YOZONE
Le cyberespace de l'imaginaire




Last Hero Inuyashiki (T2 et 3)
Hiroya Oku
Ki-oon

Pour tenter de redonner confiance en soi à son ami Choko, Hiro lui montre sa véritable nature : celle d’un robot. Toutefois,le garçon n’arrive pas à croire qu’il a vraiment vu le crâne de son ami s’ouvrir en deux. Alors pour lui donner des preuves de sa nature, Hiro l’emmène en ville et commence à lui montrer l’étendue de ses pouvoirs. Les premiers tests sont plutôt potaches, comme lorsqu’il change les chaînes des écrans d’un magasin de TV en les mettant tous sur une chaîne porno. Mais vite, Hiro passe à des démonstrations bien plus inquiétantes, tout d’abord en provoquant un carambolage monstre à un carrefour. Choko commence à perdre son sourire en découvrant les capacités extraordinaires du nouveau Hiro, et quand son ami lui propose de tuer ceux qui le harcèlent, il ne peut le croire. Et pourtant, le nouveau Hiro n’est plus un gentil garçon. Le soir, il prend plaisir à pénétrer chez de parfaits inconnus pour y abattre tous les membres de la famille. Toutefois, avant, il prend plaisir à les torturer psychologiquement.



Comment Fumiko s’est-elle fourrée dans ce cauchemar ? Elle avait pourtant une vie tranquille,travaillant dans un petit restaurant, amoureuse d’un garçon certes qui pouvait sembler insignifiant mais qui la rendait heureuse. Malheureusement, en cherchant un livre dans une librairie, elle tape dans l’oeil d’un yakusa. Et Samejima est un véritable monstre, un psychopathe prenant plaisir à droguer les femmes qui lui plaisent et les violer jusqu’à ce que mort s’en suive. Avec sa stature de géant, il est craint même au sein de son propre clan par les anciens. Alors quand il voit Fumiko, il la veut immédiatement. Kidnappée par ses sbires, elle se retrouve évidemment le soir même dans sa chambre. Seulement la dose de drogue s’avère insuffisante et la jeune fille parvient à s’enfuir en le blessant à la main. Mais en oubliant son téléphone chez le yakusa, elle n’imagine pas qu’elle les a condamnés, elle et son ami, du même coup... A moins qu’un héros puisse leur venir en aide, un vigilant, surveillant la ville dans les airs... ou en tout cas essaie de mieux maîtriser les mystérieux réacteurs se trouvant dans son dos. Car Inuyashiki compte bien sauver le plus de personnes possible grâce à ces incroyables capacités que lui fournit ce corps mécanique qui est devenu le sien.

JPEG - 70.8 ko

Après nous avoir présenté le héros de la série et sa transformation en robot, Hiroya Oku nous présente sa némésis, son parfait contraire en Hiro. Si Inuyashiki est un vieux monsieur qui a parfaitement gardé son sens de la morale et peine en fait à s’habituer à ses capacités de robot, Hiro est un lycéen qui va très mal tourner. Une opposition de génération qui n’est certainement pas un hasard. Hiro ne semblait pas être un garçon très social et le passage en robot a poussé ses penchants morbides à leurs extrêmes. Il est devenu un tueur froid, sadique, prenant plaisir à voir souffrir ses victimes, et peu importe l’âge ou le sexe, il tue sans réfléchir, sans se poser de questions. Hiroya Oku a créé un monstre digne des meilleurs slashers, un psychopathe sans la moindre émotion. Hiro est le parfait contraire de Inuyashiki, dans tous les sens du terme et plus effrayant, il possède la parfaite maîtrise de tous ses pouvoirs dont cette terrifiante faculté de tirer de mystérieux projectiles avec ses doigts. Hiroya Oku avait pourtant commencé par vouloir nous le rendre sympathique. Hiro venait au départ pour convaincre un camarade de revenir en cours, en lui promettant de le protéger contre ceux qui le harcelaient. Seulement sa solution est radicale : tuer les harceleurs. Cela aurait pu être toléré par des lecteurs avides de vengeance s’il n’avait pas massacré une famille juste avant, rendant sa pseudo vengeance totalement inefficace pour redorer son blason.

Le tome 3 est un peu différent des deux précédents. Son objet est en lien avec Inuyashiki : le vieil homme apprend peu à peu à utiliser tous les mécanismes de son nouveau corps et il se lance le défi de devenir un justicier, en mettant ses capacités au service du bien. Toutefois, il va devoir apprendre par lui-même et ce ne sera pas toujours une grande réussite. Il va aussi s’attaquer à des méchants de plus en plus dangereux. Si notre cher Inuyashiki commence par des petites frappes qu’il va facilement impressionner, ce sera une toute autre affaire quand il se retrouve devant un yakusa géant et véritable psychopathe. D’ailleurs, c’est le côté surprenant de ce tome 3, l’action est surtout focalisée sur la jeune Fumiko, au point que le lecteur se demande si elle n’est pas tout simplement un troisième androïde. Bon, la suite des événements enlèvera tout soupçon, mais c’est un choix scénaristique assez audacieux que d’introduire la nouvelle action héroïque de Inuyashiki en le mettant au second plan. Nous suivons le jeune couple dans leur descente aux enfers, devenus bien malgré eux les victimes de ce yakusa, utilisant les femmes comme de vulgaires poupées gonflables. Inuyashiki va découvrir qu’il ne peut pas affronter ce genre de monstre sans se donner à fond et il va malheureusement risquer la vie des deux jeunes en voulant trop jouer les héros irréprochables. Hiroya Oku commence son analyse de l’héroïsme et ses limites et cela pourrait s’annoncer des plus intéressants.

“Last Hero Inuyashiki” s’annonce comme une série intéressante, prenante et pleine de surprises grace à scénario loin d’être trivial et un dessin hyperréaliste de très haut niveau.


Last Hero Inuyashiki (T2 et 3)
- Auteur : Hiroya Oku
- Traducteur  : David Le Quéré
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 130 x 180 mm, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 194 pages
- Date de parution : 12 novembre 2015 et 11 février 2016
- Numéro ISBN  : 978-2-35592-886-4 ; 978-2-35592-916-8
- Prix : 7,90 €


A lire sur la Yozone :
Last Hero Inuyashiki (T1)


INUYASHIKI © Hiroya Oku / Kodansha Ltd.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
12 décembre 2016






JPEG - 19.8 ko



JPEG - 33.8 ko



JPEG - 24.7 ko



JPEG - 20.1 ko



JPEG - 28.9 ko



JPEG - 25.3 ko



WebAnalytics