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Sukeban Turbo
Sylvain Runberg et Victor Santos
Glénat Comics

C’est en 2007, lors d’un voyage au Japon que François Amoretti fait découvrir à Sylvain Runberg le mouvement Sukeban. Naît alors l’idée de transposer la délinquance et la provocation affichées par ces groupes de jeunes japonaises refusant les normes de la société dans les rues d’un quartier populaire de New-York. “Sukeban Turbo”, c’est l’histoire d’un groupe d’adolescentes que mène Shelby, qu’elle va tirer vers une violence totalement gratuite, seul exutoire à la frustration de leurs vies semées d’échecs au cœur de l’institution scolaire et bien sûr leurs familles.



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Inspirée par les films japonais liés au Sukeban, Shelby laisse dériver son adolescence vers une sauvagerie qu’elle a de plus en plus de mal à maîtriser. Du racket au collège, de la vente de cocaïne, MDMA et amphétamines aux hipsters de Brooklyn, aux soirées tendance où Shelby a portes ouvertes, la dégringolade vers une violence sans retenue est engagée. Pire, lorsqu’elle se défoule en scooter avec sa bande de Sukeban Tribe, la canne de golf vole, percute et défonces les têtes des connards qu’elle veut démolir. Une violence qui rappelle celle d’« Orange Mécanique », dans une version made in US. Une sale histoire avec Sam, son cousin élevé par ses parents, et son presque frère, chanteur d’un groupe à succès, les Urban Smile, va l’entraîner plus loin encore vers un destin radical. Pour quitter les déceptions de son adolescence et passer à l’âge adulte, même si c’est pour assumer le leadership d’un gang de motardes où les armes à feu remplaceront les cannes de golf. Les Sukeban Turbo sont nées.

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Première création original estampillée Glénat Comics, “Sukeban Turbo” séduira les fans de récits mêlant les différentes strates d’une société américaine contemporaine et qui offre un regard très cru sur ses démons sociétaux. Runberg met la gomme dans un récit ronflant, sans doute non exempt de clichés pour le dessin très trashy de l’espagnol Victor Santos. Cela donne un thriller féroce au dessin aussi brutal que cette métaphore de la rage adolescente est décapante.

À noter le dossier complet sur le mouvement Sukeban en plus des interviews des deux auteurs et de nombreuses illustrations du travail de Santos. Note finale plus qu’intéressante pour une création qui aurait pu être proposée à un prix plus doux, histoire de marquer le coup face aux comics américains qui, parfois, bénéficient d’un petit coup de pouce tarifaire pour mieux s’élancer !


Sukeban Turbo
- Scénario : Sylvain Runberg
- Dessin et couleurs : Victor Santos
- Éditeur : Glénat Comics
- Pagination : 144 pages couleurs
- Format : 19,9 x 30,2 cm
- Dépôt légal : 11 janvier 2017
- Numéro ISBN : 9782344018408
- Prix public : 17,95 €


Illustrations © Victor Santos et Éditions Glénat Comics (2017)


Fabrice Leduc
6 juillet 2017






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