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Gurren Lagann (T9 et 10)
Kotaro Mori et Gainax
Glénat

Rossiu a choisi de subir le châtiment que méritent ses actes. Estimant qu’il ne mérite plus de vivre, Rossiu s’apprête à se donner lui-même la mort. Seulement, Simon ne voit pas les choses du même œil. Le jeune homme sait parfaitement que personne n’est parfait et que tout le monde fait des erreurs. Mais pour Simon, tout le monde mérite également une deuxième chance et Rossiu doit au contraire prouver qu’il peut devenir un homme meilleur. Simon a également besoin d’un homme de confiance pouvant guider les peuples de la terre pendant qu’il sera parti sauver sa bien-aimée, prisonnière des anti-spirales. Avec ses amis et nouveaux alliés, ils vont recréer le grand gang des Gurren. Grace au gigantesque vaisseau spatial Gurren, ils peuvent rejoindre Nia dans cette dimension créée par les anti-spirales. Mais en arrivant devant cette version géante d’une Nia enchaînée, Simon comprend qu’ils viennent de tomber dans un piège et l’armada qui apparaît sur leur écran n’est pas là pour les rassurer.



Le vaisseau géant des Gurren se retrouve piégé dans une mer cosmique, créée pour neutraliser leur pouvoir spiral. Le seul moyen d’en échapper est de détruire la Death Spiral Machine qui les emprisonne dans cette mer devant devenir leur cimetière. Mais la créature protégeant la machine ne compte pas leur en laisser le temps et s’apprête à détruire le vaisseau Gurren. Seulement, on ne défie pas impunément le grand gang des Gurren et s’ils doivent tous se sacrifier pour permettre à Simon de cumuler assez d’énergie spirale pour perforer la machine, chacun est prêt à mourir pour la cause. Pour Grimmy, quoi de plus normal que tenter de vaincre le gardien pour sauver sa sœur et sa chère Yoko. Seulement son attaque n’aura pas la conclusion attendue. Mais il aura permis de laisser le temps à Simon de cumuler assez de puissance pour utiliser une ultime transformation du vaisseau galactique et prouver que le peuple spiral n’abandonne jamais. Toutefois, les anti-spirales choisissent alors d’intervenir pour stopper ces erreurs de la nature. Les spirales sont l’incarnation de l’évolution permanente, ce qu’exècrent les anti-spirales, ne voyant dans l’évolution que l’annonciation du chaos.

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Les deux derniers tomes de cette saga se veulent être épiques. Kotaro Mori nous avait annoncé dans le tome précédent un combat galactique et ce dernier aura bien lieu. Le mangaka va toutefois clarifier quelques derniers points sur terre avant d’envoyer à la mort son très cher gang des Gurren. Le mangaka veut nous en mettre plein les yeux en emmenant ses héros dans un monde parallèle où l’espace ne suit pas les mêmes règles de la physique que dans les notres. Et le combat annoncé est titanesque puisque le vaisseau de nos héros s’apprête à combattre pas moins qu’une flotte de 10 puissance 68 vaisseaux... Bon, il arrive des moments où le grand n’importe quoi décrédibilise l’histoire. Comment un lecteur peut décemment penser qu’une armada avec une quantité infinie de vaisseaux va passer par des pièges tordus pour battre son adversaire ? La suite du tome perd immédiatement toute logique avec juste une poignée d’adversaires pour affronter les Gurren. On pourrait se dire que leur sentiment de supériorité aveugle les anti-spirales. Toutefois, le lecteur n’y croit plus vraiment et sent que la fin de la série sera pénible. Et pas seulement par le côté très brouillon des combats. Ces derniers ne sont pas très lisibles et le lecteur ne parvient pas vraiment à distinguer les opposants.

Ce côté brouillon se répand malheureusement dans le scénario qui touche parfois la limite du ridicule. En commençant par les sacrifices des un après des autres des membres du gang des Gurren. Kotaro Mori ne fait que nous recycler les grands classiques des shonen en commençant évidemment par “Captain Harlock”. Comment ne pas penser à l’affrontement final entre l’équipage de l’Arcadia et la flotte sylvidre ? Mais tout le monde n’a pas le talent de Leiji Matsumoto. Nous aurons droit à un espèce de mélange entre “Matrix” et “Inception”, avec l’illusion des anti-spirales, qui ne servira en fait pas à grand chose à part gagner du temps avant l’ultime affrontement, qui n’aura pas plus de sens que les autres d’ailleurs. Il n’est justifié que par l’orgueil démesuré des anti-spirales qui choisissent l’affrontement direct en un contre un pour soi-disant retirer tout espoir aux peuples spirales. Kotaro Mori tombe alors dans le combat « tarte à la crème » classique du shonen où les héros, dans un élan surhumain, se dépassent totalement et battent leur adversaire. Et comme par hasard, plus de flotte infinie d’ennemis, plus de danger pour l’humain. Non vraiment “Gurren Lagann” méritait mieux que cette fin.

A trop vouloir en faire, on finit par mal faire et c’est malheureusement l’impression que donne cette fin de “Gurren Lagann”.


Gurren Lagann (T9 et 10)
- Auteur : Kotaro Mori
- Création originale : Gainax
- Supervision : Kazuki Nakashima
- Traducteur : Karine Rupp
- Éditeur français : Glénat
- Format : 130 x 180, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination : 198(T9) 262(T10) et pages
- Date de parution : 4 septembre 2013 et 17 février 2016
- Numéro ISBN : 9782723495226 ; 9782344000045
- Prix : 7,60 €


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Frédéric Leray
4 mai 2016






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