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Alderamin on the Sky (T1)
Bokuto Uno et Taiki Kawakami
Ototo

Académie militaire Segal, une fête est donnée en l’honneur des jeunes diplômés. Yatori est particulièrement félicitée, elle qui est certainement la meilleure élève de l’académie. Et pourtant, celle-ci a passé un pacte avec son ami Ikta. Si il l’aide à être la major de l’examen d’officier, elle lui garantit une place des plus tranquilles au sein de la bibliothèque. Il faut dire que la demoiselle a une très forte pression sur les épaules, elle l’héritière de la famille Igsem. Etre reçu officier n’est pas suffisant, elle se doit d’être la meilleure. C’est bien pour elle qu’Ikta accepte de jouer les petits militaires. Le jeune homme n’est pas vraiment un fervent défenseur de l’Empire. Mais au moment où une guerre féroce oppose la République de Kioka et l’Empire de Katjvarna, les prises de position du jeune homme apparaissent au mieux comme du pur défaitisme, au pire comme de la haute trahison. Mais peu importe, Ikta respectera sa part du contrat, il réussit l’épreuve écrite et peut ainsi accompagner Yatori pour la seconde partie de l’examen.



Les élèves participant à la deuxième partie de l’examen doivent se rendre sur le site en bateau, et le hasard veut que Yatori partage la même cabine que son principal concurrent pour la place de major : Torway Remeon. Le voyage pouvait s’annoncer un peu agité pour la demoiselle, mais le destin allait changer totalement la donne. Durant le trajet, leur navire percute un récif qui transperce sa coque. L’avarie est trop importante pour être réparée et le navire commence à gîter dangereusement. Les apprentis officiers sont évacués dans des canots en pleine tempête. Mais alors que Yatori et sa chambrée s’éloignent du navire, ils aperçoivent une jeune fille qui passe par dessus bord. N’écoutant que son courage, Ikta saute à l’eau pour la secourir. Les amis du jeune homme le suivent d’un œil inquiet ; Seule Yatori a une confiance inconditionnel dans son ami et elle a bien raison. Ce dernier ramène la jeune fille dans le canot saine et sauve. Yatori remarque alors un détail d’importance : la jeune naufragée porte l’anneau de la famille impériale.

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“Alderamin on the Sky” est le premier manga publié en France de Bokuto Uno. Le mangaka nous entraîne dans un univers où le monde moderne et sa technologie s’oppose frontalement avec un monde plus proche de la fantasy, où des créatures élémentaires sont utilisées comme armes ou comme mécanismes d’une arme. L’oeuvre de ce jeune scénariste est bien plus complexe qu’il n’y parait car son choix de mettre ses héros du côté de la croyance et du conservatisme ne peut qu’engendrer des choix et des situations qui leur poseront inévitablement des problème de conscience à un moment ou un autre. Ce sont de jeunes recrues passant l’examen d’officiers qui nous font découvrir le contexte géopolitique de cet univers. Un contexte qui ne peut se déconnecter de la religion, très présente contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture trop superficielle de ce tome. Si la jeune Yatori est mise en avant car incarnant une jeune femme à la grande destinée mais également sous le poids de ses devoirs, c’est en fait le jeune Ikta qui est le véritable personnage central de l’histoire. C’est le vilain petit canard au milieu de la future crème de l’armée. Mais si Yatori ou encore le jeune Torway ont foi dans l’Empire et dans leur mission qui est de combattre la République de Kioka, Ikta est bien plus critique de la politique de l’Empereur, allant même jusqu’à souhaiter ouvertement la défaite de son armée.

Quand Ikta prend cette position en début de tome, le lecteur est surpris car à ce moment, il n’a pas d’éléments fiables pour comprendre cette position. Il faudra même attendre la dernière partie du tome pour commencer à avoir une idée du contexte loin d’être manichéen de ce monde. Le personnage d’Ikta sera aussi dans l’ambivalence : il critique l’Empire même devant une princesse, mais il est d’une férocité sans pareille pour combattre les troupes de la République de Kioka. Il est amusant qu’une République portant le moderniste soit mise du côté des méchants, surtout que la réalité des actes de cette armée d’invasion est loin d’être celle que la propagande de l’Empire diffuse en son sein. Le but de la petite princesse est tout aussi mystérieux mais ne semble pas aller pour aider son père a gagné la guerre. Les quatre cadets se retrouvent à devoir mener leurs premiers combats et tuer leurs premiers adversaires sans grande préparation. D’ailleurs, certains ne pourront aller jusqu’au bout car donner des ordres et devoir mettre la main dans la gadoue, ce n’est pas du tout la même chose.

Si la religion est abordée, ce n’est que sur un aspect de crainte. La croyance en Aldera apparaît comme le culte unique ne pouvant être remis en cause. A noter que ce nom vient de l’étoile Alpha Cephei de la constellation de Céphée... Céphée, vous savez ce gentil roi grec qui donna sa fille Andromède en sacrifice pour calmer le courroux de Poséidon. Pas vraiment un emblème de pureté et de probité. Ce premier tome n’aborde pas encore profondément ce contexte politico-religieux mais les suivants devraient nous éclairer sur l’enjeu réel du conflit et les positions que prendront nos jeunes héros.

Au dessin, nous découvrons Taiki Kawakami. Ce n’est pas la première série du mangaka mais la première publiée en France. Son style est assez classique, ne sortant pas vraiment des règles du shonen. Mais le travail est des plus sérieux, rigoureux dans l’homogénéité des dessins pouvant aller à un important niveau de détails quand le besoin s’en fait sentir. Peu de pleines pages mais de grandes cases pour laisser libre cours à son imagination. Les personnages sont très facilement reconnaissables et très expressifs, rendant la lecture particulièrement fluide. Ce premier tome se dévore et l’action quasi non stop permet au lecteur de ne pas voir le temps passé.

Bonne surprise de cet été, “Alderamin on the Sky” s’annonce comme un titre à suivre avec attention.


Alderamin on the Sky (T1)
- Scénario : Bokuto Uno
- Dessin : Taiki Kawakami
- Character Design : Sou Sanba/Ryutetsu
- Traducteur  : Adrien Ghariani
- Éditeur français : Ototo
- Format : 125 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 224(T1) et 200(T2) pages
- Date de parution : 21 avril et 19 mai 2017
- Numéro IBSN : 9782377170067 ; 9782377170074
- Prix : 6,99 €


ⓒ BOKUTO UNO/TAIKI KAWAKAMI
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Frédéric Leray
14 juillet 2017






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