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Mamie Polar, tome 1 : Ramdam au musée
Régis Delpeuch
Scrineo, Jeunesse, roman (France), polar, 160 pages, mars 2017, 8,90€

Tous les samedis, mamie Jo s’occupe de ses petits-enfants : Camille et Lucas. Dès son arrivée, les deux lui font part de leur inquiétude au sujet de Momo. Il s’agit d’un SDF vivant près de l’école de Camille et Lucas et auquel tous les enfants se sont attachés, car il fait l’unanimité pour sa gentillesse et sa serviabilité. Ce dernier a disparu depuis 4 jours et la police ne veut rien entendre.
Et voilà mamie Jo, en compagnie de Camille et Lucas, obligée de mener l’enquête.



Avant de se consacrer à l’écriture, Régis Delpeuch a été enseignant durant 20 ans. Avec cette série « Mamie Polar », il s’adresse à un jeune public qui ne s’attache pas à la vraisemblance. Il aime que ça bouge, que les personnages aillent dans tous les sens, vivent de grandes aventures et apprécie également de s’identifier aux héros mis en scène. Là, il est comblé, un garçon et une fille, donc chacun y trouvera son compte. En plus, leur mamie est pour le moins dynamique. Il s’agit de l’ancienne directrice de l’école de Camille et Lucas. Elle vit à la campagne, s’entretient et fonce tête baissée pour rendre la justice. C’est le moins que l’on puisse dire !
Tous les ingrédients figurent dans ce livre pour que les enfants adhèrent à l’histoire.
Vers la moitié du livre, une pause est même offerte avec “Et si tu menais le jeu ?” Des jeux y sont proposés pour voir si le lecteur a bien suivi, mais également pour le projeter vers la suite en proposant un coupable.

La mise en forme a été travaillée, mais était-ce vraiment nécessaire ? Et surtout dans quel but ? J’avoue que l’intérêt m’a laissé perplexe. Des mots, des passages ou des phrases sont écrits entièrement en majuscules, tranchant par rapport à la typographie générale. Parfois, les noms de personnages sont surlignés, mais suivant quelle règle ? Le nom de Don Quichotte, le chien de mamie Jo, est parfois succédé d’une icône de chien, le capitaine Duflair que tout ce petit monde doit se coltiner pour le meilleur et surtout le pire est aussi suivi d’une icône de policier.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, les personnages sont pourtant présentés, ce qui permet de se familiariser avec les six principaux protagonistes, donc chacun sait que Don Quichotte est un chien et le capitaine Duflair, un policier.
Autant de bizarreries qui ne fluidifient pas forcément la lecture. Toutefois, la question à se poser est de savoir comment les enfants perçoivent cela.

En effet, « Ramdam au musée » n’est pas pour les adultes, car les ficelles y sont trop grosses. Loin de montrer l’exemple, mamie Jo se moque des forces de l’ordre, en la personne du capitaine Duflair. Le choix de son nom n’est pas innocent et va à l’encontre de ses prédispositions proches du zéro absolu. Elle fait fi du danger, n’en fait finalement qu’à sa tête. Une intrépidité qui ne peut que plaire au public visé.
Il est un peu dommage qu’il soit fait référence à des artistes célèbres tels Matisse, Brueghel l’ancien... sans qu’il y ait de renvois pour développer brièvement le sujet.

« Mamie Polar » s’adresse à un jeune public qui pourra s’identifier aux enfants de son âge qui en sont les protagonistes et rêver d’une mamie dynamique, toujours prête à tout pour contenter ses petits-enfants. Et ceux-ci ont bon cœur comme le démontre leur solidarité envers un SDF, une personne que beaucoup ont la fâcheuse tendance d’ignorer.
En même temps que « Ramdam au musée » est paru « Fallait pas toucher à l’école de mamie Jo ! ».


Titre : Ramdam au musée
Série : Mamie Polar, tome 1
Auteur : Régis Delpeuch
Couverture et illustrations intérieures : Caroline Ayrault
Éditeur : Scrineo
Collection : Jeunesse
Site Internet : fiche du roman
Pages : 160
Format (en cm) : 19 x 13
Dépôt légal : mars 2017
ISBN : 9782367404523
Prix : 8,90 €



Pour écrire à l’auteur de cet article :
[email protected]


François Schnebelen
10 avril 2017






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