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Fire Punch (T4 et 5)
Tatsuki Fujimoto
Kaze Seinen

Agni est parvenu à faire évader tous les humains utilisés comme combustibles par les maîtres de Behemdorg. Seulement sans leurs esclaves, la cité n’est plus qu’une ville morte. Une troupe de soldats menée par Uroi se lance à la poursuite du convoi de camions pour récupérer leurs biens. Si l’avantage semble au départ être pour les hommes de Behemdorg, l’intervention de nouveaux élus fait rapidement tourner la balance du côté de Batte-Man et des disciples d’Agni. Togata aurait pu savourer tant de débauche de violence au nom du personnage principal de son film, seulement, elle se retrouve devoir conduire un de ces maudits camions et mourir de trop nombreuses fois des mains des troupes d’Uroi. Bon, quand on est immortel, ce n’est qu’un mauvais moment à passer, avant de revenir rapidement à la vie. Pendant ce temps, Agni est confronté à un curieux personnage qui dit n’être pas moins que la sorcière de glace. Elle fait tout pour ranimer la soif de vengeance du jeune homme, le poussant encore plus dans ses limites.



Togata est un homme dans un corps de femme. Voilà donc le secret de celle qui a fait d’Agni un dieu vivant. Mais cela reste difficilement compréhensible pour le garçon vivant dans le corps d’un adulte. En fait, les deux ont bien plus en commun qu’ils ne veulent bien l’admettre, surtout Togata qui n’a pas supporté le regard du garçon et a préféré s’enfuir plutôt que devoir subir une minute de plus ce regard. Seulement Agni ne peut imaginer sa nouvelle vie sans Togata. C’est elle/lui qui a fait de lui le dieu vénéré par de nombreux adeptes, c’est elle/lui qui l’a rendu responsable de tous ces gens qu’il nourrit de sa chair. C’est elle/lui qui a eu cette fichue idée de film dont il est le héros. Il n’est donc pas question qu’il la/le laisse partir comme si de rien n’était. Et s’il doit mettre du sien pour qu’elle/il reste alors qu’il en soit ainsi : il ira à la rencontre de Doma pour le tuer. Elle/il aura son grand final, sa scène cruciale où le héros affronte sa Némésis. Il suffit d’interroger les quelques soldats sur leur trajet pour trouver où se cache Doma. Et ce ne sont pas quelques balles qui l’arrêteront. Mais quand Agni se retrouve face à Doma, rien ne se passe comme il l’avait imaginé.

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Tatsuki Fujimoto nous avait un rien leurré en laissant penser que Agni avait mûri et pris sur lui le choix de libérer les combustibles des hommes de Behemdorg. Mais c’était trop beau, notre jeune dieu aura encore et toujours ce complexe du héros qui ne peut admettre de voir des innocents mourir par sa faute. La première scène est pourtant loin d’être de son fait et pourtant, les morts vont tomber comme des mouches. Le combat entre Behemdorg et les adeptes d’Agni sera sans pitié, les adversaires frappant pour tuer et non juste se débarrasser de leur ennemi. Les événements d’importance se succèdent à grande vitesse, le lecteur devant être bien concentré pour ne surtout pas rater une planche cruciale. Entre l’apparition de la sorcière de glace, l’affrontement avec Doma, le retour au cannibalisme, le lecteur a tout de même une curieuse impression de déjà-vu. Doma et Agni restent campés sur leur position par rapport à ce problème d’alimentation d’un village avec de la chair humaine, celle d’Agni. Doma a une vision qui n’est pas aussi dogmatique ou moralisatrice que dans le premier tome. Son refus du cannibalisme s’explique par un raisonnement où Doma n’a aucune confiance dans l’homme et sa capacité à évoluer positivement. Pour Doma, le cannibalisme est une addiction comparable à celle des animaux habitués à être nourris par des hommes. La découverte du visage de la sorcière de glace et surtout de l’incroyable raison pour laquelle elle souhaite anéantir l’humanité va en surprendre plus d’un. J’avoue être un peu tombé de ma chaise en apprenant cette justification complètement ahurissante.

Si vous aviez trouvé que les scènes s’enchaînaient rapidement dans le tome 4, le tome 5 va vous défriser les moustaches. Le lecteur a l’impression que Tatsuki Fujimoto a décidé d’accélérer un bon coup son récit, comme s’il était soudainement pressé d’en finir. Le mangaka va se débarrasser d’un nombre incroyable de personnages secondaires. Agni semble en réalité être le seul personnage pouvant survivre dans ce monde qu’il a aidé à détruire. La méthode de narration de Tatsuki Fujimoto laisse parfois sceptique sur la réalité des scènes que semble vivre Agni. N’est-ce pas plutôt un cauchemar ? Pourtant le chapitre final semble bien nous dire que non, tout est bien vrai et le cauchemar d’Agni est loin d’être fini... ou au contraire arrive simplement à sa fin. Ce tome se lit particulièrement vite car de nombreux chapitres se composent de scènes sans parole, ce qui rend encore plus irréel ce que vit notre héros. Le trouble est semé chez le lecteur, manipulé de bout en bout. J’avoue avoir une curieuse impression en fermant ce tome 5. Celle d’avoir manqué quelque chose, d’avoir zappé inconsciemment un élément important de l’histoire. Et pourtant, j’ai beau feuilleté ce tome et rien ne vient combler ce manque. L’accélération soudaine de l’histoire et le choix scénaristique de Tatsuki Fujimoto sont assez audacieux car pouvant perdre le lecteur. Toutefois, cette série n’est clairement pas pour tout public, par les thèmes abordés, par la violence des dessins et des concepts exprimés.

Difficile d’imaginer ce que nous réserve Tatsuki Fujimoto dans le tome 6 de “Fire Punch”, en tout cas, de l’inattendu et du surprenant à n’en pas douter.


Fire Punch (T4 et 5)
- Auteur : Tatsuki Fujimoto
- Traducteur  : Sylvain Chollet
- Éditeur français : Kaze Manga
- Collection : Seinen
- Format : 127 x 182, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 13 décembre 2017 et 7 mars 2018
- Numéro ISBN  : 9782820329424 ; 9782820332066
- Prix : 7,99€


A lire sur la Yozone :
Fire Punch (T1)
Fire Punch (T2 et 3)


FIRE PUNCH © 2016 by Tatsuki Fujimoto/SHUEISHA Inc.
© Edition Kaze Manga- Tous droits réservés



Frédéric Leray
27 avril 2018




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