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Géante Rouge 25 (cahier A)
Rédactrice en chef : Ketty Steward
Fanzine, n°25A, SF-nouvelles-articles-pubs-entretien, novembre 2017, 48 pages, 11€ les 4 cahiers

Au début, « Géante Rouge » était un fanzine trimestriel avec pages A4 pliées en deux, agrafes en guise de reliure, pages parfois numérotées à la main, puis il est devenu revue annuelle, se réclamant toujours fanzine, alors que sa grande sœur « Galaxies » et lui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Hugo van Gaert, comprendre Pierre Gévart, avait alors laissé les manettes du vaisseau relifté à Patrice Lajoye. Ce dernier ne pouvant continuer à en assumer la charge, Pierre Gévart non plus, car depuis les débuts de « GR », il a repris la revue « Galaxies », ce qui explique l’affiliation entre les deux, une idée originale a germé pour cette nouvelle année : garder la périodicité annuelle, mais revenir à l’esprit fanzine des débuts, format et agrafes à l’appui, en publiant en une fois quatre numéros, chacun étant confié à un autre rédacteur en chef.
Quatre cahiers, le A étant confié à Ketty Steward, le B à Gulzar Joby, le C à Bruno Pochesci et le D, devinez à qui ? Hugo van Gaert bien sûr !
Je trouve franchement l’idée géniale et enthousiasmante.



Pour ce cahier A, Ketty Steward a choisi, la femme y sera à l’honneur. Dans son éditorial, elle donne d’emblée le ton, entre humour et sérieux, elle défend de vraies valeurs qui méritent d’être mises en avant et de se battre pour elles : au premier chef, l’égalité hommes - femmes.
Je ne résiste pas à la citer : “Nous avons fait ce fanzine avec le même sérieux que celui des enfants qui jouent. Parce que la SFFFF, quand on l’aime, est un excellent remède aux rides de l’âme et du cœur.”
Bien secondée par Catherine Dufour qui livre des pubs décalées à faire tourner les têtes, car il faut la suivre, cette profession de foi prend tout son sens par le ton général.
Par exemple, je me suis demandé pendant de nombreuses lignes si l’interview “Violetta Martinon, rendre les ours aux Oursonnes” était celle d’une personne réelle, avant que cela ne devienne trop gros. Toutefois, c’est toujours dans la ligne de défense de la cause des femmes et le développement s’avère très intéressant.

Deux articles étonnants, tant par le style que le sujet, et qui répondent parfaitement à la volonté de la rédactrice en chef, figurent au sommaire : “Designer les sensations” de Catherine Dufour et “Sciences sociales et rencontres extraterrestres : vers de nouveaux paradigmes” de Ginger Drawets, semble-t-il la même qui a recueilli les propos de Violetta Martinon. Et puis Li-Cam nous propose l’horoscope, mais celui de “La muse du jour”. L’imagination est ici de sortie et le plaisir qu’elles ont pris à l’écriture est communicatif. Notons que l’esprit fanzine se retrouve au sommaire avec l’oubli de l’horoscope, mais cela participe au charme de ce type de support.

“FM” la première nouvelle, oscille entre la gravité et l’humour. Les frontières sont fermées, chaque pays s’est replié sur lui-même pour éviter l’afflux de migrants. Pour tenir, chaque habitant est équipé d’un FM. Ce n’est pas un fusil mitrailleur mais plein de choses pour la maman de la petite Célia qui pose bien des questions embarrassantes. C’est heureusement, enfin je veux le croire, peu plausible. Michèle Aunime signe un avenir peu reluisant, mais elle y insuffle de l’espoir avec l’homme, du moins une femme, qui se dresse contre l’injustice. Bonne entrée en matière pour les fictions.

“Lumière noire” de Lou Kerzreho souffre de longueurs, d’autant que la nouvelle s’achève abruptement. Il s’agit du journal de bord qu’une voyageuse de l’espace remplit en 3427. Elle est minée par la solitude et écrit ses impressions, desquelles ressort le manque d’une présence à ses côtés. L’identité de Bryan n’est guère un mystère et le contexte laisse des zones d’ombres. De plus, elle détonne par le ton général, ne prêtant guère au sourire, l’apanage de ce numéro.

Nicole Gévart développe la façon de se débarrasser des mouches, mais attention à ne pas se prendre dans l’arme ultime : le ruban qui pend du plafond ! L’idée de départ de “Prendre la mouche” est mince, mais elle l’exploite à fond et avec dérision.

Ce cahier A, 100 % féminin, du numéro 25 de « Géante Rouge » tient toutes ses promesses, il se lit la majorité du temps avec le sourire aux lèvres. Qu’on ne vienne pas dire après, que les femmes n’ont pas le sens de l’humour ! Ketty Steward a su parfaitement s’entourer pour livrer un fanzine qui donne du plaisir à ses lecteurs.
La fusée « Géante Rouge » 2018 est très bien lancée !


Titre : Géante Rouge
Sous-titre : Le supplément féminin
Numéro : 25
Version : A
Responsable de publication : Pierre Gévart
Rédactrice en chef : Ketty Steward
Couverture : Chrystel Laporte-Roy
Type : fanzine
Genres : SF, nouvelles, articles, entretiens...
Site Internet : Géante Rouge
Dépôt légal : novembre 2017
ISSN : 1778-011X
Dimensions (en cm) : 13,4 x 21
Pages : 48 pages tout compris
Prix : 11€ les 4 cahiers


Également sur la Yozone, les chroniques de :
- Géante Rouge 25 (cahier B)
- Géante Rouge 25 (cahier C)



Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
12 février 2018






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