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YozoneLittérature Critiques Jeunesse

Copain de la fille du tueur (Le)
Vincent Villeminot
Nathan, romans (France), amour et fantastique, 264 pages, aout 2016, 16,95€

Dans un lycée huppé suisse, Charles est le vilain petit canard. Pas de parents richissimes et/ou trempant dans des affaires louches : il est le fils du poète national, fraîchement honoré du Nobel et agonisant. Le voilà proposant de loger Touk-E, fils de dictateur africain, après que ce dernier a légèrement mis le feu à son appartement d’étudiant. Les deux jeunes deviennent frères d’armes, lucides et désabusés sur leur situation, chacun tirant l’autre vers le haut : Charles pousse Touk-E à sortir de son j’m’en-foutisme, Touk-E dévergonde Charles et le fait sortir de sa coquille. Et côte à côte dans l’équipe de foot du lycée.
Et puis un jour arrive une fille, blonde, belle comme un ange. Avant même de donner son prénom, Selma, elle balance son pedigree : fille de narcotrafiquant. Et pas sa langue dans sa poche, répondant aux profs sur le même ton que nos deux coloc.
Et Charles est sous le charme.
Mais... Mais il y a beaucoup de mais :
... elle ne se laisse pas approcher.
... le père de Charles est sur le point de mourir.
... son père à elle est un tueur.


Vincent Villeminot, que beaucoup connaissent désormais pour son volet de « U4 : Stéphane », est un pur auteur de thriller. Le voir nous livrer une histoire d’amour de grands ados / jeunes adultes, âge aux sentiments exacerbés, aux passions à vif, pourrait surprendre.
Trois grands temps découpent le roman. Pour sa grande partie, c’est une histoire d’amour, pur, enflammé, du « je te cours après mais je te le dis pas », « et toi tu ressens quoi ? » jusqu’au grand saut dans l’inconnu, la complicité fabuleuse, les premiers moments d’intimité, la première fois, maladroite et passionnée... comme un exorcisme à l’agonie d’un père dont Charles se sent plus que jamais étranger, bien que sa romance face écho à celle de ses parents, et qui nourrit toute l’œuvre de son père.
Le second temps commence lorsque Selma révèle son pouvoir à Charles. Car, oui, petite pointe de fantastique, l’ange peut lire dans les pensées : c’est ce qui la rend si précieuse pour son père. Mais pour un garçon qui n’arrive pas à avouer ses sentiments, ce n’est pas un réconfort de découvrir que l’objet de son sentiment lit en vous comme dans un livre ouvert. Imaginez, n’avoir rien de secret pour l’autre. Et pire : savoir que l’autre sait tout ce que vous avez pensé en sa présence, du plus pur compliment au pire fantasme... Comment bâtir une relation après une telle révélation ? Idem pour Selma, dont la vie familiale se piste sur Internet d’un gros titre à l’autre, brossant à Charles un tableau propre à toutes les hypothèses...
Enfin, vous vous en doutez, il y a bien un moment où l’ascendance de Selma va venir tout mettre à feu et à sang...

Le roman est plein de rebondissements, et l’auteur ne s’enferme dans aucun cadre temporel (l’année scolaire, les vacances, le tournoi de foot...). Les épées de Damoclès sont légion au-dessus de ce pauvre Charles, qui comme tous les amoureux est malade dès que sa belle tarde à se montrer en cours ou à rentrer de vacances. Touk-E, électron libre, sans filtre, assure le côté humoristique. Parfois effrayant, tantôt clownesque, il se révèle le meilleur ami du monde chaque fois que la situation l’exige, capable de pousser Charles dans ses retranchements et lui renvoyer son cynisme en plein visage.

L’écriture est nerveuse, fiévreuse, à l’image de ces adolescents bourrés d’idéaux, déjà désabusés, rêveurs et terre-à-terre à la fois. Vincent Villeminot tire à boulets rouges sur les grosses fortunes, esquisse une lueur d’espoir avec cette génération pas encore bouffée par le capitalisme, mais déjà rongée par d’autres fléaux : les réseaux (tous, du Net qui vous donne tout tout de suite, aux amitiés superficielles), un thème cher à l’auteur, au centre de sa précédente série.

Une goutte de fantastique, une goutte de thriller, une grosse louche de roman d’apprentissage et d’amour, voilà ce que contient « Le copain de la fille du tueur » : la recette d’un passage à l’âge adulte, douloureux à de nombreux points de vue, imprévisible, parfois illuminé d’instants, d’heures, de jours merveilleux.
Et une histoire d’amour, vrai, du point de vue masculin, pour une fois, ça ne se refuse pas.


Titre : Le copain de la fille du tueur
Auteur : Vincent Villeminot
Couverture :
Éditeur : Nathan
Site Internet : fiche du roman
Collection : Grand format littérature
Pages : 264
Format (en cm) : 22,5 x 15,5 x 2
Dépôt légal : août 2016
ISBN : 9782092565223
Prix : 16,95€




Nicolas Soffray
20 août 2016







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