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Alice in Murderland (T2 et 3)
Kaori Yuki
Pika

Ayant perdu l’avantage du terrain, Claire tend un nouveau piège à Stella, devenue dans ce moment de grand stress la terrible Alice. Elle a préparé un horrible dilemme pour sa sœur : Claire a attaché leur petit frère Melm au-dessus d’une pièce remplie d’épingles. Le petit garçon dans son costume d’ourson n’est retenu à sa balançoire que par un mince fil. Claire est persuadée d’avoir élaboré le piège ultime pour la pauvre Stella, qui ne souhaite aucunement mettre en danger son petit frère et voir mourir une nouvelle personne. La jeune fille ne peut oublier qu’elle a déjà tué un de ses grands frères. Mais d’un autre côté, Alice ne peut se mettre en danger et surtout, elle a découvert le point faible de ce petit stratagème. Et l’intervention des lapins noirs ne fait rien à l’affaire, Alice a trouvé la faille et elle va s’y engouffrer. Dans le manoir les parents Kuonji poursuivent leur petit jeu d’échec, plaçant leurs pions et jouant avec les divers participants, en particulier celui qui peut être le plus imprévisible : leur fils ressuscité. Mais qu’est réellement devenu Zeno ?



Décidément, Mare en veut à mort à la pauvre Stella. Sa haine est telle qu’elle implique dans ce conflit leur sœur, Miser. Sans la moindre hésitation, elle assassine elle-même le petit ami de sa sœur aînée et laisse suffisamment de preuves pour faire accuser Stella. Encore une fois, la jeune fille se retrouve dans une situation embarrassante, surtout que Stella devait aider sa grande sœur à fuir le domaine familial avec son amant. Maintenant, les cartes sont totalement rebattues. De son côté, Miser n’a plus qu’une idée en tête : réussir là où son père a échoué, faire revenir les morts à la vie. Malheureusement pour Miser, elle réussit bien, au-delà de ses espérances car son petit ami revient certes à la vie mais surtout sa véritable personnalité éclate au grand jour. En réalité, il n’a jamais aimé Miser, bien au contraire, il a utilisé la naïveté de la jeune femme pour s’en approcher et pouvoir remplir sa mission : la tuer ! Cette révélation est un véritable choc pour Miser qui choisit alors de se replier sur elle-même et de tuer quiconque s’approchera d’elle. Mais elle ignore encore que son véritable prétendant est déjà devant le portail du manoir.

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Pas besoin de sortir de polytechnique pour comprendre la logique qui sera celle de Kaori Yuki dans les tomes qui suivent le tout premier. La pauvre Stella doit affronter ses frères et sœurs les uns après les autres pour devenir la seule et véritable héritière de la famille Kuonji. Et pourtant, notre héroïne ne souhaite aucunement tuer qui que ce soit et la mort de son grand frère Sid s’avère plus proche d’une réaction de son instinct de survie que d’un geste délibéré. Le combat contre Claire ne fera que confirmer cette impression puisqu’en réalité, ce ne sera pas Stella ni même Alice qui donnera le coup fatal à la grande sœur. La logique voulait également que chaque protagoniste incarne un personnage de conte : Stella est Alice, Claire est le Petit Chaperon Rouge. Les affrontements se veulent violents, ce qui dénote avec le classement de cette série comme un shojo. Rares sont ceux où la violence atteint de tels niveaux, les éditeur préférant vite les reclasser en shonen. Il faut dire que les histoires de cœurs se multiplient rapidement, rendant malheureusement l’histoire un peu confuse. A force de jouer sur les retournements de situation et les sentiments des plus changeants des personnages, Kaori Yuki n’aide pas à focaliser le lecteur, qui sera certainement plus masculin que féminin et qui n’adhère pas spécialement aux codes du shojo.

Le tome 3 sera dédié à Miser, notre docteur Frankenstein du moment. La jeune femme ne pense qu’à ressusciter les morts et à se trouver un petit ami. Deux occupations qui semblent avec du mal à se coordonner, provoquant une magnifique schizophrénie chez la demoiselle. Mais difficile de ne pas parler de Mare à ce moment précis. Ce garçon, qui s’habille en fille non seulement pour se différencier de son jumeaux mais également pour montrer une certaine haine de la gente masculine. Il jouera le rôle de la manipulatrice, provoquant la perte de raison de Miser et cherchant à ce que ses deux sœurs s’entre-tuent. Le personnage de Miser s’avère très développé, le lecteur découvrant dans des flash-backs son passé mais surtout ses sentiments profonds. C’est en fait la première fois que Kaori Yuki s’attarde autant sur un personnage autre que Stella. On sent évidemment que Miser ne va pas quitter rapidement l’histoire et que Kaori Yuki compte en faire la première survivante d’un combat face à Alice. Deux camps prennent formes : la fratrie refusant les règles du jeu pervers des parents Kuonji et la fratrie aimant tuer. Au milieu se retrouvent des serviteurs aux comportements pas toujours bien cohérents... sans oublier le terrible défaut d’un dessin influencé par le shojo, c’est-à-dire le peu de variété dans les traits des personnages qui se confondent beaucoup les uns avec les autres. Encore une fois, cela pénalise la lecture mais rend aussi certaines scènes difficilement compréhensible du premier abord.

Si l’action est le point positif de la série, “Alice in Murderland” s’avère trop fouilli et pourrait finir par dégoûter une partie du lectorat masculin. Et j’ai du mal à croire que le lectorat féminin prendra alors le relais.


Alice in Murderland (T2 et 3)
- Auteur : Kaori Yuki
- Traduction : Léa Le Dimma
- Éditeur français : Pika
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 180(T2) et 178(T3) pages
- Date de parution : 7 septembre et 30 novembre 2016
- Numéro IBSN : 9782811625603 ; 9782811631703
- Prix : 7,20 €


A lire sur la Yozone :
Alice in Murderland (T1)


KAKEI NO ALICE © 2014 Kaori YUKI/ Kodansha Ltd.
© Edition Pika - Tous droits réservés



Frédéric Leray
26 mars 2017






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