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3e Gédéon (Le) (T2)
Taro Nogizaka et Satoshi Yamanaka
Glénat

Gédéon est tombé entre les mains des hommes cherchant à intercepter Saint Just. Ces derniers ne sont pas des enfants de cœur et ils n’hésitent pas à utiliser la torture pour lui faire avouer quels sont les plans du duc de Loire. Malheureusement, Gédéon n’en a strictement aucune idée, mais il sait également que ce genre de réponse ne satisfera pas une seule seconde ses tortionnaires. Toutefois, une surprise de taille l’attend en découvrant l’identité de l’homme derrière l’attaque : ce n’est plus ni moins que le comte d’Artois, frère du roi. Ce dernier s’est lassé de l’attitude attentiste de son frère et de sa faiblesse devant les demandes du Tiers Etat. Pour le comte, la noblesse ne peut en aucune façon être comparée avec la piétaille. Il est temps qu’un véritable roi monte sur le trône de France pour redonner sa splendeur au pays, et bien évidemment, cela ne peut être que lui, Charles Philippe.



George ne peut accepter que la vie de Gédéon soit ainsi mise en danger ; mais surtout, il est maintenant convaincu de la présence d’un traître au sein même de sa demeure. Qui peut bien avoir vendu des informations à ses ennemis ? Lui qui vérifie les dires de tous ceux entrant à son service... tous sauf Adèle. Il la connaissait depuis la petite enfance, alors pourquoi se serait-il méfié ? Une erreur qu’il aurait pu lui coûter cher, mais qui au final s’avérera bénéfique. En envoyant un pigeon avertir son commanditaire des plans de George, Adèle a offert le moyen idéal pour Big Motor d’atteindre la cache des kidnappeurs. Et l’indien n’est pas du genre à faire de détail. D’un autre côté, il n’en a besoin que d’un seul en vie afin de savoir où ils détiennent Gédéon, les autres seront massacrés comme il sait si bien le faire. Big Motor doit sa nouvelle vie au duc, lui qui l’a sorti de sa grotte où il entassait les cadavres des soldats anglais qui croisaient son chemin. Le duc lui a donné une nouvelle humanité. Alors il paie sa dette en lettres de sang.

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Nous avions laissé à la fin du premier tome ce pauvre Gédéon dans une situation des plus préoccupantes, mais nous n’avions pas idée à quel point celle-ci allait devenir un cauchemar éveillé pour notre héros. Pour le faire parler, ses geôliers vont le torturer sans le moindre scrupule. Etant un homme du peuple, il n’a donc aucun droit pour la noblesse, sa mort n’ayant strictement aucune importance. Toutefois, comme il est en possession d’informations qui les intéressent, il mettra juste un peu plus longtemps pour mourir. Taro Nogizaka ne va pas par quatre chemins pour nous justifier la torture, le comte de Valois expliquant sa propre position sur le sujet. Le côté divin de la noblesse issue de la famille royale sera visualisé par Saint Just, ce qui montre aussi la complexité des personnages et la difficulté à sortir du système monarchique. Même Saint Just trouvera flamboyant le discours du comte d’Artois, alors qu’il est un fervent révolutionnaire. C’est aussi une marque de lâcheté chez ce personnage qui n’est guère reluisant jusqu’ici, plus prompt à dégoiser qu’à agir.

Quand Gédéon tente de se faire passer pour un noble, le choc du chapitre suivant sera de taille car George va alors nous révéler le terrible secret qui a provoqué le départ de Gédéon de leur demeure. Sa blessure à l’œil de George n’est en réalité qu’une excuse car ce dernier devait éloigner le plus vite possible Gédéon du duc, car ce dernier comptait révéler à tous la vérité sur ce dernier. Georges, dans une réaction de pur égoïsme, empêchera cette déclaration et pourra ainsi poursuivre son oeuvre. Seulement, il ne peut laisser, pour la même raison, Gédéon se faire torturer et surtout se faire tuer. La rage qu’il éprouve trouve enfin toute sa logique et sa soif de révolution tout autant. George veut mettre fin à cette monarchie qui l’a poussé à agir de la sorte et pour cela, le peuple doit prendre le pouvoir par les armes.

L’opposition de conception de la justice pour le peuple entre Gédéon et Georges se fait de plus en plus forte. Toutefois, ce tome 2 montrera enfin une victoire psychologique de Gédéon qui sauvera la vie du comte d’Artois. Mais elle ne sera que partielle car la mésaventure de Gédéon va pousser sa fille vers les idées de Georges, car comment accepter ce qu’on lui a fait subir, sachant que son tortionnaire ne risque rien puisqu’il est puissant, pour reprendre la morale de ce cher La Fontaine ? Pourtant, Taro Nogizaka n’est pas tendre avec Georges, le dépeignant comme un véritable machiavel mettant au point une révolte populaire en truquant les dés. Alors que Gédéon compte sur le Tiers Etat et la voie douce pour faire admettre les idées du peuple, Georges provoque la révolution non pas par la haine de la monarchie mais en montrant toute l’injustice que subit le petit peuple. L’année 1789 commence avec ce tome 2, le vent de la révolution souffle peu à peu sur la France et sur Paris. Comment nos héros vont-ils s’inscrire dans les événements historiques qui vont mener à la chute du roi Louis XVI ? Pour l’anecdote, ce Charles Philippe, comte d’Artois, deviendra Charles X, dernier roi de France.

Le tome 3 devrait nous amener plus souvent vers Versailles alors que les députés sont en train d’être élus et que la première révolution s’annonce avec l’ouverture des Etats-Généraux.


Le 3e Gédéon (T2)
- Auteur : Taro Nogizaka
- Supervision historique : Satoshi Yamanaka
- Traduction : Yohan Leclerc
- Editeur : Glénat
- Format : 130 x 180 mm
- Pagination : 208 pages noir et blanc
- ISBN : 9782344022061
- Parution : 7 juin 2017
- Prix : 7,60 €


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Frédéric Leray
19 juillet 2017






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