Chargement...
YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Coupable idéal (Un)
Steve Cavanagh
Bragelonne, Thriller, roman (Irlande, 2016), thriller judiciaire, 518 pages, mars 2018, 7,90€

Arnaqueur reconverti en avocat, Eddie Flynn est contacté par la CIA. Il doit persuader un coupable de meurtre de le prendre comme avocat. Inventeur d’un réseau d’échange qui fait fureur, l’a rendu célèbre et très riche, David Child est en réalité le client d’un grand cabinet d’affaires, justement sur la sellette pour blanchiment d’argent.
Eddie n’a pas le choix, il doit réussir, car la CIA possède un moyen de pression sur lui. Il lui faudra toutes ses ressources d’arnaqueur pour parvenir à ses fins. Mais il y a un hic : il est persuadé de l’innocence de David Child.



Avec « Le coupable idéal », la seconde aventure d’Eddie Flynn, Steve Cavanagh a remporté le Prix polar du meilleur roman international du festival de Cognac 2017. Il y est souvent fait référence à son précédent roman « La défense », mais ce n’est en rien gênant de ne pas l’avoir lu. Ces rappels permettent de mieux découvrir le personnage d’Eddie Flynn qui semble s’être rangé du bon côté de la barrière.
Voilà quelqu’un d’original sur lequel il est difficile de coller une étiquette, car il louvoie des deux côtés de la justice. Pour réussir dans le cadre de la loi, il est obligé d’employer ses anciennes méthodes et de renouer avec des connaissances peu recommandables (tueur de la mafia...). La fin justifie les moyens, c’est le cas de le dire.
Et à bien y regarder, à qui vaut-il mieux accorder sa confiance ? La barrière s’avère pour le moins fine et perméable.

Narré à la première personne, « Un coupable idéal » nous plonge dans la peau d’Eddie Flynn, dans la course contre-la-montre qu’il doit remporter. Pour quel prix ? Question épineuse et aux multiples réponses : contenter la CIA, faire gagner la justice, obéir à sa conscience, protéger les siens... Eddie se heurte à bien des difficultés, sa débrouillardise est son seul renfort pour se dépatouiller de cet imbroglio.
Le récit est condensé en 48 heures : le début révèle Eddie bien mal au point, avant le déroulé des heures qui l’ont amené dans cette situation. La somme d’événements y conduisant s’avère impressionnante et Steve Cavanagh n’offre aucun répit à son personnage comme aux lecteurs. Le temps est compté et doit être optimisé.

Ce thriller change agréablement des enquêtes policières à la recherche du coupable, il se passe ici grandement dans un tribunal avec Eddie essayant de faire innocenter son client face à un procureur aux dents rayant le parquet. Pour autant, rien de statique, cela bouge beaucoup, Eddie a besoin d’étoffer son raisonnement sur le terrain. Plaidoiries et action font bon ménage et plus on avance dans le roman, moins on a envie de le lâcher. Il devient rapidement passionnant, car être dans la peau d’Eddie ne signifie pas forcément comprendre où il veut en venir. Certains détails sont d’ailleurs habilement cachés et réservés à la défense du client en séance du tribunal. Même si tout désigne David Child comme coupable de meurtre, Eddie n’y croit pas et le défend bec et ongles, n’écoutant pas les avis contraires.

Avec « Un coupable idéal », Steve Cavanagh livre un thriller judiciaire hautement prenant. Plaidoyers en tribunal et action se répondent à un rythme soutenu, tenant les lecteurs en haleine. L’ensemble est très bien ficelé et l’auteur dispose de plus d’un tour dans son sac pour surprendre le public. En la personne d’Eddie Flynn, il tient un personnage ambigu, rangé des arnaques, mais qui louvoie au besoin des deux côtés de la justice. Obéissant à ses convictions, il ne manque pas de ressources, comme il le prouve tout du long.
Porté par un suspense haletant, « Un coupable idéal » relève de la très bonne surprise.


Titre : Un coupable idéal
Auteur : Steve Cavanagh
Série : Une aventure d’Eddie Flynn, tome 2
Photographie de couverture : © Shutterstock
Traduction de l’anglais (Irlande) : Benoît Domis
Éditeur : Bragelonne (édition originale : Bragelonne, 2016)
Collection : Thriller
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 518
Format (en cm) : 11 x 17,7
Dépôt légal : mars 2018
ISBN : 9782811222383
Prix : 7,90 €


Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
7 avril 2018






JPEG - 28.3 ko



WebAnalytics