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Big Man Plans
Eric Powell et Tim Wiesch
Delcourt

Même les plus marginaux des plus marginaux de la société sont capables à un moment donné de se rebiffer et de se venger. Et quand ils décident de s’y mettre, peu importe la façon de faire, ils vont jusqu’au bout. “Big Man Plans” est l’histoire d’un nain énervé. Un nain doté de sacrés « cojones », qui n’a peur de rien, ni de personne. Un nain prêt à tout pour se venger d’un crime brutal, hanté par un terrible mystère.



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Wouah ! Là, on vient de rentrer dans une autre dimension. Après la lecture de ce one-shot, j’ai eu le souffle coupé. Jamais je n’avais ressenti un truc pareil en lisant une BD. J’ai été littéralement happé par cette histoire. L’immersion fut totale et l’état de choc au rendez-vous.

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L’histoire n’est pourtant qu’une basique intrigue de vengeance. Le personnage principal a beau être atypique, puisqu’il s’agit d’un nain, rien ne nous laissait présager d’un tel scénario.
Eric Powell, associé pour l’occasion à Tim Wiesch, nous délivre un véritable opéra violent et à couper le souffle. L’histoire est magistralement construite avec une distillation parfaite de flash-backs qui font monter crescendo la dramaturgie du scénario. Tout est clair et parfaitement compréhensible.
À aucun moment notre duo ne nous perd, la fluidité de la lecture est une véritable référence. Les 112 pages sont dévorées d’une seule traite tant la lecture, de l’une d’entre elles, pousse à lire la suivante. Effet page-turner comme disent nos amis américains !

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Le fait le plus marquant reste toutefois la violence, d’un niveau jamais atteint dans une BD à ma connaissance. J’ai pourtant une aversion marquée pour le gore basique à fort pouvoir sanguinolent, qui n’a pour moi que l’intérêt de gaspiller la couleur rouge des palettes graphiques et de distiller ce sadisme gratuit que je considère comme aussi utile qu’une lampe torche en plein jour dans le désert. Et pourtant ici, ces deux phénomènes sont tellement bien intégrés et amenés qu’ils en deviennent indispensables à l’œuvre…
Bien épaulé en cela par un visuel atypique, mais d’une grande qualité.

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Là aussi Eric Powell sort le grand jeu. D’abord le choix des couleurs, qui varient en fonction de la période chronologique et de l’état psychologique de l’acteur. Tantôt bleues, jaunes, grises ou sombres, elles nous poussent dans un ressenti émotionnel commun avec le personnage. La finesse du trait est, elle aussi, fonction de la situation, idem pour les détails des décors, riches et épurés.
Rarement j’ai pu ressentir un tel sentiment d’immersion dû au jeu des couleurs et au style du trait.
Pourtant de premier abord, en prenant des pages au hasard, on pourrait qualifier le visuel d’irrégulier, de pauvre et de mal fini. Mais si on le prend dans son ensemble, il devient un must du genre.

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“Big Man Plans” est certainement la BD qui m’a le plus marqué et bouleversé de toutes celles que j’ai pu lire.
Un véritable chef-d’œuvre à ne surtout pas rater.

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Big man plans
- Scénario : Eric Powell, Tim Wiesch
- Dessins et couleurs : Eric Powell
- Éditeur : Delcourt
- Collection : Contrebande
- Format : 19 x 29cm
- Pagination : 112 pages couleurs
- Dépôt légal : 6 avril 2016
- Numéro ISBN : 978-2-7560-7702-4
- Prix public : 15,50 €


Illustrations © Eric Powell et Éditions Delcourt (2016)



Bison 13
2 juillet 2017






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