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Gantz, perfect edition (T1)
Hiroya Oku
Delcourt-Tonkam

Kei est un lycée totalement blasé, fantasmant devant des pin-up sur papier glacé. Tout semble le laisser indifférent, préférant s’occuper de ses affaires plutôt que de celles des autres, au point d’envoyer balader une vieille femme lui demandant juste une petite information. Sur le quai du métro, il se retrouve par hasard à côté d’un ancien très bon camarade : Masaru Kato. Alors que Kei est perdu dans ses pensées, un clodo tombe sur les voies et semble incapable de se relever. Après un petit moment d’hésitation, Kato s’élance à son secours, sous le regard médusé des autres passants. En voyant Kei, Kato le reconnaît aussitôt et lui demande de venir l’aider. Pris au piège de la honte de refuser, Kei, sans trop savoir pourquoi, descend prêter main forte son ancien ami. Mais dans quel bordel s’est-il fourré ? Oui, ils ont réussi à ramener le clodo sur le quai seulement l’annonce du train arrivant en gare les met dans une situation catastrophique. Kato a alors une idée : aller au bout du quai, le train devant s’arrêter avant. Mais le destin est contre les deux amis car le train est sans arrêt... C’est ainsi qu’ils moururent.



Une pièce vide d’un appartement. Une sphère noire contenant des armes futuristes et des tenus de pervers sado-maso. Et ce groupe de personnes censées être toutes mortes. Deux yakuzas, un cancéreux, une suicidaire... mais avec une poitrine de folie... Et Gantz, l’homme contenu dans la sphère. Les voici devant remplir une mission : tuer l’homme poireau... Un grand n’importe quoi ! Et pourtant, Gantz les a renvoyé dans la rue pour remplir leur mission. Tous ne sont pas aussi motivés. Kei accepte de ramener la jeune femme chez elle alors que les autres partent à la recherche de l’homme poireau. Le groupe ne met pas longtemps à le repérer et le poursuivre dans les rues. Mais quelles chances peut bien avoir ce gamin obsédé par des poireaux faces à une bande de malades armés de pistolets, certes fonctionnant à contre-temps, mais très efficaces ? Et s’ils n’hésitent pas à lui tirer dessus pour le tuer, c’est aussi parce qu’ils sont convaincus d’être dans une émission de télé-réalité. Ce ne sont évidemment que des effets spéciaux, comme l’armoire à glace qui vient d’apparaître et qui semble être le père du gamin poireau. Seulement le colosse n’est pas aussi tendre que son défunt fils.

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C’est en juillet 2000 que parut au Japon le premier tome de la série “Gantz”. Après 37 tomes, celle-ci est devenu culte. Avec son mélange de gore, de SF et d’érotisme, Hiroya Oku frappait très fort et faisait un pari osé. Le succès est pourtant là et toujours bien là, même après 17 ans d’existence. La série a été déclinée dans tous les médias possibles, avec un animé de 26 épisodes, particulièrement fidèle au manga même si certains éléments ont dû être supprimés, ce qui rend le manga d’autant plus riche. Plus récemment, “Gantz” s’est relancé en 2015 avec un nouveau manga, “Gantz-G”, et un film d’animation en 3D en 2016, “Gantz-O”. En 2011, “Gantz” eut même droit à un film live. Pour les 15 ans de l’édition française, Decourt-Tonkam choisit de rééditer la série sous un format ultime, chaque volume comprenant 2 tomes de l’édition originale, avec de nouveaux fichiers et une mise en page retravaillée. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette incroyable série, je me fais évidemment un plaisir de vous guider sur les traces des malheureux choisis pour défendre la terre bien malgré eux.

“Gantz”, c’est d’abord l’histoire de Kei, un lycéen blasé par la vie, égoïste et vraiment obsédé par les filles avec de grosses poitrines... je sens certains frétiller du nez, mais je vous l’avais dit, “Gantz”, c’est aussi de l’érotisme. Avec son ami Masaru, il va mourir bêtement écrasé par un métro en faisant une bonne action. Décidément, être gentil ne lui va pas du tout et malheureusement, la suite des événements va confirmer ce sentiment qui va jouer de terribles tours à Kei. Toutefois, cette mort n’est en fait que le commencement du cauchemar où va les entraîner une mystérieuse boule noire contenant un être qui sera appelé Gantz. Nos héros se retrouvent avec un groupe d’inconnus (en tout cas pour cette première mission), devant, dans un délai donné, exécuter un extraterrestre. Pour cela, leur sont fournies des armes qui seraient fatales si ils savaient s’en servir. Malheureusement, comme un système de point permet aux survivants d’espérer ne plus avoir à subir ce cauchemar, la coopération n’est pas le maître mot, comme le prouvera la conclusion de ce tome. Si Kei est devenu aigri avec le temps, Masaru est tout l’inverse. Grand ténébreux, avec une réputation de mauvais garçon qui lui colle à la peau, il s’avère en fait ultra sensible et refusant de tuer qui que ce soit, même un extraterrestre. Nous n’en saurons guère plus pour le moment sur ces deux personnages clé. Celle qui finira ce trio également amoureux, est Kei (attention, elle a le même prénom que notre jeune héros égoïste). A la base à tendance suicidaire, elle tombe amoureuse de Masaru alors que Kei tombe amoureux d’elle (devinez un peu pourquoi ?). La relation entre les trois sera une source de problèmes incessants et leur pourrira la vie comme les missions, même si ce ne n’est pas encore le cas avec celle de l’homme poireau.

Le cœur de la série est donc formé de ces missions, qui deviendront de plus en plus ardues. Pourtant, si les personnages avaient connu les règles, celle de l’homme poireau et de son père ne leur aurait pas posé beaucoup de problèmes. Mais nombreux se pensaient dans une télé réalité et les autres ne pensaient qu’à retourner chez eux. Seulement ils allaient découvrir deux règles d’importante : si les dégâts qu’ils occasionnent se répercutent dans la réalité, ils sont invisibles pour les gens autour d’eux. De plus, leur aire d’action est limitée et s’ils en sortent, ils meurent. Enfin si vous mourrez pendant une mission, cette mort définitive. Les combats contre les extraterrestres seront sanglants et gore à souhait, car les armes des groupes de morts en sursis ont un pouvoir destructeur terrifiant. Âmes sensible s’abstenir. De toute façon, les cœurs fragiles auront déjà été calmé par la technique de téléportation dans la pièce où les attend la sphère : le corps est reconstitué comme par une imprimante 3D, tranche par tranche. Le travail par ordinateur de Hiroya Oku et ses assistants est impressionnant de réalisme surtout dans cette phase de l’histoire. Certes, certains seront rebutés par ce côté froid, chirurgical de certaines planches, mais pour atteindre le niveau de détail et de réalisme souhaité par le mangaka, difficile de faire autrement.

Le retour à la réalité sera brutal, surtout pour la jeune Kei qui découvre un autre aspect d’être réquisitionné par Gantz. Mais nous en reparlerons pour le prochain tome qui abordera cet autre élément du récit. Car nos héros ont droit à des pauses entre deux missions, mais il y aura encore une fois des règles inconnues à respecter..

C’est donc un réel plaisir de redécouvrir la série “Gantz”, ou de la faire découvrir à de jeunes générations. Une série culte incontournable.


pour public averti

Gantz, perfect edition (T1)
- Auteur : Hiroya Oku
- Traduction : Laurent Latrille
- Éditeur : Delcourt-Tonkam
- Collection : Seinen
- Format : 128x188 mm
- Pagination : 408 pages
- Dépôt légal : 5 juillet 2017
- Numéro ISBN : 978-2-7560-9558-5
- Prix public : 15 €


GANTZ © 2000 by Hiroya Oku / SHUEISHA Inc.
© Editions Delcourt - Tous droits réservés


Frédéric Leray
16 août 2017






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