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Solaris n°204
L’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire
Revue, n°204, science-fiction / fantastique / fantasy, nouvelles – articles – critiques, automne 2017, 160 pages, 12,95$ CAD

Chaque « Solaris » est l’occasion de retrouver Mario Tessier et ses remarquables “Carnets du Futurible”, rendez-vous incontournable de chaque numéro. “Les chants de la science-fiction lointaine” ne fait pas exception. Petite histoire des opéras science-fictionnels, scientifiques, de science-fiction ou encore comédies musicales de science-fiction, le panorama sur le sujet est complet et très bien illustré. De l’excellent travail comme à l’accoutumée !
Il signe aussi “Nous chanterons la singularité à venir”, une nouvelle répondant à son article. Clins d’œil à d’illustres compositeurs, percée des IA dans cet art, protection des musiciens humains, commentaires dithyrambiques sur une diffusion de l’Opera Metropolitain de New-York... la plongée est agréable, originale et amusante.
Les deux sont à lire à la suite pour bien s’en imprégner.



Jean-Louis Trudel nous envoie en Égypte du temps du Divin Hadrien et de Ptolémée, sur le point de livrer sa théorie sur la cosmogonie. Deux voyageurs d’outre-terre veulent le corriger. Incursion dans le passé prenante, mais conclusion plutôt brutale entre la révélation de qui sont les étrangers et choix du Divin Hadrien. Impression finale un peu mitigée. En couverture, Laurine Spehner illustre justement “Les cadeaux de Prométhée” de Jean-Louis Trudel.

“La cage de l’amour égoïste” s’avère des plus étranges. Un contrôleur de la vie privée de postulants pour intégrer une grande entreprise est intrigué par un lien sur un ordinateur. La curiosité le pousse à cliquer dessus et le voilà entraîné dans une aventure pas possible. Frédéric Parrot pousse l’homme à franchir les portes de ce qui ressemble à l’enfer et à ses nombreux cercles. Peut-il en sortir ? La question reste ouverte et l’ensemble, intriguant tout du long, est bien mené.

Qui est vraiment Élise ? Que cherche-t-elle à oublier ? Et pourquoi ? Que d’interrogations sont posées par Mathieu Arès dans “La Rosalie d’Élise”. Son père et sa mère imprègnent sa mémoire qu’elle aimerait corriger pour correspondre à son idéal. Le lecteur sent qu’il y a un malaise, sans pouvoir d’emblée mettre le doigt dessus. C’est un fait sociétal bien mis en avant et de manière intéressante, autant qu’intrigante.

Dans “Épines”, Yves Meynard illustre le pouvoir des religions, la façon dont elles influencent les hommes et cherchent à leur faire suivre leurs chemins. Davor souffre de troubles comportementaux, semble-t-il, et un prêtre lui apporte son aide pour le soigner. Du moins, c’est ce que pense Davor qui n’a finalement personne d’autre vers qui se tourner. C’est habile et bien tourné, une belle occasion de lire cet auteur, hélas, trop rare à mon goût.

Ariane Gélinas entame une nouvelle rubrique intitulée “Voyage en pays intérieur”, donnant la parole à des auteurs et leur permettant de partager leurs sources d’inspiration, leurs influences... ce que fait très bien Ariane Gélinas pour sa trilogie des « Villages assoupis » et « Les cendres de Sedna ». Des photos personnelles de son périple apportent encore plus de cachet à l’article.

Plus de 30 pages de recensions complètent ce numéro 204 de « Solaris » qui laisse une belle impression d’ensemble, tant aux niveaux fictionnel que rédactionnel. Et puis, il faut saluer le remarquable travail de Mario Tessier.


Titre : Solaris
Numéro : 204
Direction littéraire : Jean Pettigrew, Pascale Raud, Daniel Sernine et Élisabeth Vonarburg
Couverture : Laurine Spehner
Type : revue
Genres : nouvelles, articles, critiques
Site Internet : Solaris ; numéro 204 
Période : automne 2017
Périodicité : trimestrielle
ISSN : 0709-8863
Dimensions (en cm) : 13,2 x 20,9
Pages : 160
Prix : 12,95 $ CAD



Pour écrire à l’auteur de cet article :
francois.schnebelen[at]yozone.fr


François Schnebelen
20 décembre 2017






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