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Vie en Doll (La) (T1 et 2)
Junya Inoue
Glénat Manga

Kasumi est une jeune fille plutôt réservée pour ne pas dire totalement asociale. Elle est devenue la souffre-douleur de la peste de sa classe, qui est bien sûr la fille la plus populaire chez les autres. En fait, Kasumi n’a qu’une seule amie dans toute l’école : Emi. Et elle est également secrètement amoureuse du beau Muteki, mais jamais elle n’aura le courage de le lui dire. Kasumi vit seule avec sa mère qui ne s’occupe plus vraiment d’elle depuis que son père a disparu en Europe. Alors quand elle reçoit un colis de ce dernier, elle a de quoi être des plus surprises : une boite contenant une bague et un petit miroir. Mais après avoir essayé la bague, elle ne parvient plus à la retirer. Pire que cela, en regardant fixement le miroir, son esprit semble s’échanger avec celui de son reflet. Et la nouvelle Kasumi est forte et fière, n’hésitant pas à déclarer sa flamme à Muteki. Seulement, une organisation secrète est à la recherche des deux artefacts envoyés par le père de Kasumi. Pour cela, ils ont avec eux des tueuses sans pitié, pourvues également de bijoux de la Reine : les Vierges.



La vie tranquille de Kasumi est devenue un cauchemar depuis qu’elle est entrée en possession des deux artefacts de la Reine. Et pire que tout, son double a tout simplement tué sa meilleure amie. Toutefois, un membre de l’organisation a choisi de passer de son côté, ne supportant pas de voir torturées ainsi de jeunes filles. Car pour porter un des huit bijoux de la Reine, il faut une jeune fille vierge d’où leur nom. Kasumi est devenue l’une des leurs par hasard et cela ne suffira pas pour qu’elle garde la vie. Car si elle est parvenue à vaincre la détentrice du bracelet, ses chances sont très faibles face à Hanna, la détentrice de l’éventail et du diadème de la Reine. Il faut dire que chaque bijou est une arme entre les mains de ces demoiselles qui ne vivent que pour obéir aux ordres de leur maître et de leur organisation. Hanna revient d’une sanglante mission au Moyen-Orient et affronter une simple jeune japonais tombée par hasard sur les bijoux de la Reine ne devrait n’être qu’une formalité. Mais c’est mal connaitre le double de Kasumi...

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Junya Inoue abandonne donc les îles désertes et les jeux vidéos meurtriers pour se tourner vers un nouvel univers : les objets magiques et surtout une nouvelle forme de Magical Girl. Le genre a été bien revu depuis Sailor Moon avec des mangas particulièrement déjantés, comme par exemple la très bonne série Puella Magi, Madoka Magica ou les terrifiantes Magical Girls of the End. Toutefois, si Junya Inoue part des classiques objets magiques, il ne crée pas avec elles des super héroïnes ou des super vilaines indépendantes et souhaitant réciproquement sauver le monde et le dominer. En fait, par le style vestimentaire très gothique et le côté assujetti de celles qu’il nomme les Vierges, l’histoire de “La Vie en Doll” nous ramène également vers la série Rozen Maiden. Comme pour Btooom !, l’héroïne de Junya Inoue est mêlée bien malgré elle aux activités obscures d’une organisation cherchant ni plus ni moins qu’à dominer le monde. Kasumi n’a rien de la super-héroïne, bien au contraire et elle ne le sera jamais vraiment. En réalité grâce à un des artefact entré par hasard (merci papa) en sa possession, elle va libérer un double d’elle-même, pas vraiment son côté obscur mais plutôt son côté désinhibé. Le premier tome va mêler quiproquos venant de cette double personnalité et des combats encore une fois démesurés. Et pour cette série, finie l’île déserte où des joueurs peuvent se massacrer en toute tranquillité, nous sommes en pleine ville et l’apparition de jeunes filles gothiques pouvant voler ne passera pas longtemps inaperçue.

Car très vite, l’action va prendre ses droits sur la série. Les mangas de Junya Inoue ont tous un rythme soutenu, avec peu de moments de pause ou uniquement pour donner une information pratique au lecteur pour qu’il ne soit pas seulement immergé dans une zone de guerre. Ce sera également le cas ici. Les pauses permettront d’en savoir plus sur la nature des Vierges et des bijoux de la Reine. Nous en saurons un minimum également sur notre pauvre Kasumi, mais son père demeurera dans l’ombre, ne pointant son nez que par l’intermédiaire d’une vieille photo. L’enjeu est des plus simples : l’organisation doit récupérer la bague de la Reine et son miroir et pour cela, elle dispose de sept vierges. Attention, Junya Inoue n’est pas du genre à proposer un scénario basique avec seulement une Vierge par tome. En fait, nous allons en connaître pas moins de quatre sur les sept en ces deux premiers tomes. Le design des Vierges est typique des lolitas gothiques que l’on retrouve dans les séries précitées, mais avec ce petit plus qu’apporte le trait assez caractéristique de Junya Inoue. Son dessin est toujours très riche, que ce soit par les tenues, les décors. Ses personnages sont toujours aussi expressifs et surtout parfaitement identifiables, ce qui est une énorme qualité lors de combats. Je suis toujours fan de ce style, certes clairement travaillé par ordinateur, permettant un rendu impeccable. Mais cela rend également ses personnages particulièrement attachants.

Encore une fois, Junya Inoue nous séduit, même si son sujet est plus classique de les précédents. Mais son talent permet de donner ce petit plus qui met ses séries toujours dans le top du genre.


La Vie en Doll (T1 et 2)
- Auteur : Junya Inoue
- Traducteur : Djamel Rabahi, Isaki Tamiuchi, archi Voice Inc.
- Éditeur français : Glénat Manga
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination : 228 pages
- Date de parution : 21 septembre et 16 novembre 2016
- Numéro ISBN : 978-2-344-00641-2 ; 978-2-344-01486-8
- Prix : 7,60 €


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Frédéric Leray
30 novembre 2016






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