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Yesterday’s gone - au sanctuaire
Sean Platt et David Wright
Fleuve, Outre Fleuve, traduit de l’anglais (États-Unis), science-fiction / fantastique feuilletonesque, 219 pages, novembre 2016, 11,90€

Six saisons déjà en langue originale, soit un nombre considérable d’épisodes pour la série « Yesterday’s gone » de Sean Platt et David Wright, deux auteurs œuvrant au sein du collectif Inkwell, dédié à la résurrection du feuilleton littéraire nourri aux ingrédients dits « addictifs » du feuilleton télévisé. Des épisodes d’une centaine de pages (chaque volume de l’édition française en regroupant deux) découpés chacun en une douzaine de chapitres et initialement publiés sur le réseau, mais avec également une version papier. Ci-dessous le point sur le cinquième volume, qui, avec les épisodes 8, « Chute de neige », et 9 « Vague de froid », poursuit la « saison 2 ».



Une fois encore, impossible d’aborder ce volume sans un bref résumé des épisodes précédents. Aux Etats-Unis, ici et là, des personnes se sont réveillées un beau matin pour découvrir que la quasi-totalité de la population avait disparu. Confrontés à de anomalies, poétiques, épouvantables, ou simplement incompréhensibles, les rescapés tentent de s’organiser ou, au contraire, s’entretuent. Parmi les anomalies les plus dangereuses : d’immondes aliens prédateurs, dont on se demande s’ils ne résultent pas de la métamorphose des personnes disparues, qui errent en bandes et attaquent les humains. Parmi les plus étranges, des lieux qui semblent s’être subtilement modifiés, des rêves prémonitoires, et Luca, un enfant doté de pouvoirs impossibles. Mais aussi un bien étrange prédicateur nommé le Prophète, et, pour alimenter la théorie du complot, une organisation de type gouvernemental parfaitement organisée dont les membres semblent en savoir plus que les quelques « survivants » qui errent ici et là à la recherche de leurs proches, de sécurité, ou tout simplement d’explications. Reste à savoir si ce monde est bien celui qu’il paraît être.

De surprises, des bonnes, des mauvaises. L’explication que Keenan donne à Foster du stupéfiant cliffhanger du volume précédent pourrait le rassurer, mais donne également le vertige. Certains des dangers auxquels se trouve confronté Charlie Wilkens ne sont ni humains ni même humanoïdes, et laissent entendre que d’autres entités, capables de régir la nature elle-même, sont à l’œuvre – et qu’elles ne sont pas particulièrement bienveillantes. Quant au jeune Luca Harding, ses rencontres avec le surnaturel se poursuivent à rythme régulier.

On suit donc outre les aventures de Luca, de Mary Olson et de ses compagnons dans le sanctuaire du prophète fou à Kinglsand (Alabama), celles de Charlie Wilkens et Callie Thompson en Géorgie, de Ryan Olson à Brookdale (Tennessee), assiégé tour à tour, en compagnie de Carmine et de son grand père, par des prédateurs aliens et humains, de Keenan et Brent Foster tout d’abord à Black Island (New York) puis à travers d’autres états. De nouveaux personnages apparaissent, d’autres quittent le monde de Yesterday’s gone de manière brutale, d’autres encore survivent comme par miracle.

Si le volume précédent, avec les épisodes « Sanctuaire » et « Les Disparus », donnait l’impression de marquer le pas, c’était en raison de retours sur le passé et de l’arrivée dans la série, jusqu’alors originale, de l’inévitable poncif du post-apocalyptique made in America, à savoir la confrérie de religieux fanatiques, ou tout au moins dramatiquement psychorigides. On a ainsi droit dans ce cinquième tome à des scènes à vrai dire assez convenues d’intolérance et de perversité religieuses, dont on espère qu’elles préparent à quelque surprise : connaissant les auteurs, on devine que ce ne sont pas là de purs chapitres de remplissage.

Reste que malgré la multiplicité des personnages et des lieux ce cinquième volume, comme le précédent, donne par moments l’impression de tourner en roue libre. Pas d’avancée majeure dans l’intrigue, mais une succession de scènes déjà trop déclinées, d’une certaine manière, dans les volumes précédents. Ainsi les chapitres consacrés aux d’attaques d’aliens tendent-elle à revenir de manière métronomique. Il en est va de même avec ceux qui mettent en scène la cruauté du serial killer : non seulement ils n’apportent rien à l’histoire, mais en sus lui donnent des aspects inutilement racoleurs.

On admettra tout de même que l’idée amenée par le chapitre avec la tornade est joliment trouvée, que le fait que les hommes en noir ne soient pas une équipe mais deux, l’une à Black Island, l’autre à Black Mountain, et manifestement – pour des raisons inconnues – rivales ou en concurrence laisse présager des développements intéressants. Et il est vrai que les auteurs, fidèles à leur habitude, s’entendent à en révéler un peu mais pas trop, histoire de maintenir intacte la curiosité d’un lecteur qui aimerait bien, déjà, avoir accès aux volumes à venir. On suivra donc les prochaines aventures de « Yesterday’s gone », même s’il faut attendre quelques mois pour en savoir plus.

Titre : Yesterday’s gone : au sanctuaire (Yesterday’s gone – season 2 – episodes 3 & 4, 2013)
Série : Yesterday’s gone (Yesterday’s gone), Saison 2, épisodes 3 & 4
Auteur : Sean Platt et David Wright
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Hélène Collon
Éditeur : Fleuve
Collection : Outre fleuve
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 218
Format (en cm) : 13,8 x 20,8
Dépôt légal : novembre 2016
Prix : 11,90€



Sean Platt et David Wright sur la Yozone :

- « Yesterday’s gone - Le jour où le monde se réveilla désert »
- « Yesterday’s gone - Aux frontières du possible »
- « Yesterday’s gone : L’avènement de la Chose »
- « Yesterday’s gone : Le prophète »


Hilaire Alrune
3 janvier 2017






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