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YozoneLittérature Critiques

Hanse galactique (La), tome 1 : Le prince-marchand
Poul Anderson
Le Bélial’, recueil contenant une nouvelle et un roman, traduit de l’anglais (États-Unis), science-fiction, 276 pages, mai 2016, 20€

Au XXIIIe siècle, les grandes compagnies ont fondé la Ligue Polesotechnique. Elles cherchent de la sorte à protéger leurs intérêts au sein d’une humanité ne cessant de se répandre dans l’univers. Nicholas van Rijn , le directeur de la Compagnie Solaire des épices et liqueurs, est un de ses membres les plus influents. Ce personnages haut en couleurs ne s’en laisse compter par quiconque, que ce soit les militaires ou des peuples étrangers sur une planète extra-solaire. Il n’épargne personne pour atteindre ses objectifs, ne cherchant pas la popularité mais l’efficacité. Et visiblement, cela fonctionne...


Le Bélial’ poursuit son travail de fond pour promouvoir l’œuvre de Poul Anderson. Entre inédits (« Tau Zéro », « L’épée brisée ») et rééditions (« Barrière mentale »...), l’offre ne cesse de s’élargir. Rien qu’en 2016, le cycle de « La patrouille du temps » a été réuni en deux tomes dans la belle collection Kvasar et la maison d’édition publie « Le prince-marchand », le premier volume d’une intégrale prévue en 5 sous le titre « La Hanse galactique ».
Pour mieux situer l’ensemble, une intéressante chronologie de la Civilisation Technique élaborée par Sandra Miesel avec la collaboration de l’auteur figure en fin d’ouvrage.

« Le prince-marchand » débute par la nouvelle inédite “Marge bénéficiaire” qui présente Nicholas van Rijn, ne pensant qu’aux affaires et à l’argent qu’il perd en cas du moindre contre-temps. Il n’hésite pas à payer de sa propre personne pour résoudre un problème comme le démontre ce premier aperçu. Nicolas Fructus a bien saisi le personnage en couverture : un colosse ventripotent ignorant les bonnes manières et qui pense avant tout à lui-même.
C’est d’autant plus flagrant dans le roman « Un homme qui compte », traduction révisée de « Le peuple du vent » (Temps futurs, 1983). Échoué sur la planète Diomède en compagnie d’Éric Wace, un employé, et de Dame Sandra Tamarin, une noble, il ressemble à un tyran imposant ses visées : atteindre le comptoir humain. Il en va de la survie du groupe, même si van Rijn ne cesse de se plaindre des pertes de son commerce pendant son absence. Recueillis par les autochtones de la taille d’un homme avec de grandes ailes de chauve-souris, les trois se retrouvent au centre d’une guerre sans merci entre deux peuples. Van Rijn s’en sert pour parvenir à ses fins.
Dans « Un homme qui compte », Poul Anderson montre toute sa maestria à créer un monde, à élaborer deux sociétés qui luttent entre elles, parce qu’elles ne se comprennent pas faute du dialogues. Elles ne voient que leurs différences et non ce qui les rapproche. Voilà l’occasion idéale de réhabiliter en quelque sorte le négociant qui sort de son registre de rustre, servant à cette occasion de conciliateur entre les deux camps.
En effet, Nicholas van Rijn n’appartient pas à cette classe de héros sympathiques auxquels il est facile de s’identifier et de prendre fait et cause. Dans « Un homme qui compte », Wace emporte l’adhésion face à son patron qui l’exploite sans vergogne, d’ailleurs il témoigne de son aversion à son encontre, de son envie d’envoyer ch... le gros lard comme il le pense. Toutefois, un œil extérieur ne peut s’empêcher de constater la travail de sape de Nicholas passé maître dans la diplomatie, même si sa conception n’appartient qu’à lui, à force jurons en néerlandais si je ne me trompe pas.
Sans être attachant, le personnage se révèle fort et sa présence imprègne les pages de ce tome. La fin du roman s’avère terrible pour Wace qui doit se rendre à la triste réalité.
Il faut reconnaître que l’ensemble se lit aisément, que l’histoire du roman est vraiment prenante et que les nombreuses scènes de bataille sont très bien retranscrites par l’auteur, ce qui traduit d’autant mieux l’horreur des combats. Il s’agit là d’une réédition bienvenue et propice à la réflexion sur notre société actuelle où il est parfois si compliqué de se comprendre.

Mettre en avant une compagnie des épices et liqueurs fait indubitablement daté et relève plus des temps anciens que d’un futur technologique. Sur ce point, le livre accuse son âge (quasi 60 ans), mais cet aspect ne nuit en rien à son intérêt et le message d’espoir délivré dans « Un homme qui compte » fait mouche.
Ce choix de rendre accessibles les récits de la Ligue Polesotechnique à travers l’intégrale « La hanse galactique » n’en apparaît que plus pertinent. D’autres personnages connus de Poul Anderson vont encore nous y faire voyager, ce dont on ne peut que se réjouir.


Titre : Le Prince-marchand
Regroupant : Marge bénéficiaire (Margin of Profit, 1956, révisée en 1978) et Un homme qui compte (The Man Who Counts, 1958)
Série : La Hanse galactique, tome 1
Auteur : Poul Anderson
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Jean-Daniel Brèque pour Marge bénéficiaire
Traduction de Le peuple du vent par Arlette Rosemblum révisée : Jean-Daniel Brèque et Olivier Girard pour Un homme qui compte
Couverture : Nicolas Fructus
Éditeur : Le Bélial’
Directeur de collection : Olivier Girard
Site Internet : Roman (site éditeur)
Pages : 276
Format (en cm) : 14 x 20,5
Dépôt légal : mai 2016
ISBN : 978-2-84344-902-4
Prix : 20 €


Également sur la Yozone :
- « L’épée brisée »
- « Tau Zéro »
- « Le Chant du Barde »
- « La Patrouille du Temps »
- « Trois Cœurs, Trois Lions »
- « Les Croisés du Cosmos »
- « Barrière mentale et autres intelligences »



Pour écrire à l’auteur de cet article :
[email protected]



François Schnebelen
19 juin 2016







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