années, en digne fille d’une professeur de ballet et de chant.
Armée d’un BA en communication et psychologie, elle commence à animer une émission sur une chaîne sud-africaine du genre de MTV avant qu’un producteur américain la découvre, l’épouse et l’emmène vivre chez l’Oncle Sam, dans la Mecque du cinéma, à Hollywood. Le lieu idéal pour lancer sa carrière.
Elle danse tout d’abord dans des vidéo-clips (Rod Stewart, Tina Turner...) puis commence le cinéma et les séries télé. A l’occasion, Musetta monte sur scène pour des pièces comme « Le bourgeois Gentilhomme ».

C’est votre premier séjour à Paris ?

Non, mais le précédent, c’était il y a des années... pour voyager. J’ai vu des super trucs et je me suis dit : « Je reviendrai » mais je ne pensais pas revenir pour une convention.

Vous avez une formation de danseuse. Chantez-vous aussi ?

Oui et non, je ne suis pas une chanteuse. Je chante quand il faut, dans les films musicaux ou des choses genre « We are the Champions » mais ce n’est pas mon point fort. Je ne me considère pas comme telle. J’ai été danseuse mais je ne danse plus aujourd’hui.

Votre filmographie mentionne de nombreuses séries. Préférez-vous voyager de série en série ou espérez-vous avoir un jour un rôle principal ?

C’est une opportunité surtout : un travail régulier, un rythme. Mais souvent à la télévision, le noyau central est composé de 5 ou 6 personnes et il n’y a que des rôles secondaires et donc « mobiles » qui restent. Pour entrer dans une série, il faut se faire remarquer dans des rôles d’invités, ou connaître quelqu’un, frapper à la bonne porte... Non, je préférerais avoir mon émission à moi, un travail stable.

Une idée de série qui vous plairait ?

Par exemple « Desperate housewives », c’est pas mal. Pas forcément de la SF. Quelque chose qui parle du quotidien, de la réalité. Un personnage banal ... On y pense en incarnant d’autres rôles.

Etiez-vous intéressée par la SF et la fantasy avant d’y travailler ?

Le concept de la SF, des planètes est assez proche de moi. C’est une évidence pour moi que la vie existe ailleurs qu’ici. Enfant, j’ai vu Star Trek. Le premier film que j’ai vu est avec George Takei (Sulu dans ST). Est-ce le fait que je ne sois pas américaine et que je n’aie donc pas accent identifiable pour le public US qui explique qu’on m’ait appelée sur la SF ? Sans doute, sans accent, je ne suis pas reliée à un pays précis et je suis donc libre.

L’envie de devenir actrice remonte-t-elle à votre enfance ?

Oui, j’avais un livre qui parlait d’une jeune femme et des multiples parcours professionnels qu’elle pouvait avoir, dont la comédie. Dès que je suis arrivée là, je me suis dit « Oui, un jour ce sera pour toi ». Même enfant, je savais. Et quand je suis arrivée aux E-U, j’ai senti que j’étais à ma place. Cela ne s’explique pas.

Normalement, vous vivez en Afrique du Sud ?

J’y ai passé la plupart de mon temps, dans le bush, toute mon adolescence jusqu’à presque 20 ans.

Et vous avez commencé votre carrière...

...A Los Angeles. J’ai juste joué une seule fois en Afrique du Sud.

Quels sont vos projets ?

Un film à L.A., un autre projet appelé « Trick or Treat », une possibilité pour SFI-FI Channel qui se prépare. Là, je n’ai pas beaucoup de détails : une histoire d’aliens (NDLT : Raptor Island 2 : raptor planet)... Quoi d’autres ? Un musical « Alpha dogs », un projet qui ne va probablement pas voir le jour. Les choses peuvent changer vite. Aujourd’hui ça va, l’idée est terrible. Puis quelque chose bouge, change et plouf...

C’est une réflexion générale des comédiens américains sur le fait que tout change très vite : le scénario, la production. Cela semble être de plus en plus important aux EU comme tendance. Pas seulement les aspects financiers...

C’est aussi une affaire de sous. Il y a tellement de producteurs sur la place, de studios, de comédiens. Il faut trouver un sujet qui va séduire le public pour faire des entrées. On fait un test. Et cela peut influencer le changement d’un film. Tout cela pour avoir le plus grand nombre de spectateurs. Aujourd’hui, un film sur les relations entre un père et son fils, c’est pas porteur comme un film pour les enfants, un film sur le sport ou avec de la violence.

Comment considérez-vous ce fait : le pouvoir des scénaristes de changer une histoire, vu par les comédiens ?

Ben malheureusement, je n’ai aucun poids dans cette pratique. J’ai juste à dire merci si on me donne le rôle. Je suis une actrice, pas autre chose dans le processus. Je n’ai pas à dire quoi que ce soit, je dois juste jouer du mieux que je peux. C’est ce qui se passe sur beaucoup de films. Le résultat final du film, on voit cela sur les DVD.

Il semblerait que le phénomène du DVD s’amplifie... avec la version vue par le réalisateur.

Quel bonheur, sur les DVD, avec les bonus, on peut se rendre mieux compte du véritable travail tant des comédiens que des équipes, des créateurs... C’est une occasion de faire connaître sa vision des choses, mettre son « montage ». Et en plus c’est sympa pour les spectateurs de voir la différence entre le film exploité et le film rêvé...

Sortez-vous souvent pour aller à des spectacles (cinéma, théâtre). Quel est le type de film que vous aimez ?

Oh, j’aime tout, je suis bon public. J’adore le cinéma français, les documentaires. J’ai un sérieux penchant pour les documentaires : si je dois voir quelque chose, je choisis toujours une émission éducative, un documentaire, un reportage avant un film. Le film me distrait mais le documentaire m’apprend quelque chose, ce que je trouve plus valorisant pour moi. Apprendre sur le monde en restant assis... Un film de temps en temps...

Pensez-vous aussi à la réalisation ?

Mon mari est réalisateur, moi je n’y ai pas pensé. J’ai fait de petits documentaires mais c’est vrai qu’il reste une forme de frustration face à tout ce qu’il faut faire, y compris le fait que tout est dirigé par l’argent. C’est plus pour mon plaisir personnel et jamais avec des acteurs. Travailler avec des acteurs demande une certaine formation tandis que rester dans le documentaire permet en plus de s’enrichir intellectuellement parlant. Ce sont deux formes différentes de réalisation et pour ma part, je choisis le documentaire.

Que pensez-vous du succès de réalisateurs de documentaires comme Michael Moore ? Pensez-vous qu’il ouvre des portes ? Par exemple, avant lui, on ne diffusait pas de documentaires américains ici en France, dans les cinémas.

Celui qui a fait des documentaires politique ? Ouvrir des portes ? Je n’ai pas vu ce genre de documentaire.

Ce serait un effet surprise ?

Probablement que cela peut ouvrir des portes, au début au moins mais de toute manière, le sujet doit déjà être hors norme et puis il doit passer par les commissions qui peuvent bloquer le film pendant des années. Et c’est fou. Avoir une caméra, c’est un peu avoir la connaissance.

Vous pensez que l’influence du gouvernement est aussi forte sur la production cinématographique ?

Je n’en ai pas la preuve mais mon intime conviction est « Oui, c’est ainsi ». En plus les implications entre le monde des finances et celui du cinéma sont telles que les jeux de lobby sont certainement présents. Et sans argent, comment faire ? La liberté est un concept, une idée de l’esprit qui a différentes interprétations. Mais dans la vie réelle dans le monde du business tout tourne autour du contrôle de l’information.

Que pensez-vous du film « Elephant » sur la tragédie du Lycée de Colombine ?

« Bowling for Colombine » (NDLT : le documentaire de Michael Moore sur le même sujet, le massacre de Colombine). Je ne l’ai pas vu.

C’est un vrai film, monté comme un documentaire pour permettre de se faire une opinion.

Honnêtement, ne l’ayant pas vu, je n’ai rien à en dire. Je rate tellement de choses, même quand je suis aux E-U.

Et comment en êtes-vous arrivée à faire carrière dans la comédie ?

Je l’ai toujours su que je serai comédienne. Et que je ne pourrai pas réaliser mes rêves en Afrique du Sud, à cette époque. Hollywood était la seule opportunité. Tant dans ma vie privée que dans la carrière, ma vie était là. Même si je n’avais pas rencontré mon mari, j’aurai tenté ma chance à L.A. Quand je l’ai rencontré, j’avais des propositions de rôles dans des séries, au Canada. J’ai choisi de mettre en avant la réussite de ma relation. Mais la vie, c’est l’instant présent et si j’ai raté des emplois, j’ai investi dans ma vie privée. On fait des choix et on les assume.

En France, toute l’activité artistique est centralisée sur Paris.

Comme Hollywood pour le cinéma. Ou New York pour le théâtre. Même si de nos jours, on tourne de plus en plus en dehors des E-U comme à Vancouver. Même en Afrique du Sud.

Vous pensez y tourner un jour ?

J’aimerais bien. Une production américaine tournée en Afrique du Sud. En plus, j’ai un passeport sud-africain.

Dernière question ? Hollywood est une industrie de rêves, mais vous, avez-vous des rêves et quels sont-ils ?

Bien sûr, j’ai des rêves. La vie devient très problématique si on arrête de rêver. C’est une façon de progresser, de faire mieux, d’avoir des projets. C’est une source de force avancer. Par exemple faire un film avec un monstre sacré de la réalisation. Ou avoir un rôle principal récurrent qui permet de montrer tout ce que je suis capable de faire. Souvent, je joue comme il faut pour le rôle sans aller jusqu’au bout de ce que je suis capable, parce que le personnage n’en a pas besoin. Un film indépendant qui vous fait sentir à fond que vous êtes comédienne.
Il me semble important d’arriver, une fois, à créer comme on le veut.

Comment expliquez-vous que des gens comme Jim Carrey apprécient de jouer dans des films indépendants alors que Hollywood dépense de plus en plus d’argent dans cette industrie ?

Plus il y a d’argent, plus il y a de gens qui donnent un avis de poids sur ce que le film doit être, doit sembler être, sera... Ces gens ne pensent que dollars : tel acteur fait mouche au box office. Faire un film indépendant, c’est comme se sentir libre. De chercher la qualité qui te plaît. Comme repartir du début, reprendre les bases, apprécier ce que l’on a, quand on a déjà tout.

Avez-vous joué dans une pièce ?

Oui récemment, le théâtre, c’est d’un seul coup un contact direct avec le public qui vous donne une énergie. Donner le maximum en une fois, à chaque fois. Mais c’est un travail très ardu, le théâtre. En plus les investissements ne suivent pas... Beaucoup de gens s’en foutent...

Beaucoup de comédiens des séries comme Star Trek ou Stargate viennent du monde du théâtre...

C’est un peu normal : pour exister, il faut qu’on vous voie.

En France, il y a deux mondes séparés qui ne se mélangent pas : le théâtre et le cinéma. Passer de l’un à l’autre est mal vu.

Une vedette du grand écran passe rarement à la télévision ? Pourtant des monstres sacrés acceptent parfois des rôles d’invités dans des séries télé. Mais les choses ont changé depuis l’arrivée de la téléréalité. Le travail se fait plus rare.

Vous connaissez ce phénomène depuis plus longtemps parce qu’il est seulement arrivé depuis un an en France.

Le contexte actuel est un peu pénible : le plus de fric possible et le reste n’a pas d’importance.
Et bien, c’était sympa...

Pour nous aussi, Musetta ce fut un moment particulièrement agréable...

Transcription/traduction : Véronique


Le site de Musetta Vander : http://www.musettavander.com/



Bruno Paul
Stéphane Pons
27 avril 2006






JPEG - 14.3 ko



JPEG - 9 ko



JPEG - 6.5 ko



JPEG - 8.6 ko



JPEG - 7.5 ko



JPEG - 24.1 ko



JPEG - 11.3 ko



JPEG - 6.9 ko



JPEG - 14.9 ko



JPEG - 9 ko



JPEG - 13.5 ko



JPEG - 10.9 ko



WebAnalytics