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Street Fighting Cat (T1 et 2)
SP☆Nakatema
Doki-Doki

Dans la rue, il y a des règles qu’aucun chat ne peut se permettre de violer. Ce sont les lois des gangs de chats et personne ne doit les enfreindre sans risquer de devenir un paria. Et malheureusement, Hige a violé la plus importante de toutes, abandonnant son meilleur ami. Aujourd’hui, sa vie est un cauchemar, il est devenu le souffre-douleur de Torao, l’ami trahi devenu le lieutenant du boss de Sakura Est. Tous les jours, Hige subit les brimades des chats de la bande, battu sans qu’il ne réplique une seule fois. Car Hige est un lâche, un tocard sans la moindre fierté. Même quand on lui propose de se suicider du haut d’un immeuble, il en est incapable. Mais le destin va lui tomber dessus sans crier gare, ou plutôt un chat mastoc, qui va atterrir littéralement sur le toit d’une voiture. Bon, Torao et ses sbires vont vouloir s’occuper de ce petit nouveau mais ils ne vont gagner qu’une monumentale raclée ! Et pour l’anecdote, Hige également. Seulement cet énorme chat, surnommé Nobunaga, va changer sa vie.



Hige est dorénavant Hideyoshi, le nouveau nom que lui a donné Nobunaga. Il est devenu l’ombre de ce monstre de chat qui défie non seulement tous les caïds du coin mais également toutes les règles de la rue. Hideyoshi est toujours aussi lâche mais quelque chose l’attire chez cet ancien chat domestique qui prend ce qu’il a envie où il en a envie. Mais en découvrant des gâteaux Shin-Waki, le gros matou ne veut plus qu’une chose : fouiller les poubelles de la célèbre pâtisserie. D’un autre côté, sur Sakura-Ue, tout est permis car le quartier n’a pas de boss. Et surtout, Nobunaga n’a pas laissé une seule miette au pauvre Hideyoshi. Bon, autant emmener le mastoc au bon endroit. Toutefois, les deux acolytes arrivent trop tard, un groupe de chats du quartier sud ont déjà dévalisé les poubelles. Mais Nobunaga n’en démord pas : il veut ses gâteaux et il les aura, quitte à violer le territoire du clan du sud. Pendant ce temps, Torao n’a pu remplir sa mission de la dernière chance et il préfère fuir plutôt que d’affronter la sentence d’Arashi. Maintenant, il n’a plus qu’une seule idée : se venger de ce tocard de Hige et de son mammouth d’ami.

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SP☆Nakatema est un mangaka spécialisé dans le style furyo, c’est-à-dire les mangas sur les bandes de jeunes loubards comme “GTO”. Il est surtout connu pour sa saga “B.M.N.”, mais “Street Fighting Cat” est la première de ses séries publiée en France. Si l’univers des gangs est toujours au cœur de son histoire, le mangaka nous embarque cette fois dans l’univers des chats de rues. SP☆Nakatema imagine une structuration mafieuse des groupes de chats et surtout, il les anthropomorphise pour les combats. Eh oui, les charmants minous ne marchent à quatre pattes que pour tromper les humains et ne pas les inquiéter, mais la nuit venue, ils se dressent sur leurs pattes arrières pour s’affronter. La logique de “Street Fighting Cat” est classique : un loser de première va se découvrir un courage et une force cachée grâce à l’influence d’un véritable monstre à poils avec une philosophie totalement déroutante, voulant faire passer la structuration féodale du monde des chats à un monde plus démocratique. Et que ce mastoc porte le nom de Nobunaga n’est pas un hasard. Les amateurs de mangas et les amoureux du Japon connaissent évidemment Oda Nobunaga, personnage qui alimente depuis des décennies l’imagination des mangakas. Celui qui fut le premier unificateur du Japon n’a pas toujours eu le beau rôle dans les mangas, mais cette fois, SP☆Nakatema réincarne parfaitement ce seigneur, et qu’il donne comme nom à Hige celui de Hideyoshi n’est pas non plus un hasard puisque Toyotomi Hideyoshi fut le deuxième unificateur du Japon médiéval, et accessoirement le neveu par alliance de Nobunaga.

Nous suivons donc le retour en grâce de Hige, le tocard de service, lâche, sans le moindre amour propre. Il a osé enfreindre les règles des chats de rues et en paie le prix. Ce sera bien sûr par le plus grand des hasards qu’il tombe sur Nobunaga, ou plutôt que Nobunaga lui tombe littéralement dessus. Commence alors, à la suite de ce mastoc, un parcours pour la conquête de la ville de Sakura. Si “Street Fighting Cat” est comme le titre l’indique un shonen de baston féline, c’est surtout une énorme parodie des mangas furyo, avec des combats de gros matous ressemblant plus au Caïd de Marvel qu’aux protagonistes de “GTO”. Plus ils sont gros, plus ils sont puissants, et on ne peut pas dire que SP☆Nakatema fasse dans la finesse dans leur design. D’ailleurs, il faut bien admettre qu’il n’est pas toujours très simple de les reconnaître durant les combats car... la nuit tous les chats sont gris... oui, j’ai honte, elle était hyper facile mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Soyons clair, le mangaka n’a pas du tout misé sur les dessins, même s’il fait attention à fournir des décors plutôt de bonne facture pour ce manga humoristique. Il joue surtout sur les dialogues parfois décalés des deux acolytes, avec Nobunaga se moquant totalement des explications faites par Hideyoshi, qui sont d’ailleurs plus pour le lecteur que le gros matou. On retrouve toutefois les caractères de nos chers félins, et les techniques de combats sont assez sympas et n’essaient pas trop de se rapprocher des techniques humaines.

Cette mini-série ne durera que quatre tomes mais avec l’intensité des deux premiers, nos matous seraient dans un bien piteux état s’il y en avait eu plus.


Street Fighting Cat (T1 et 2)
- Auteur : SP☆Nakatema
- Traducteur  : Julien Pouly
- Éditeur français : Doki-Doki
- Format : 127 x 180 mm, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 5 juillet 2017
- Numéro ISBN : 978-2-81894-186-7 ; 978-2-81894-281-9
- Prix : 7,50 €


© Edition Doki-Doki - Tous droits réservés


Frédéric Leray
2 août 2017






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