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Brins d’Éternité n°49
Revue des littératures de l’imaginaire
Revue, n°49, Science-fiction - fantastique - fantasy, nouvelles - critiques - article, hiver 2018, 128 pages, 10$ CAD

“Xénoencyquoi ?” voilà un titre pour le moins mystérieux et humoristique pour l’article de Pierre-Alexandre Bonin. Toutefois il faut y rajouter “Savoirs extraterrestres et humour dans Le guide du voyageur galactique” qui est tout de même plus révélateur de sa teneur. Comme le laisse présager cette phrase, « H2G2 » sert de fil directeur, illustrant très bien ce qu’est une xénoencyclopédie (en gros, une encyclopédie adaptée à la SF), son rôle et la façon dont Douglas Adams y fait référence, tout en dérision. Loin de donner des réponses, il complexifie plutôt les définitions, en appelant à d’autres et entretenant le flou.
Une bonne contribution au “Cabinet du Docteur Bonin”.



Sept nouvelles figurent au sommaire.
Sendiri Ang a perdu son épouse avec qui il partageait un langage qui leur était propre. Petit-à-petit il en oublie des mots, comme si la mémoire de son épouse s’effaçait. En parallèle, il perd le contact avec la communauté, elle aussi avec son langage spécifique. C’est comme si Sendiri se détachait de la réalité. Tout en retenu et sur fond de tristesse, “Verbes irréguliers” de Matthew Johnson s’attache au langage, à sa richesse et la façon dont il interfère avec la perception des choses.

Daniel Sernine est plus direct. Là où certains auraient développé son idée de départ sur un roman voire une trilogie, lui montre le temps d’une nouvelle que la bravoure n’est pas innée et que nombreuses seront les personnes à se défiler, plutôt qu’à risquer leur vie pour sauver le monde à cause d’une soit-disant menace. “La pierre d’Érèbe” est efficace, bien dans la manière de l’auteur dont les lecteurs de « Brins d’Éternité » se plaisent à retrouver les fréquentes rééditions.

“La femme qui soupirait”, présence invisible, fascine l’agent de nettoyage d’un théâtre. Il s’en amourache, en oublie son travail et pense que l’évolution des soupirs provient de sa compagnie. Raphaëlle B. Adam part de pas grand-chose finalement, mais elle en tire le maximum, intriguant les lecteurs avec cette histoire pas banale et bien vue.

“Le musée de la solitude” s’avère pour le moins elliptique. Pierre Cuvelier s’adresse aux lecteurs, il les prend à témoins de la visite de cet étrange musée. J’ai trouvé difficile de s’immerger dans ce texte sûrement baigné de psychologie, mais le ton et le déroulement ne m’ont pas donné envie de chercher à comprendre le but poursuivi par l’auteur.

Dans une histoire parallèle située en 1910, le journal de Léon Bloy relate le passage d’une comète à proximité de la Terre et ses effets néfastes. La dernière partie de “Isti Mirant Stella” de Marc Oreggia n’est pas sans rappeler le roman « Je suis une légende » de Richard Matheson. Le début s’avère intéressant avec, notamment, les interventions de Camille Flammarion s’exprimant sur les risques du passage de la comète. Après, les transformations tiennent de l’artifice, mais l’ensemble est plutôt agréable.

Jean-Louis Trudel signe la plus longue et aussi la meilleure nouvelle au sommaire. “De l’art comme folie collective” montre le pouvoir d’attraction de l’art, son influence et la fascination qu’elle suscite, ne se résumant pas forcément à notre seule planète. Elle regorge d’idées et dépasse le cadre de départ pour atteindre des développements insoupçonnés. Surprenante, passionnante, de la très bonne SF !

Elisa M. Poggio illustre parfaitement les dangers de la route. Elle ne le fait pas abruptement, mais avec une subtile bascule de la réalité. Un parfum de nostalgie se dégage de “Seule, la route” qui n’est pas sans trouver un écho au fond de chacun de nous.

Dans les chroniques, impossible de ne pas évoquer celles de Guillaume Voisine sur les revisites de trois contes. À juste titre, il insiste sur l’importance du travail éditorial sur les manuscrits. Et hélas, ce n’est pas toujours le cas...

Un bon numéro, juste avant le 50, donc la fin du monde comme c’est expliqué dans l’éditorial. On retiendra surtout les nouvelles de Jean-Louis Trudel et Daniel Sernine, ainsi que l’article de Pierre-Alexandre Bonin, entre rigueur et humour.


Titre : Brins d’Éternité
Numéro : 49
Éditeurs : Guillaume Voisine, Ariane Gélinas, Alamo St-Jean
Couverture : Sybiline
Illustrations intérieures : Chantal Fournier et Cédric Godin Olicard
Genres : nouvelles, articles, critiques, entretien
Site Internet : Brins d’Éternité
Période : hiver 2018
Périodicité : quadrimestrielle
ISSN : 1710-095X
ISBN : 9782924585078
Dimensions (en cm) : 13,9 x 21,4
Pages : 128
Prix : 10 $ CAD



Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
28 avril 2018


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