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Freak Island (T2 et 3)
Masaya Hokazono
Delcourt

Jamais ils n’auraient dû faire confiance à cet homme ; Après s’être attaqué à Ino, il révèle sa véritable identité : ce malade mental n’est autre que le père du géant au masque de cochon. Dans une fièvre quasi mystique, il est prêt à sacrifier les jeunes fous qui se sont perdus sur son île. Seulement Uehara tient trop à la vie et elle compte bien venger Higashiyama en balançant le bol de liquide brûlant sur l’autre malade. Malheureusement le géant armé d’une tronçonneuse est de retour. Père et fils sont réunis pour faire leur offrande en massacrant cette bande de petits morveux. D’un même élan de lâcheté, tous choisissent d’abandonner Uehara à son triste sort. C’est tout de même elle qui a agressé l’homme. Mais en voyant la jeune fille devenir la proie du fou à la tronçonneuse, Takaku décide de prendre son courage et une barre de fer à deux mains et protéger la jeune fille. Mais affronter un monstre comme ce géant n’a rien d’une affaire gagnée d’avance.



Décidément, cette île n’est peuplée que de barges. A peine se sont-ils échappés de la famille de psychopathes qu’ils tombent sous le joug d’un flic totalement barré, venu récupérer sa fille séquestrée sur l’île. Le flic veut faire d’eux son armée personnelle et pour les tester, rien ne vaut l’arrivée de la sœur aînée du géant. Cette dernière a des lames de rasoirs au bout des doigts et prend un malin plaisir à découper les beaux gosses pour se faire un masque de leur visage. Malgré son entraînement, le flic ne peut pas grand-chose face à la rapidité surhumaine de la folle furieuse. Et très vite, le corps du flic n’est plus qu’une suite de lacérations au rasoir. Pendant ce temps, le géant de retour avec son père s’entraîne au lancé de pierres tranchantes sur les jeunes morveux. Ino est encore une fois leur première victime, mais très vite les autres se transforment en cibles mouvantes. Toutefois, le géant possède deux points faibles : il a peur de son propre sang et des coups de feu. Mais le groupe de Takaku n’a rien d’uni et alors qu’une occasion s’offre pour sauver leur peau, l’égoïsme de chacun les transforme de nouveau en proie pour la famille du géant.

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Suite de cette série qui pourrait parfaitement s’intégrer dans la saga “Massacre à la Tronçonneuse”. Toutefois, si l’île où se sont échoués nos héros est habitée par une famille complètement tarée, une part de fantastique s’insinue insidieusement dans l’histoire. Le tome 2 nous présente le père et le fils frappadingues comme immortels, ou au moins capables de se régénérer si les dégâts faits à leur corps ne sont pas trop important. En tout cas, c’est l’explication donnée par le flic pourri faisant une apparition des plus fracassantes. Masaya Hokazono nous offre une série de portraits de monstres, qui ne se limitent pas à la famille et au flic. Car les amis de Takaku ne valent guère mieux qu’eux. Leur réaction quand la pauvre Uehara se retrouve menacée par le géant au masque de cochon n’est guère en leur faveur. Leur lâcheté est parfaitement illustrée ainsi que leur réaction quand ils se retrouvent soudainement avantagés par la situation. Ils sont plus proches de hyènes que d’humains et il est assez difficile de les prendre en pitié. Seul le pauvre Takaku sort du lot, cas d’école du jeune héros qui se bat avec ses faibles moyens contre l’injustice... et n’en est quasiment jamais récompensé. En tout cas, il s’avère des plus résistants vu tout ce qu’il va prendre dans la figure sur les deux tomes.

La vérité sur l’île nous est peu à peu révélée, permettant de comprendre l’état des personnes retrouvées prisonnières et ouvrant à diverses interprétations des pouvoirs de la famille frappadingue. Bon, Masaya Hokazono extrapole l’influence du produit ayant provoqué les mutations pour ses personnages principaux, mais personnes n’attend réellement une explication parfaitement crédible pour les pouvoirs de régénération des fous furieux. Le cas de la petite Ami peut devenir très intéressant comme le petit garçon aux yeux suturés apparaissant en fin de troisième tome. On sent un petit syndrome de Stockholm à l’horizon qui ne serait pas déplaisant. Car l’ambiance est déjà bien malsaine et peu de personnages attirent l’empathie du lecteur qui pourrait tout à fait prendre fait et cause pour les méchants de l’histoire plutôt que pour Ino et le flic complètement fou. D’ailleurs, vu la réaction de sa fille, un lourd secret familiale existe entre les deux. Décidément, Masaya Hokazono a recherché les pires aspects de l’être humain et les a projeté sur les protagonistes de sa série. Le gore est aussi de plus en plus présent, les meurtres sont extrêmement violents et les viscères se répandent sur toutes les planches... Bon d’un autre côté, c’est ce qu’attend le lecteur de cette série.

“Freak Island” est une série d’une rage et d’une violence rare, avec un scénario qui laisse présager encore du sang et des larmes.


pour public averti

Freak Island (T2 et 3)
- Auteur : Masaya Hokazono
- Traduction : Vincent Zouzoulkovsky
- Éditeur : Delcourt
- Collection : Seinen
- Format : 127x180 mm
- Pagination : 160 pages
- Dépôt légal : 3 février et 17 aout 2016
- Numéro ISBN : 978-2-7560-6868-8 ; 978-2-7560-8275-2
- Prix public : 6,99 €


A lire sur la Yozone :
Freak Island (T1)


FREAK ISLAND © MASAYA HOKAZONO 2014 / Take Shobo
© Editions Delcourt - Tous droits réservés



Frédéric Leray
4 mars 2018




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