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Killer Instinct (T2 et 3)
Michio Yazu et Keito Aida
Tonkam

Yumi est parvenue à étrangler Toshio en se jetant dans la cage d’escalier. Mais maintenant, elle se retrouve suspendue par les poignets au dessus du vide. Et même si un seul étage la sépare du sol, elle pourrait se blesser gravement. Reiji a du mal à se faire à la vue du cadavre de Toshio. En fait, un seul membre du groupe semble vraiment s’amuser de la situation : Yukitoshi. Pour lui, le kodoku a bel et bien commencé et la jeune Yumi s’avère des plus prometteuses. Mais il ne souhaite pas la laisser chuter sans rien faire et avec l’aide de Reiji, il parvient à déplacer le corps le long de la rambarde de l’escalier afin de libérer la jeune femme. Et sa première parole est pour Akane : c’est pour la protéger elle, que Yumi a tué ce psychopathe pervers. Mais Akane ne le voit pas de la même façon. Elle sent le danger émanant de la folie naissante chez Yumi. Elle choisit alors une nouvelle option : séduire Reiji et le convaincre de coucher avec elle. Ce qui ne s’avère pas des plus compliqués...



Chaque prisonnier dans cette école désinfectée semble avoir un crime à se faire pardonner et si personne ne leur vient en aide, la raison en est des plus simples : leurs kidnappeurs font partie des forces de police. Et chacun de leurs faits et gestes est surveillé de prêt. Mais pourquoi les avoir réunis ? Yumi était-elle présente pour avoir causé la mort de son amante infidèle ? Et Taichi, le gros porc pédophile, serait-ce pour avoir étranglé une petite fille qui l’avait pris en pitié et dont il était tombé amoureux ? D’un bien étrange amour. En tout cas, Reiji découvre le vrai visage de Yukitoshi. Non seulement ce salaud a poussé Yumi à vouloir le tuer mais il lui a également volé Akane. Les prendre en flagrant délit, en train de baiser, Reiji en est fou de rage, mais Yukitoshi reste toujours aussi indifférent à leur sort, prenant juste plaisir à participer à ce jeu pervers dans lequel il devient un élément provocateur, poussant les autres au plus profond de leurs vices. Mais à trop pousser Reiji dans ses derniers retranchements, il se retrouve propulsé par le jeune homme dans les escaliers, évitant par miracle de se rompre le cou.

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Le premier tome de “Killer Instinct” avait posé les personnages et le huis clos où allait se passer la partie de massacre en mode kodoku. Nous commencions à voir les alliances possibles entre les personnages, mais c’était sans compter sur la perversion intrinsèque à Yukitoshi qui va jouer un Monsieur Loyal morbide, provoquant les conflits qui doivent révéler le fameux instinct meurtrier de chaque belligérant. Et surtout, le deuxième tome va marquer une accélération dans les événements. Ce deuxième volume est crucial dans cette histoire bien malsaine à souhait. Tout d’abord, nous découvrons rapidement qui est à l’origine de l’enlèvement et la raison profonde de ce jeu. Car nos cinq protagonistes (Toshio étant rayé des cadres) ont tous du sang sur les mains, et Michio Yazu nous révèle peu à peu quel crime ils ont commis. Difficile de trouver l’un des cinq sympathiques, bien au contraire, le lecteur en vient même a estimé que ce qui leur arrive est quelque part mérité. Seule la jeune Michika reste un mystère pour le lecteur. Non pas qu’elle dénote avec le reste du groupe, elle est tout aussi malfaisante que les quatre autres, mais le lecteur ignore pourquoi elle se retrouve au milieu de ce groupe dont chaque membre devrait pourrir en prison.

Tout est fait pour que les protagonistes pètent les plombs : la faim, la fatigue, et les perfidies de Yukitoshi font que les alliances ne sont que des feux de paille. Deux jours seulement se seront écoulés pendant les trois tomes et déjà le carnage est à son optimum et la fin du troisième tome laisse penser qu’il ne restera pas grand monde en vie ou même en état correct dans le prochain tome. C’est là où Michio Yazu est fort car il parvient à rendre crédible la folie de ses personnages tout simplement par leur condition de détention et les jeux psychologiques dont ils sont les victimes. Les deux tomes jouent également avec la limite de l’hentai, les manga porno, et l’interdiction aux moins de 16 ans imposé par les éditions Tonkam se justifie parfaitement. C’est le personnage d’Akane qui introduit (et c’est peu dire) l’élément sexuel dans l’histoire, car elle va utiliser le sexe comme une arme et un moyen de se nourrir (non, je ne rigole pas). Mais aussi paradoxale que cela puisse paraître, alors qu’elle est une manipulatrice de première, Akane est certainement la plus acceptable du lot, car son histoire nous fait quelque peu relativiser sa culpabilité dans toute cette affaire. Reiji devient de plus en plus sombre et surtout, en découvrant son passé récent, une certaine nausée peut nous prendre et finalement, nous faire regretter que Yumi ait raté son coup, même si la jeune fille ne vaut pas vraiment mieux.

C’est bien cela qui est le grand paradoxe de cette série où le lecteur en vient presque à espérer qu’ils vont tous s’entretuer dans cette école désinfectée, tous ces insectes venimeux qui ne méritent aucunement de retrouver la liberté. Le tome 4 pourrait s’avérer d’anthologie !


réservé à un public averti de 16 ans et plus

Killer Instinct (T2 et 3)
- Scénario : Michio Yazu
- Dessins : Keito Aida
- Traducteur  : FabienNabhan
- Éditeur français : Tonkam
- Collection : Young Manga
- Format : 127 x 182 mm, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 25 mai et 6 juillet 2016
- Numéro ISBN  : 978-2-7560-7666-9 ; 978-2-7560-7667-6
- Prix : 7,99 €


A lire sur la Yozone :
Killer Instinct (T1)


© Keito Aida / Michio Yazu FUTABASHA PUBLISHERS LTD.
© Edition Tonkam - Tous droits réservés


Frédéric Leray
16 septembre 2016






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