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Brigade du Rail (La) (T4) L’inconnue du Paris-Marseille
Frédéric Marniquet, Olivier Jolivet et Rémi Le Capon
Dupuis-Zephir BD

C’est avec délectation que je me suis lancé dans la découverte de ce tome 4 des aventures de l’inspecteur Granville et de son comparse Pigagniole qui m’ont fait insensiblement penser au couple San Antonio - Béru.



Cette histoire, qui s’inscrit dans l’évocation de l’univers des chemins de fer des années 60 par le biais d’intrigues policières, s’articule autour du drame qui se déroula le 23 juillet 1962 sur le viaduc de Velars-sur-Ouche près de Dijon, où dérailla le train Paris-Marseille, faisant 39 morts et 47 blessés.
L’origine de la catastrophe ne fut jamais vraiment élucidée. Il y eut l’hypothèse d’un attentat commandité par l’OAS, mais aucune preuve n’abonda dans ce sens. Rapidement, une explication fut pourtant fournie et retenue dans le rapport d’enquête définitif de la SNCF : selon les experts, les rails se seraient dilatés sous l’effet de la chaleur, torride ce jour-là. Cette version sera confirmée par le conducteur de l’express 53 qui affirmera avoir « vu les voies s’écarter à la sortie de la courbe ». L’enquête en restera là.

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Frédéric Marniquet au stylo et Olivier Jolivet au crayon exploitent habilement dans cet album les zones d’ombres qui entourèrent ce drame et toutes les spéculations qui furent émises pour l’expliquer, jusqu’aux agissements de sectes sataniques liées aux « Portes du Diable ». Vestiges mystérieux situés à proximité du site du viaduc, ces portes seraient censées être maléfiques, des légendes diverses et variées s’étant répandues à leur sujet. Si on passe devant en voiture, le moteur s’arrête, une dame blanche apparaît, le chien du diable aussi, des visiteurs s’évaporent,... La légende veut que si on entre par une porte et qu’on ressort par la même et non par l’autre, le malheur s’acharnera sur nous.

Ajoutons à ce cocktail la cavale et le désir de vengeance d’une vieille connaissance de l’inspecteur Granville, et vous aurez tous les ingrédients d’une histoire passionnante, bien menée, aux nombreux rebondissements. Les tempéraments des héros – j’évoquais San Antonio et Béru – méritent que l’on s’y attarde. Grandville semble brut de fonderie mais sa perspicacité, sa témérité et sa ténacité en font un personnage sympathique malgré son humour froid. Les seconds couteaux ne sont pas mal également. Il y a beaucoup de soin apporté au traitement des situations, des dialogues, des anecdotes qui émaillent ce récit.

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Mention spéciale au superbe dessin d’Olivier Jolivet, mis en couleur avec talent par Rémi Le Capon. Précis, juste, évocateur, le trait de Jolivet restitue avec bonheur l’allure de ces machines merveilleuses qui arpentèrent les rails français durant l’époque dite III, celle précisément des années 50 à 60. Cette atmosphère des « trente Glorieuses » est distillée avec bonheur à chaque page, ce qui prouve qu’un travail sérieux de documentation préalable a été mené.

Cet album est un régal mais il semblerait que ce soit le dernier. Dommage de couper les ailes d’une série au moment où elle prend véritablement son envol.


(T4) L’inconnue du Paris - Marseille
- Série : La Brigade du Rail
- Scénario : Frédéric Marniquet
- Dessins : Olivier Jolivet
- Couleurs : Rémi Le Capon
- Éditeur : Dupuis-Zéphir BD
- Format : 233 x 213.
- Pagination : 64 pages couleurs
- Dépôt Légal : 4 mars 2016
- Numéro ISBN : 978-2-36118-521-3
- Prix public : 14 €


Illustrations © Olivier Jolivet et Éditions Dupuis/Zéphir (2016)


Didier Reboussin
21 novembre 2016






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