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YozoneLittérature Critiques Jeunesse

Fausses bonnes questions de Lemony Snicket (les), tome 4 : « Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? »
Lemony Snicket
Nathan, roman traduit de l’anglais (Grande-Bretagne), policier, 293 pages, avril 2016, 15,90€

Lemony Snicket rumine, car son mentor S. Theodora Markson l’a envoyé se coucher tôt, et se faufile dans les rues de Salencres-sur-Mer dès qu’elle le croit endormi. C’est sous-estimé le meilleur apprenti de V.D.C., qui lui file le train, jusqu’à la gare, justement. Le Chardon dans la vallée, le train de Salencres, va partir vers la grande ville, emportant dans son fourgon cellulaire Dashiell Qwerty, le bibliothécaire accusé à tort d’incendie, et Ellington Feint, pour divers crimes.
Lemony est déterminé à libérer les deux, le premier parce qu’il est innocent, la seconde... Ce qu’il ne sait pas, c’est que toute sa petite troupe a eu l’idée de tendre un piège à Hangfire dans ce train qui pourrait le conduire jusqu’au tribunal. Piège à base de fausse bête bombinante...
Seulement voilà, il se passe quelque chose d’affreux, bien trop affreux pour un apprenti de 13 ans...


Relire la chronique des tomes précédents : tome 1 : « Mais qui cela peut-il être à cette heure ? » , tome 2 : « Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ? », tome 3 : « Ne devriez-vous pas être en classe ? »)

Tome de clôture pour « Les Fausses bonnes questions de Lemony Snicket », avec un huis-clos sur rails, qui rassemble à peu près tous les protagonistes. En effet, tout le monde semble vouloir fuir Salencres, la ville ayant (définitivement ?) périclité, ou le succès d’Hangfire s’annonçant inéluctable malgré tous les efforts de Snicket et ses auxiliaires contre la Société d’Infernophilie.

Tout se passe en une nuit, un bref voyage que Lemony prend en marche, littéralement, bien mal armé et informé pour cet affrontement final.

Une nouvelle fois, Lemony va devoir se passer de Theodora, non seulement inutile, mais désespérément amorphe, incapable de se défendre lorsqu’on l’accuse d’un crime affreux. Il va devoir enquêter seul, trouver la vérité dans un train où tout le monde ment, où le couple de policiers municipaux, toujours désespérément bêtes, ne voit pas la cruauté de leur fils Stew, que Lemony suspecte d’être proche d’Hangfire. L’acharnement de la petite brute à l’encontre de Lemony ne fait rien pour contredire cette supposition.

Il y a aussi le cas d’Ellington Feint, à qui Snicket a fait une promesse, et pour qui il a un petit sentiment bien difficile à avouer. Ellington, dont on peine toujours à savoir quel jeu elle joue...

Alors, vous me demanderez : « Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? » Parce que c’est celle de trop pour Snicket. Dans son face-à-face avec Hangfire (enfin ?), joue-t-il vraiment la comédie lorsqu’il déclare en avoir assez de Salencres et de ses habitants, dont pas un n’est reconnaissant des efforts faits pour sauver leur ville ? voire lorsqu’ils en précipitent la chute en soutenant ouvertement Hangfire ? Ce n’est pas une fausse bonne question...

La conclusion est épique, achevant de nous faire basculer dans le fantastique, même si les réponses (pas toutes, non mais que croyiez-vous ?) proposées par Snicket sont toutes très rationnelles, et lèvent le voile sur la chute de Salencres, comblant nos attentes d’explications. Mais point de reconnaissance pour le jeune apprenti, et toujours beaucoup de mystères autour de V.D.C. (et des adultes) dont la fin et les moyens demeurent nébuleux. La fin est douce-amère, laisse quelques choses en suspens, mais c’est tout à fait dans le ton de ces 4 volumes.

Lemony Snicket (l’auteur) aura magistralement joué avec l’art de tourner autour du pot, de commenter le vocabulaire en fonction de la situation, de dissimuler les actes derrière des morts et de prendre des chemins détournés. Cela rend certes la lecture truculente mais pas pour autant aisée, et on grognera souvent ne pas savoir où va cette histoire ni d’être sûr de bien saisir les multiples allusions. Plus que jamais dans une histoire, on se sent spectateur, mais avec l’impression que les acteurs ont commencé sans nous et que l’auteur a oublié de nous donner les clés de son histoire. Cela peut être déstabilisant, et je pense que plus on avance en âge, avec des besoins pragmatiques de logique, moins on est réceptif à cette écriture.
Profitons-en tant que nous sommes jeunes.
Car la démarche toute en circonvolutions de Lemony Snicket n’est pas sans rappeler certains exercices de l’Oulipo, et ne pas y reconnaître un réel travail de construction et d’écriture serait passer à côté d’une œuvre aussi captivante sur le fond que la forme.

Bref, acceptez de vous perdre, de vous faire balader, comme Lemony l’est au fil de ces 4 enquêtes, acceptez les loufoqueries sans perdre de vue qu’il y a une affaire grave derrière tout cela. Et très, très bonne lecture.


Titre : « Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? »
Série : Les Fausses bonnes questions de Lemony Snicket, tome 4/4
Auteur : Lemony Snicket
Traduction de l’anglais (Grande-Bretagne) : Rose-Marie Vassallo
Couverture et illustrations : Seth
Éditeur : Nathan
Collection : Jeunesse
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 293
Format (en cm) : 21,1 x 14,2 x 2,5
Dépôt légal : avril 2016
ISBN : 9782092541586
Prix : 15,95 €


Les Fausses bonnes questions :
tome 1 : « Mais qui cela peut-il être à cette heure ? »
tome 2 : « Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ? »
tome 3 : « Ne devriez-vous pas être en classe ? »
tome 4 : « Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? »



Nicolas Soffray
12 août 2016







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