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Sayonara Football (T2)
Naoshi Arakawa
Ki-oon Shonen

Profitant de la mi-temps, Nozomi prend la place de son frère dans l’équipe. Leur ressemblance et un petit ajustement de la coiffure devrait pouvoir donner le change. Mais cela ne trompe ni ses coéquipiers, ni Namek qui la reconnait dès les premières minutes. Seulement, le jeune homme ne compte pas lui faire de cadeau, bien au contraire : si elle veut jouer avec les garçons, elle sera traitée comme le reste de son équipe. Et la puissance physique de Namek met très vite Nozomi en difficulté. Non seulement, elle ne parvient pas à le passer mais elle perd tous ses duels face à l’intraitable défenseur de l’équipe d’Egami-Nishi. Il est loin le temps où ce n’était qu’un petit gamin pleurnicheur, capable de chercher à avaler une quantité monstrueuse d’œufs pour l’impressionner, ce qui lui valut le fameux surnom de Namek. Et comble de l’outrage, profitant d’un contre, Namek parvient à marquer le premier but de la partie...



Sale coup pour l’équipe de Nozomi, ce but arrive au pire moment, et non seulement les équipiers de la jeune fille ne parviennent pas à mettre en danger leur adversaire, mais avec ce but d’avance, l’équipe de Namek joue à fond la défense et le contre. Le catenaccio, un style de jeu qui fut prôné par les équipes italiennes : laid à voir mais très efficace. Un style idéal pour une équipe à la base défensive menant au score. Mais c’est mal connaitre Nozomi que de penser qu’elle se laisserait désarçonner aussi facilement. Bien au contraire, mettant de côté son stupide ego, la jeune fille réalise enfin que sa guerre contre Namek met en fait en danger l’équipe et si son ancien ami est devenu physiquement bien supérieur à elle, elle va prouver à tous ces footballeurs comptant principalement sur leur force et un jeu très rugueux que sa supériorité technique est bien plus efficace. En changeant radicalement de style de jeu, refusant la confrontation directe avec la défense adversaire et en jouant plus collectif, Nozomi déboussole totalement ses adversaires, qu’elle finit par ridiculiser en utilisant contre eux un panel incroyable de gestes très techniques. Seulement la finition n’y est pas et le score reste inchangé...

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Suite et fin de cette mini-série dédiée au football. Ce second tome sera exclusivement composé de la seconde mi-temps du match où s’opposent Nozomi et Namek, le tout parsemé de flash-back nous racontant la première rencontre entre les deux personnages et des moments clés de leur enfance. Mais au-delà du match, Naoshi Arakawa veut absolument faire passer sa grande morale, qui est assez typique du shonen : seul le travail permet de progresser et la force brute ne gagne pas toujours. Mais ce qui est aussi intéressant dans son histoire est que les deux personnages principaux qui s’affrontent sont les incarnations même de l’esprit du shonen. Namek n’avait rien pour être un grand footballeur, étant plutôt un petit gringalet enfant, et pourtant, à force d’entrainement et de dur labeur, il est parvenu à se sculpter un vrai physique d’athlète et enfin pouvoir affronter celle qu’il appelle encore « chef », Nozomi. Mais la jeune fille a aussi tout à prouver et d’abord qu’elle est toujours capable de battre celui à qui elle a donné l’amour du football. Ce sera alors une opposition de styles : très physique voir rugueux avec Namek et très technique avec Nozomi. Chacun incarne une face du shonen et surtout de l’exemple entre guillemet à suivre pour un jeune, lui prouvant que tout est possible avec de l’abnégation.

Toutefois, attention, en voulant démontrer que la force brute ne suffit pas pour gagner, Naoshi Arakawa part un peu dans l’excès car nombre de fautes commises sur Nozomi sont passibles d’un coup de sifflet de l’arbitre voire de nombre de cartons,et il est même étonnant que Namek n’écope que d’un jaune sur sa « plus sévère faute » sur Nozomi. On est plus proche d’un arbitrage à l’anglaise, qui a tendance à être plus laxiste, mais entre les obstructions (éjecter le joueur du ballon est une faute, cher Naoshi) sans parler des tacles avec des pieds à une hauteur honteuse, l’équipe de Namek aurait pu sans le moindre étonnement finir à 9. La faute qui lui vaudra un jaune mérite un beau rouge surtout dans la position de Nozomi. Bon, certes Naoshi Arakawa avait sa démonstration à faire mais il ne faut pas non plus laisser penser à un jeune public que jouer façon bulldozer est autorisé sur un terrain de foot, surtout qu’à l’âge des protagonistes, les arbitres sont souvent plus sévères car une blessure à cet age peut s’avérer catastrophique et préserver l’intégrité des joueurs est primordial. D’ailleurs, comparée aux fautes non sifflées des coéquipiers de Namek, celle qui le sera du coéquipier de Nozomi est particulièrement sévère, surtout vu la conséquence du coup de sifflet de l’arbitre... A croire qu’il était acheté celui là ! Bon, je sais ce n’est pas bien de critiquer les arbitres, mais quand même !

Allez, ce diptyque, s’il n’est pas parfait, fait passer un bon moment et tombait à pique cet été.


Sayonara Football (T2)
- Auteur : Naoshi Arakawa
- Traducteur  : Thibaud Desbief
- Éditeur français : Ki-oon
- Format : 115 x 175, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 224 pages
- Date de parution : 7 juillet 2016
- Numéro ISBN  : 978-2-35592-974-8
- Prix : 6,60 €


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SAYONARA FOOTBALL © Naoshi Arakawa / Kodansha Ltd.
© Edition Ki-oon - Tous droits réservés


Frédéric Leray
19 septembre 2016






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