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Berserk (T38)
Kentaro Miura
Glénat

Le monde a changé. Depuis l’avènement du Faucon de Lumière et la défaite du démon qui tyrannisait le peuple Kushan, la capitale du royaume est devenu Falconia, une cité titanesque, dont la hauteur des portes aurait pu contenir l’ancien château royal. La cité blanche est à la démesure de son nouveau suzerain. Rickert n’en croit pas ses yeux en pénétrant dans la cité en compagnie de migrants. Car les humains ne sont plus en sécurité sur les terres du royaume. Les trolls, les ogres sèment la terreur et le seul refuge pour les paysans et les habitants des village n’est autre que cette cité hors normes. Et ce n’est pas la place qui manque, les portes sont grandes ouvertes pour le peuple, qui ne risque plus rien une fois passé ces murs qui semblent inébranlables vu leur taille et leur épaisseur. Toutefois, l’arrivée de Rickert n’est pas passé inaperçue et un comité vient accueillir celui qui est l’un des rares survivants de la troupe du faucon, un des rares à connaître l’ancien Griffith.



Dans la cité, Rickert, sa sœur Erika et les villageois qui l’accompagnent sont logés chez Luka. Son auberge les accueille le temps qu’on leur attribue un vrai logement. La jeune tenancière est aidée par un étrange vieillard capable de parler aux chevaux mais surtout possédant de mystérieuses créatures dans une grange. Sans le gigantisme de la ville, Rickert pourrait penser que ce lieu est le havre de paix qu’il recherche depuis si longtemps. Acceptant l’invitation de Griffith, Rickert découvre une autre face de la cité : la ferveur religieuse pour le Faucon de Lumière. Rickert est témoin d’un véritable miracle. Accompagné de la vestale, Griffith permet aux parents de défunts de pouvoir voir une dernière fois leur parents. Grâce à lui, chacun sait que l’âme ne meurt pas et qu’il existe une autre vie après la mort. Mais le général Locus souhaite montrer une autre réalité au jeune homme. Laissant Griffith à ses obligations, le guerrier inhumain entraîne Rickert dans un lieu que les gardes humains refusent catégoriquement d’approcher : le Pandémonium. Une arène gigantesque où s’affrontent des guerriers-démons.

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Il a encore fallu attendre près de trois ans avant de tenir entre nos mains le nouveau tome de “Berserk”. Difficile de rester dans l’ambiance et l’atmosphère créées par Kentaro Miura avec de telles périodes sans la moindre page à se mettre sous la dent. Et c’est bien là le gros problème de cette série. Non seulement elle traîne en longueur en nombre de tomes mais elle traîne en longueur dans le temps : 13 ans sont déjà passés depuis le premier tome. Et comme pour marquer le coup, les éditions Glénat proposent une nouvelle publication du premier tome avec une nouvelle couverture qui fait le pendant de celle de ce tome 38 : un même Guts traversant les âges.

Mais comment se remettre dans cette saga après trois ans ? J’avoue ne plus avoir le courage de relire les tomes précédents, mais d’un autre côté, Kentaro Miura change de lieu pour son récit. Après avoir suivi quelques temps Guts et ses amis dans leur incroyable odyssée, nous revenons dans l’entourage de Griffith. Kentaro Miura va se faire un vrai plaisir à nous décrire la cité de Falconia. Elle est à la démesure de cette série et Miura nous offre encore une fois des doubles pages grandioses, des pleines pages hallucinantes avec une architecture de Falconia mélangeant bien des styles, principalement gothique flamboyant, avec une touche de temples grecs. Il faut admettre que le travail sur la structure de cette ville est impressionnant. Miura reste une bête de travail quand il s’agit de réaliser des dessins avec un niveau de détails dépassant l’imagination. C’est tout bonnement l’image de marque de cette série, et il faut avouer que pour débuter ce tome, l’histoire a quelque part peu d’importance car le personnage principale est tout simplement la capitale du Faucon.

Mais revenons quand même sur le récit qui se résume en fait aux retrouvailles entre Rickert et Griffith. Si notre jeune héros arrive un peu innocemment dans la cité du Faucon, il va rapidement prendre conscience de l’horreur que cache cette cité et la dictature sectaire instaurée par Griffith. Ce dernier a enfin créé sa cité, où il peut être vénéré tel un dieu. Mais un dieu des ténèbres car son ascension s’est faite dans le sang de la troupe du Faucon. La découverte que fera Rickert dans le Pandémonium marquera irrémédiablement la rupture entre les deux anciens amis. La réaction de notre jeune héros sera surprenante et provoquera sa chute car le seul maître dorénavant est le nouveau Faucon, le Faucon de Lumière qui a pris la place du Faucon Blanc. Mais surtout, Rickert n’a jamais pardonné la mort des membres de la troupe du Faucon et pour lui, la fidélité à ses défunts amis sera toujours plus forte que le reste, même que sa propre vie. Toutefois, Rickert va aussi se découvrir les plus improbables des alliés et il lui en faudra pour survivre aux guerriers-démons.

Ce tome finit par un retour avec Guts, alors qu’il arrive dans le monde des fées. Que réserve ce monde à Guts et ses amis ? La suite... dans trois ans...


Berserk (T38)
- Auteur : Kentaro Miura
- Traducteur : Anne-Sophie Thévenon
- Éditeur français : Glénat
- Collection : Seinen
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination : 212 pages
- Date de parution : 18 janvier 2017
- Numéro ISBN : 9782344009420
- Prix : 6,90 €


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Frédéric Leray
1er février 2017






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