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Jacques Prévert n’est pas un Poète
Hervé Bourhis et Christian Cailleaux
Dupuis

« On dit que les gens qui vont mourir voient leur vie défiler. J’ai eu le temps de tout me remémorer. La fête à Neuneu de mon enfance, Istanbul, les cadavres exquis, Octobre, le cinéma, les copains, Gabin, Breton, Giacometti, Picaso... Hollywood, l’exode, mes amoureuses... Dans un désordre absolu et ravissant, sans aucune hiérarchie. Je déteste l’ordre et la hiérarchie. » Figure importante de la première moitié du XXe siècle, Jacques Prévert aime jouer avec les mots.



Ce magnifique ouvrage qui nous plonge dans le quotidien de Jacques Prévert, ce braconnier révolutionnaire, est découpé en trois grandes parties.

1920 - 1930, rue du Château

Jacques Prévert fait son service militaire en 1921, en Turquie, où il se lie d’amitié avec Alain Duhamel. Ils aiment boire et font les 400 coups ensemble.

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De retour en France, il devient un habitué de la Librairie des Amis des Livres et fait la connaissance de Breton, d’Aragon et de Paul Valéry... Le champagne coule à flots à Montparnasse, Prévert est un bon vivant. Il emménage au 54, rue du Château, adresse qui devient rapidement le repaire des surréalistes de l’époque.

1930 - 1940, Octobre

Épris de liberté, Jacques Prévert se détache de ce mouvement en 1930 pour rejoindre le groupe Octobre, où il écrit des textes contestataires. Bien qu’aimant le rouge, il ne veut pas sa carte du parti communiste, il refuse toute appartenance à un groupe : il se dit prévertiste, c’est pas beau, ça ? Octobre est même sélectionné pour les Olympiades du Théâtre Ouvrier, qui se déroulent... à Moscou sous l’œil avisé de Staline en personne ! Prévert est excité de se rendre au pays de la vodka. La belle aventure contestataire d’Octobre prend fin en 1936. Le cinéma lui fait les yeux doux et notamment Marcel Carné pour qui il adapte un roman anglais pour un casting avec Michel Simon et Louis Jouvet, dépeint comme un homme exécrable. Une nouvelle vie commence avec l’arrivée du monstre du cinéma : Jean Gabin veut Carné et Prévert pour son prochain film. Tout s’enchaîne très vite, la carrière cinématographique de Prévert est lancée.

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A 35 ans, il fait la rencontre de sa belle Jacqueline qui est bien vite repérée par un cinéaste américain.

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1940 - 1950, la vie était plus belle

Tout s’accélère, la guerre éclate, Prévert est vite réformé, à son plus grand bonheur. Il se rend aux studios de la Victorine, pas loin de Nice, où il rencontre Tino Rossi, magnifiquement dessiné par Caillleaux, ainsi que des figurants répondant aux noms de Simone Signoret et bien d’autres... Prévert se remet au boulot avec “Les Enfants du Paradis”.

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Jacques Prévert n’est pas un Poète” est un album dense de 232 pages qui vaut la peine d’être lu en prenant son temps pour apprécier le récit à sa juste valeur. Cailleaux et Bourhis ont déjà travaillé ensemble dans “Piscine Molitor” en 2014, retraçant les derniers jours de Boris Vian. Grâce à un travail de fourmis dans les archives de la famille Prévert, ils nous proposent une œuvre gigantesque sur la vie de ce génie des mots. Poésie et humour sont au rendez-vous dans un ouvrage peu ordinaire jouant de partitions graphiques puissantes. Toutes les planches sont différentes, il n’y a pas de cases, le trait de Cailleaux est libre, tout comme Prévert l’était. Les dessins paraissent parfois simples, mais ce n’est qu’une impression. Les visages sont d’une précision époustouflante, on ne peut pas se tromper, on les reconnait au premier regard : Michèle Morgan, Simone Signoret, Tino Rossi, Pierre Brasseur, Jean Gabin et tant d’autres...

Je confirme bien que “Jacques Prévert n’est pas un Poète”, c’est réducteur, il est tellement plus. Au service de la création, c’est un grand monsieur méconnu sur de nombreux points, je l’ai découvert et vous invite à le découvrir. Cet album est magnifique, il faut se l’accaparer et l’offrir, tant il donne de plaisir.


Jacques Prévert n’est pas un Poète
- Scénario : Hervé Bourhis
- Dessin et couleurs : Christian Cailleaux
- Éditeur : Dupuis
- Collection : Aire Libre
- Pagination : 232 pages couleurs
- Format : 23 x 30,2 cm
- Dépôt légal : 20 janvier 2017
- Numéro ISBN : 978-2-8001-6361-1
- Prix public : 32 €


Illustrations © Christian Cailleaux et éditions Dupuis (2017)


Anne Schnebelen
6 septembre 2017






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