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To the abandoned Sacred Beasts (T1 et 2)
Maybe
Pika

La guerre ravagea le pays, le scindant en deux. Les combats entre le Nord et le Sud étaient sans la moindre pitié, mais pour prendre un avantage certain, le Nord créa des guerriers aux pouvoirs surhumains, dont l’apparence avait par contre perdu toute humanité. Ressemblant à de titanesques bêtes, ils furent nommés les Bêtes Divines ou Divins Mimétiques. Seulement quand la guerre prit fin, ces créatures n’eurent pas leur place dans la nouvelle nation et elles furent traquées par des chasseurs capables d’annihiler leur pouvoir et les tuer. Nancy Charlotte Bancroft est la fille d’un de ces Divins et aujourd’hui, elle a enfin retrouvé l’assassin de son père. Seulement, être armée d’un fusil est bien, savoir l’utiliser aurait été encore mieux pour la petite orpheline, mais l’homme en face d’elle à la peau dure et surtout des protections pour parer à ce genre d’attaque. Pourtant Hank n’en veut pas à la jeune fille, car chasser ses anciens frères d’armes n’est pas une sinécure pour celui qui fut leur commandant. Mais il doit respecter sa promesse.



Si un Divin devait perdre la raison et attaquer des humains, alors Hank devrait stopper sa folie meurtrière. Telle est la promesse que doit respecter l’ancien commandant. Mais il recherche en particulier un Divin en qui il avait mis toute sa confiance : Kane Madhouse, surnommé le Vampire. Cet homme est aussi celui qui assassina celle qu’Hank aimait : Elaine. Elle était à l’origine des Divins, leur avait donné leur puissance, mais à la fin de la guerre, elle devait mettre fin à ses propres créations pour ne pas mettre en danger l’humanité. Seulement Kane avait de tout autres projets. Et aujourd’hui, Hank et Nancy se retrouvent à Whitechurch, une ville subissant les affres d’un Divin s’attaquant aux pauvres de la ville. Et ce n’est malheureusement pas ce qui manque dans les bas quartiers de Whitechurch. Mais quand un gamin des rues raconte avoir vu une gargouille tuer sa propre mère, Hank n’a pas le moindre doute sur l’identité du Divin : Christopher Kaynes. Si les autres divins se battaient pour défendre leur famille et des êtres aimés, Topher se battait pour la justice. Mais la fin de la guerre a mis en liberté un être obsédé par cette soif de justice, quitte à se créer la sienne propre.

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Le duo de mangakas Maybe est une vieille connaissance, étant à l’origine de séries comme Dusk Maiden of Amnesia ou encore “Tales of the Weddings Rings”, deux titres parus aux éditions Kana. Cette fois, c’est un univers aux sources multiples que nous propose le duo. “To the abandoned Sacred Beasts” ressemble dans sa construction à de la Dark Fantasy, avec son lot de monstres titanesques, de magie noire et évidemment un brin de gothique. Mais la première scène est aussi typique des bons vieux Western avec en plus une référence à la Conquête de l’Ouest et l’arrivée du chemin de fer, qui ravagea l’Ouest américain et dont les premiers à en payer le prix seront les tribus indiennes. Maybe nous raconte l’histoire d’un autre duo assez improbable : Nancy, une jeune orpheline d’abord mue par une soif de vengeance et qui va apprendre la réalité sur les Divins et surtout sur celui qu’elle voit d’abord comme l’assassin de son père, Hank. Bien évidemment, le monde n’est pas aussi manichéen que la jeune fille le croit et les circonstances amenant Hank à tuer ses anciens frères d’armes sont des plus complexes.

Cette série tourne autour de la notion de vétérans de toute guerre, mais avec un aspect très particulier : ces soldats ont été transformés en bêtes de combat au premier sens du terme. A leur retour, ils sont rejetés et évoluent chacun à sa façon, entre celui prêt à tous les crimes pour être admis de nouveau parmi les siens, celui qui s’est isolé du monde et celui qui rend sa propre justice. Maybe nous décrit d’abord le dur retour à la vie civile de guerriers qui ont vécu par le sang. et la violence. Mais derrière la folie de certains se cache l’oeuvre d’un autre Divin : Kane Madhouse. Avec un nom pareil, difficile de ne pas en faire la Némésis de nos héros. En tout cas, ces deux tomes posent les bases de l’action ainsi que la quête des héros, même si la conclusion du tome 2 laisse le lecteur avec bien des questions sur l’avenir de Hank. Kane a tout pour être détesté par le lecteur, avec son allure de beau ténébreux et son côté pervers, sans la moindre limite. L’associer avec les Vampires n’est pas un hasard. Avec Hank, Kane est le deuxième Divin issu de monstres classiques des romans d’horreur. Les premiers étaient plus des monstres mythologiques ou de folklore comme le Minotaure ou encore le Béhémoth. Opposer un Vampire avec un Loup-garou est aussi un grand classique de l’horreur.

Graphiquement, les Maybe nous offrent du bel ouvrage. Leurs Divins ont un design travaillé avec soin et ils sont tous très détaillés. Le décor surfe entre différents styles, passant du Western de la première scène à l’ambiance gothique de Whitechruch. La comparaison avec le Whitechapel de Jack l’Éventreur est inévitable et se fait naturellement. La version des Maybe n’a pas à rougir de cette comparaison car la Gargouille est un parfait substitut à Jack. Même les petites cases sont travaillées pour les rendre parfaitement lisibles. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d’œil et, s’il est difficile de rendre expressif certaines bêtes, “Maybe” joue beaucoup sur les regards de ses créatures pour faire passer leurs impressions et leurs sentiments.

“To the abandoned Sacred Beasts” s’annonce comme une série à suivre même si elle ne semble pas avoir un potentiel infini. Les prochains tomes nous en diront plus sur les intentions des Maybe.


To the abandoned Sacred Beasts (T1 et 2)
- Auteur : Maybe
- Traduction : Thibaud Desbief
- Éditeur français : Pika
- Format : 125 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 4 octobre 2017
- Numéro IBSN : 9782811630102 ; 9782811630119
- Prix : 7,75 €


KATSUTE KAMI DATTA KEMONO TACHI E © 2014 Maybe / Kodansha Ltd.
© Edition Pika - Tous droits réservés


Frédéric Leray
9 octobre 2017






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