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YozoneLittérature Critiques

Toute résistance serait futile
Jenny T. Colgan
Milady, Imaginaire, roman traduit de l’anglais (Irlande), 445 pages, février 2016, 17,90€

Connie, brillante mathématicienne à l’exubérante chevelure rousse, déchante un peu lorsque le poste de rêve qu’elle avait cru décrocher s’avère bien plus étrange que prévu : intégrée à une équipe de génies dans son genre (dont son idole et un ex coup d’un soir), elle est chargée par le département d’astronomie de décrypter des données incompréhensibles. Le groupe de génies, dont une partie des mâles sont atteints de geekerie avancée, est également tenu au secret.
Lorsque Connie trouve la clé du mystère, Luke, le beau jeune génie lunatique qui ne la laisse pas indifférente, devient, si c’est possible, encore plus bizarre, avant de disparaître. Et on leur annonce que leur employeur vient de mourir dans des circonstances... inexplicables.
Pour Connie, les évidences se bousculent : les extra-terrestres existent, et l’homme qu’elle aime, tout bizarre et accusé de meurtre soit-il, pourrait bien venir de l’autre bout de la galaxie.
Si les maths sont une science exacte, l’amour peut tout chambouler...


Avec sa couverture ronde et colorée, « Toute résistance serait futile » se présente davantage comme de la chick-lit que de l’imaginaire. Et pourtant, c’est à raison que Milady le publie dans cette collection.
Si le ton est essentiellement léger, le roman se découpe clairement en plusieurs parties.
La première nous présente le travail un peu étrange qu’on demande à Connie et ses collègues. Leur rencontre, leur vie sur le campus, les craintes de Connie quant au fait de retravailler aux côtés de Sé, bel homme et coup d’un soir passé, et son trouble inexplicable (enfin, si...) pour Luke, personnage très étrange, comme tombé de la Lune. On en est pas loin, va-t-elle découvrir. Tout cela fleure bon le roman sentimental, saupoudré de quelques termes mathématiques juste là pour la déco (pas de formules, rien d’incompréhensible) et un peu plus de références pop et geek. car c’est bien connu, les mathématiciens sont à moitié autistes, jusque dans leurs passions « normales ». Ainsi Arnold est le geek de base, tandis que Ranjit est la copie de Raj Koothrappali de « The Big Bang Theory ». Connie flirte (?) avec Luke, à la façon des matheux (c’est-à-dire sans savoir mutuellement ce qu’ils font).
Et puis un matin, bam !, elle comprend le message qu’on leur demande de décrypter. Et là, annonce d’un meurtre, le roman bascule dans le thriller d’espionnage, puisque s’active tout le dispositif de sécurité nationale. Les matheux sont mis en quarantaine, le temps qu’on remette la main sur l’hurluberlu qui manque à l’appel et qu’on suspecte de meurtre en chambre close ultra-sécurisée alors qu’il ne sait pas boutonner sa chemise. Nigel Cardon, l’agent chargé de gérer la crise, n’a qu’une vague idée de ce qui se trame, une idée encore plus vague de comment pensent ces savants et une encore plus faible de l’esprit de corps dont ils peuvent faire preuve malgré leurs dissensions de surface. Aussi, quand Connie s’enfuit avec Luke pour retrouver son vaisseau, crashé quelques décennies plus tôt en Ukraine, ils vont se taire, faire obstruction, chacun à leur façon, tandis que pour la rouquine c’est le début d’une odyssée surprenante.
Car sortir d’Angleterre en état d’alerte, puis traverser l’Europe n’a rien d’évident. Encore moins pour une scientifique habituée à son cocon. Mais alors guidé par un alien qui n’a pas notion de l’usage des routes, trains et autres commodités, pas plus qu’il ne s’arrête aux clôtures... Il y a dans cette partie une vraie tension de thriller, heureusement désamorcée régulièrement par l’incongruité des échanges entre les deux amoureux, la déconnexion totale de Luke avec les réalités humaines ou ses pics de compréhension ou d’empathie. Cela donne des moments tendres, une scène de sexe plus ou moins éludée à l’arrière d’un camion.

Les passages à mon goût les plus intenses sont ceux du récit de l’arrivée de Luke et sa rencontre avec Artem, un enfant ukrainien, fort en maths, et malade, malade de vivre dans le rayon de Tchernobyl, malade d’être né d’une mère conçue quelques jours avant l’accident. Alors que la guerre avec les Képleriens s’annonce imminente, ce rappel du danger du feu nucléaire, et de ses conséquences à long terme sur des innocents, est des plus émouvant.

La fin est logiquement prévisible, à l’image de l’escalade de la panique et de l’emballement des autorités, parallèle à celle de Connie à l’idée de perdre l’être qu’elle aime. Jenny Colgan nous épargne un happy end rose bonbon qui n’aurait pas du tout cadré avec le reste de son histoire.

Ne vous fiez donc pas à sa couverture colorée. « Toute résistance serait futile » est, comme indiqué, une histoire d’amour sur fond de potentielle fin du monde. Une réflexion sur ce qui fonde l’humanité, la civilisation. Les raisons de l’exil de Luke, son combat pour la tolérance sur sa planète trouve un écho douloureux sur cette Terre où les êtres vivants dominants n’en sont pas à une aberration près.

Si vous avez aimé « E.T. », plus récemment le roman « Humains » de Matt Haig, ou toute autre histoire (tiens, même « Le 5e élément ») où l’amour, à tous ses degrés, est plus fort que la peur de l’autre, si vous avez au fond de lvous l’espoir qu’un jour on s’aimera tous et que la planète ne s’en portera pas plus mal, celui-ci devrait vous plaire.


Titre : Toute résistance serait futile (Resistance is futile, 2015)
Auteur : Jenny T. Colgan
Traduction : Emmanuelle Casse-Castric
Couverture : Pietari Posti
Éditeur : Milady
Site Internet : fiche du roman
Pages : 445
Format (en cm) : 21,2 x 14,5 x 3,6
Dépôt légal : février 2016
ISBN : 9782811216795
Prix : 17,90 €




Nicolas Soffray
27 août 2016







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