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Quinzinzinzili n° 30
Collectif
Société des Amis de Régis Messac

À l’occasion de cette trentième occurrence, « Quinzinzinzili » poursuit son travail de mémoire et de découverte en évoquant René Bonnet, ouvrier charpentier, mais également critique et écrivain à ses heures, et ses relations amicales, mais sans complaisance avec Régis Messac.



À partir de l’article de Guibert Lejeune, extrêmement bien documenté et passionnant, l’intérêt pour l’intelligentsia prolétarienne en France, durant l’entre-deux-guerres est déclenché avec force. L’évocation de ce monde ouvrier presque disparu, attaché à ses métiers et paradoxalement à ses conditions de vie, tour à tour pacifiste et révolutionnaire est subtilement restitué. On comprend quasiment par intuition le mécanisme de la démarche intellectuelle d’un Lucien Bourgeois, d’un Henry Poullaille et d’un René Bonnet qui les conduit à croire en l’Union Soviétique et le communisme, à imaginer qu’ils portent la promesse d’un monde plus juste, plus égalitaire, plus heureux pour l’homme en général, le prolétariat en particulier. En réaction aux abominations de la guerre de 14-18, l’espérance dans ces esprits en un monde meilleur venait de l’est. Que leurs rêves aient été trahis est hélas une autre histoire.
Il est utile de souligner le courage et la détermination de ces hommes, ouvriers, le « corps en laisse » comme le chantait Brel, qui parvenaient à surmonter leur fatigue - ou leur épuisement - pour prendre la plume le soir venu, (Jean Rousselot en est un autre exemple), ancrés solidement dans leurs convictions (le patron reste l’ennemi de classe) et capables de livrer des textes aboutis et sincères.
Suit un échange de correspondance entre Messac et Bonnet, où la qualité critique de ce dernier et son bon sens ne font aucun doute. Messac nous éclaire également dans ses courriers sur la vie de la revue « Les Primaires » qu’il tenait à bout de bras. Par digression, le sujet dérive ensuite vers Edgar Poe dont Bonnet analyse les « Contes Extraordinaires » de façon assez tranchée mais juste. On apprend par la suite que Messac soutint un doctorat d’état en 1929 en étudiant les influences françaises dans l’œuvre de cet écrivain.
Un excellent numéro donc, qui nous réconforte quant à la poursuite de cette aventure originale que représente « Quinzinzinzili », une revue littéraire savante et aboutie.


Titre : Quinzinzinzili
Numéro : 30
Directeur de la publication : Pierre Lebedev
Rédacteur en chef : Olivier Messac
Couverture : Hélène Chanterelle
Éditeur : Société des Amis de Régis Messac
Type : fanzine
Période : été 2016
Dépôt légal : avril 2016
Périodicité : trimestrielle
ISSN : 1960-8969
Format : A4
Pagination : 30 pages
Prix : 7€



Didier Reboussin
11 juillet 2016






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