YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Metropolis (T4)
Serge Lehman, Stéphane De Caneva et Dimitris Martinos
Delcourt

L’inspecteur Gabriel Faune, le citoyen numéro 1 de Metropolis, poursuit son enquête sur les mortes de la Réconciliation. Il cherche notamment l’Automate Mental 45 qui pourrait lui apporter des réponses sur la ville, mais aussi sur lui-même.
Depuis que Gabriel fréquente Louise, Lohman est à nouveau sous l’emprise de M et cette transformation n’est pas sans danger. Les conséquences font rechuter Gabriel que le docteur Freud doit soigner. Il est affecté du même mal que Louise et que beaucoup d’autres qui pensent que les habitants de la ville ne sont que des automates.



JPEG - 55 ko

Avec ce quatrième tome, la série “Metropolis” trouve sa conclusion. Cette dernière met longtemps à se dessiner, car Serge Lehman entretient toujours un certain flou sur la réalité de cette ville. Les doutes sont entretenus par Faune qui assiste impuissant à des changements qu’il semble être le seul à remarquer. De plus, quelques habitants ont aperçu des morts qui n’étaient en fait que des automates. Les preuves ont à chaque fois été effacées et les témoins discrédités. Le docteur Freud ne manque pas de travail, pour lui, la psychanalyse n’est plus qu’un lointain souvenir, l’électricité et la chimie servent à présent à soigner ses patients.
Ce n’est pas l’unique personnage connu rencontré dans les pages de “Metropolis”. Hitler se révèle un maillon important de l’énigme. Cet artiste qui a signé de nombreuses couvertures d’un magazine de SF semble tirer bien des ficelles et pourrait bien être l’instigateur des attentats qui ont tout déclenché.
Le passé se rappelle aussi à Faune avec un automate dont les images dessinées par Klimt le hantent toujours, alors qu’il n’avait que quelques années quand il les a vues.
Entre personnages réels mais apparaissant en décalage avec ce que l’on connait, personnages de fiction repris pour l’occasion et personnages fictifs inventés pour les besoins de l’histoire, le scénariste brouille les pistes. Les références se font nombreuses et entretiennent le mystère sur la réalité des faits.

JPEG - 66.3 ko

Serge Lehman joue avec les codes, “Metropolis” apparaît de premier abord comme une uchronie, la réconciliation franco-allemande de la fin XIXe constituant le point de divergence avec notre trame, mais il pousse la réflexion plus loin en fin d’ouvrage. Il suffit de le feuilleter pour constater visuellement cette évolution.
À ce titre, il faut saluer le travail de Stéphane De Caneva qui a créé un univers correspondant parfaitement au fond. La ville en impose par sa démesure. Dans certains plans pleine page, ses bâtiment s’élancent à l’assaut du ciel et toute la grandeur de la ville mais aussi sa folie se trouvent ainsi illustrées. Le projet de l’Interland est une utopie mise à mal par les événements. Même ses pères fondateurs éveillent en Faune la méfiance. D’ailleurs il existe un service pour conserver sa cohésion et empêcher les dérives. Entretenir les apparences prime sur les libertés.

Visuellement “Metropolis” est très réussi, l’identité graphique est marquée et apporte un indéniable attrait à la série. Stéphane De Caneva séduit par son dessin auquel il faut associer Dimitris Martinos à la colorisation. L’ensemble a des tonalités assez sombres, ce qui donne d’autant plus de force aux couleurs vives et permet de mettre l’accent sur certains points, comme par exemple les couvertures du magazine de SF.

JPEG - 119.1 ko

En quatre tomes, “Metropolis” a su fidéliser et interpeller les lecteurs par ses nombreuses références, son décalage par rapport à notre passé et son graphisme.
Longtemps, le roman “Metropolis” était annoncé dans la collection J’Ai Lu Millénaires, sans que que Serge Lehman n’arrive à lui donner vie. Grâce à la bande dessinée, il peut enfin partager cette œuvre avec les lecteurs et, en la personne de Stéphane De Caneva, il a trouvé le complice idéal pour ce récit à l’atmosphère si spéciale et si prenante.
À lire et relire pour en saisir toute la richesse !

Maintenant que les séries “L’œil de la nuit” et “Metropolis” sont achevées, il reste à attendre avec impatience les prochains albums de Serge Lehman.


Metropolis (T4)
- Scénario : Serge Lehman
- Dessins : Stéphane De Caneva
- Couleurs : Dimitris Martinos
- Couverture : Benjamin Carré
- Éditeur : Delcourt
- Collection : Machination
- Dépôt légal : 18 janvier 2017
- Pagination : 96 pages couleurs
- Dimensions (en cm) : 19 x 28,4
- ISBN : 978-2-7560-6381-2
- Prix public : 15,95 €



À lire également sur La Yozone :
Metropolis (T1)
Metropolis (T2)
Metropolis (T3)

L’œil de la nuit (T3) Le druide noir
Sept (T17) Sept Mages
La Grande Évasion (T7) Asylum
Masqué (T1 ) Anomalies
Masqué (T2) Le jour du fuseur
Masqué (T3) Chimères et Gargouilles
Masqué (T4) Le Préfet spécial

Entretien Masqué avec Lehman & Créty : L’interview bilan de fin de premier cycle


Illustrations © Stéphane De Caneva et Delcourt (2017)


François Schnebelen
14 juin 2017






JPEG - 29.5 ko



JPEG - 22.1 ko



JPEG - 26.4 ko



JPEG - 41.6 ko



JPEG - 88.5 ko



JPEG - 79.7 ko



JPEG - 34 ko



WebAnalytics