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Empress of Flame
Shin Araki et Takashi Minakuchi
Delcourt-Tonkam

Il y a très longtemps, un tyran capable de rendre l’impossible possible faisait régner la terreur, il en était surnommé le Roi du mal. Personne ne semblait capable de le vaincre, mais un jour, un garçon possédant les mêmes pouvoirs apparut et combattit le Roi du mal. On le surnomma le Brave. Après une longue guerre, le Brave prit le dessus sur le Roi du mal et la paix revint dans le royaume. Mais après sa victoire, le Brave disparut et personne ne sait où il est parti. Aujourd’hui, un curieux jeune homme arrive devant les portes de l’académie Rosenwood. C’est aussi là qu’étudie Arnest. La jeune fille est une des meilleures élèves et une experte à l’épée. Toutefois, en tant qu’héritière de la famille Flaming, elle doit assumer une terrible malédiction. Sa famille a la garde d’une épée maudite, Asmodeus. Le démon vivant dans la lame choisit sa cible et tente alors d’en prendre possession. Arnest se doit donc d’être des plus vigilantes et ne pas laisser la moindre faille à disposition du démon. Et puis Blade entra dans sa vie.



Mais qui est donc ce Blade ? Non seulement il est incapable de se comporter normalement avec une fille mais il semble être entré à l’académie grâce au piston du roi. Et si il y a quelque chose que Arnest déteste, c’est la tricherie et le mensonge. Toutefois, un élément la laisse sceptique : lors de leur première confrontation, dans un coup de colère, Arnest a tenté de le frapper et pourtant Blade a esquivé son attaque sans la moindre difficulté. Pourtant, Arnest est une des meilleures de l’académie, certains professeurs la laissant même choisir le cour qu’elle souhaite suivre. Alors la jeune femme profite d’un entraînement pour tester Blade. Un exercice des plus simples : fendre une armure en mithril et obsidienne. Blade accepte évidemment sans chercher à mal, seulement le jeune homme ne maîtrise pas du tout sa force et le résultat est sans appel : non seulement l’armure est en pièces mais le mur de l’arène est pulvérisé par le coup, de même que l’épée lui servant d’arme. Finalement, Blade pourrait ne pas avoir été si pistonné que cela. Par contre, sa naïveté est plus proche de la goujaterie quand il vient discuter avec Arnest... dans sa salle de bain !

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“Empress of Flame” est à la base une série comprenant six romans écrits par Shin Araki. Cette saga se base sur le démon Asmodée, un démon biblique qui prit de nombreux noms comme Asmoth, Asmoday, Asmodeus, Aesma, Asmadai, Asmodius,ou encore Asmobée. Le romancier a supervisé l’adaptation de son oeuvre en manga par Takashi Minakuchi. Si “Empress of Flame” est son premier titre publié en France ; Takashi Minakuchi est loin d’être un débutant, ayant à son actif de nombreux one-shot. Il ne change pas de style avec ce nouveau titre.

Nous voici donc dans un monde d’heroic fantasy où un héros, appelé le Brave, est parvenu à vaincre le tyran local, le Roi du mal. Nous n’en saurons guère plus sur ce roi alors que l’histoire nous raconte en réalité le retour du Brave parmi les hommes dits normaux. Oui, ne jouons pas les naïf, dès la première planche où Blade arrive, nous savons pertinemment qui il est et donc ses altercations avec Arnest ne peuvent faire que sourire. L’intervention du roi pour son intégration dans l’académie est tout ce qu’il y a de plus compréhensif. On pourrait alors penser que d’avoir percé à jour cet élément de l’histoire allait gâcher la suite des aventures de Blade, mais il n’en sera rien car le scénario prend clairement en compte cet état de fait, jouant au contraire sur la connaissance supérieur du lecteur par rapport à celle de l’héroïne. Blade apparaît comme un naïf, incapable de se comporter correctement avec les demoiselles et ses amis alors qu’l tente d’être normal. Son côté décalé permet de générer quantité de quiproquos et de situations ubuesques. Toutefois, le jeune homme, qui est loin de l’être, va rapidement montrer son vrai visage pour aider la pauvre Arnest. Toutefois, avec un format type one-shot, il n’est guère possible de trop développer tous les personnages et Blade sera mis de côté, partant de l’idée qu’être le Brave était largement suffisant comme développement du personnage.

Heureusement, ce ne sera pas le cas de Arnest qui sera largement mise en avant dans l’intégralité du tome. D’ailleurs, l’histoire est présentée du point de vue de la demoiselle. Nous en saurons énormément sur son passé, sur la malédiction que doit assumer sa famille et elle-même. Nous voyons l’évolution du lien entre Arnest et le démon logé dans son épée : Asmodeus. Par contre, là aussi, le format de ce tome impose d’aller à l’essentiel et on peut regretter que l’affrontement entre Arnest et Asmodeus arrive trop rapidement, sans toutefois paraître particulièrement parachuté dans l’histoire. En tant que personnage central, elle sera décrite sous toutes les coutures, dans tous les sens du terme mais également assez superficiellement pour certains aspects. Par contre, Takashi Minakuchi s’attardera longuement sur son design, avec un vrai focus sur sa coiffure qui sera un symbole fort puisque la couleur de ses cheveux sera liée à Asmodeus. Takashi Minakuchi va tout de même se sortir du piège de la description trop succincte, certainement grâce aux conseils de Shin Araki, pointant les caractéristiques principales de la demoiselle, en particulier son relationnel avec ses camarades de classe et bien sûr avec Blade. Graphiquement, “Empress of Flame” tient bien la route et ne pas trop se disperser côté nombre de personnages joue en faveur de Takashi Minakuchi. Un choix intelligent qui permet de se focaliser sur l’essentiel. L’affrontement final entre Arnest et son démon sera malheureusement décevant mais difficile de faire vraiment mieux en si peu de planches.

Décidément, réaliser un one-shot est des plus compliqués et “Empress of Flame” n’échappe pas à certaines critiques, même si l’histoire se tient bien. Mais un tome paraît bien court pour développer le roman de Shin Araki.


Empress of Flame
- Sénario : Shin Araki
- Dessin : Takashi Minakuchi
- Traduction : Lilian Lebrun
- Éditeur : Delcourt-Tonkam
- Collection : Seinen
- Format : 128x182 mm
- Pagination : 192 pages
- Dépôt légal : 29 mars 2017
- Numéro ISBN : 978-2-7560-9568-4
- Prix public : 7,99 €


© Editions Delcourt - Tous droits réservés


Frédéric Leray
4 juin 2017






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