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Lockdown (T3 et 4)
Nykken, Michio Yazu
Ki-oon Seinen

Hozuki tente de convaincre Sota de se laisser aller à sa vraie nature et de manger de la chair humaine. Mais le jeune homme ne peut se résigner à dévorer une de ses camarades, aussi vital que cela puisse être pour son organisme depuis qu’il a été contaminé par le L.Y.C.H., une arme biologique devant engendrer des super-soldats. Luttant contre sa soif de sang, Sota parvient à se rebeller contre la chef des terroristes et à s’enfuir. Pendant ce temps, Aoi apprend que les Terminales préparent une révolte contre les terroristes, prêts à tenter le tout pour le tout après le massacre des professeurs et les événements semblant démontrer que les terroristes n’ont que peu à faire de leurs vies. Seulement, ce seront les arcs du club de tir à l’arc contre les fusils d’assaut des terroristes. Mais les Terminales ont une arme secrète, un génie de la stratégie. Certes, il a surtout fait ses preuve sur des jeux en ligne mais Kuon possède également un atout de poids, qui l’informe sur tous les faits et gestes des terroristes.



Les élèves sont devenus des cobayes pour l’armée. Les militaires qui entourent le lycée ne sont pas là pour les délivrer mais pour en faire des porteurs du L.Y.C.H.. D’un commun accord avec les terroristes, ces derniers ont contaminé toutes les Secondes, les gardant précieusement enfermés dans le gymnase. Pendant ce temps, Hijiri se retrouve forcé de choisir cinq Premières pour participer à un nouveau jeu organisé par les terroristes. Mais alors qu’il est convaincu que cela ne peut que mal tourner, Kanako le force à la prendre dans le groupe des malheureux élus. Yuiki tente de son côté d’entrer dans le gymnase afin d’en sortir sa sœur. Mais sa présence est rapidement détectée par Kaneishi qui lui propose pourtant un échange : il lui laissera voir sa sœur s’il lui apporte une de ses camarades de classe. Kaneishi est obsédé par ces petites lycéennes et il compte bien s’en faire une avant de partir, voire même plusieurs car de toute façon, il n’est bien sûr pas question de faire sortir qui que ce soit de l’enfer qu’est devenu le gymnase. Junji tente de son côté d’épargner la Premières qui lui serait la plus utile à l’extérieur.

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Les choses s’accélèrent et surtout le nombre de protagonistes se multipliant, le lecteur se retrouve à suivre un nombre équivalent de fronts et d’histoires annexes qui sont évidemment toutes connectées car mettant en jeu la vie des lycéens. En tout cas, rapidement, nos jeunes héros se retrouvent seuls... En quelque sorte. Alors que le premier tome laissait penser que les terroristes étaient arrivés dans ce lycée par hasard, les tomes 3 et 4 contredisent de plus en plus cette hypothèse. Entre les agents simples, doubles, espions de tout genre qui fourmillent dans l’établissement, on pourrait se croire à Quantico. Junji est loin d’être le seul élève à jouer les James Bond, mais tous n’ont pas, non plus, sa réussite. En tout cas, les leaders se sont faits connaître, en particulier Kuon. Difficile de voir clair dans son jeu. Le jeune homme est présenté comme un roi des jeux de stratégies, mais cela va bien au-delà et il en devient presque suspect. D’un autre côté, Michio Yazu laisse aussi découvrir les personnages jouant un double jeu, sans toutefois nous donner toutes les clés pour comprendre les enjeux réels de chacun.

Le tome 3 pourrait s’appeler « seuls contre tous », car nos jeunes héros se retrouvent en fait totalement isolés dans leur lycée, puisque l’armée, tenant le siège ne voit en eux que de gentils cobayes pour tester le L.Y.C.H., cette arme biologique faisant quelque peu penser aux expérimentations de la société Umbrella de “Resident Evil”. Fabriquer des super-soldats mais devant se nourrir de chair humaine pour garder leur intégrité et ne pas se transformer en monstre, quelle drôle de conception ? Toutefois, les terroristes jouent un jeu dangereux pour faire plaisir à l’armée, au point de risquer une véritable catastrophe avec les classes de Seconde. Le tome 3 est une véritable descente aux enfers pour le lycée, mais également une source d’espoir avec Kuon et Junji. Les pions s’alignent pour un coup de Jarnac, les Terminales tentant le tout pour le tout.

Une opposition se fait peu à peu jour dans le tome 4, l’affrontement des deux chefs de groupe : Hozuki et Kuon. Junji et Sota prennent même des rôles secondaires au fur et à mesure que l’histoire se déroule. Mais Michio Yazu va également très loin dans l’horreur avec ce tome. Non seulement, nous serons face à un véritable massacre des classes de Seconde, mais nous serons aussi les témoins horrifiés d’une scène de viol. Et pire que tout, d’un viol organisé par un élève. Le mangaka a choisi de ne rien nous épargner, en tout cas de nous prouver que, pousser à leurs extrémités, de jeunes esprits perdent toute rationalité et acceptent même l’inacceptable. Nykken s’avère des plus efficaces pour ce genre de scène, ne tombant jamais dans le voyeurisme, au contraire, jouant surtout sur les non-dits et surtout les non-vus pour laisser le lecteur s’imaginer l’horreur de la scène. Evidemment, les deux mangakas poursuivent également la sélection des personnages à haïr ou apprécier, qui devront payer le prix de leurs erreurs car personne n’imagine qu’un tel crime restera impuni.

“Lockdown” est sombre, malsain, piétinant les tabous les uns après les autres mais toujours avec cette petite voix nous disant calmement « que voulais-tu qu’il arrive d’autre » ? Une série terriblement efficace.


Lockdown (T3 et 4)
- Scénario : Michio Yazu
- Dessin : Nykken
- Traducteur  : Anne-Sophie Thévenon
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 194 pages
- Date de parution : 13 avril et 8 juin 2017
- Numéro ISBN  : 979-10-327-0109-6 ; 979-10-327-0110-2
- Prix : 7,65 €


A lire sur la Yozone :
Lockdown (T1 et 2)


© Nykken, Michio Yazu 2014 / Futabasha Publishers Ltd.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
28 juin 2017






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