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Loa (T1)
Guillaume Stey
Delcourt

Eline vit sur une petite planète avec son père, un historien renommé. La jeune fille souffre d’une maladie génétique l’obligeant à se faire régulièrement dialyser. Mais la jeune fille refuse de rester confinée et aime partir en vadrouille. C’est lors d’une de ses promenades qu’elle rencontre un étrange jeune garçon : Loa. En fait, le jeune homme a failli se noyer en pensant pouvoir passer au-dessus de l’eau avec son skead. Mais naturellement, il échoua. Inquiète, la jeune fille ramena Loa chez elle, mais il y avait plus de peur que de mal. Seulement, Eline ne pouvait prévoir que son père réagisse aussi mal en découvrant Loa. A peine voit-il le garçon qu’il ordonne à sa fille de le renvoyer. Décidément, Loa n’a pas vraiment de chance, mais Eline choisit d’accepter la surprotection de son père. Seulement, d’autres personnes sont à la poursuite de Loa car ce dernier n’était pas près de l’étrange petite île pointue par hasard.



On ne se moque pas de Duc impunément. L’historien était parvenu à repérer l’endroit où s’était écrasé le vaisseau spatial il y a 500 ans. Ce vestige d’une guerre ancestrale qui ravagea ce petit caillou était resté caché depuis tout ce temps, mais Duc allait lui faire cracher ses secrets : les stolysces, des armes d’une autre civilisation qui seront bientôt entre ses mains. Mais quand Duc et ses complices entrèrent dans le souterrain, ce gamin était déjà là, comme les défiant. Seulement, Duc n’est pas un tendre et ce n’est pas un gosse qui lui tiendra tête, un peu de muscle et le voila qui lui raconte comment trouver le vaisseau. Toutefois, Duc ne s’était pas assez méfié, convaincu que le gamin gagnait du temps pour que le vaisseau cache les stolysces. Mais quand l’ordinateur central lui tient un discours sans le moindre intérêt, Duc comprend que c’est en réalité le gamin qui détient le secret des emplacements où sont cachés les stolysces. La réaction de Duc ne se fait pas attendre, grâce à son gant capable de détruire n’importe quoi par une terrifiante onde. Et ce n’est pas un skead qui lui résistera. Malheureusement, une jeune fille le prit de vitesse et secourut ce maudit gamin.

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“Loa” est la première série du jeune auteur français, Guillaume Stey. Ce normand commença par des études littéraires avant de se tourner vers les arts appliqués et la BD. Sa première oeuvre ne sera jamais publiée, mais en choisissant le format du manga, Guillaume Stey réussit un coup gagnant. Le jeune auteur s’inspire à la fois de ses lectures nippones comme “Dragon Ball” et “Gunnm” et de la littérature de science-fiction comme celle de Isaac Asimov.

“Loa” nous entraîne sur une petite planète où se trouvent les vestiges d’un vaisseau spatial d’une civilisation antique qui décida de cacher son armement. Une chasse au trésor commence alors avec Duc, un soldat à l’identité gardée secrète pendant la première partie du manga, qui ne cherche qu’à utiliser cette connaissance pour son intérêt personnel. Duc est antipathique à souhait et Guillaume Stey fera tout pour que lecteur déteste rapidement ce personnage. Duc est violent, exploitant sans le moindre remord la faiblesse de tous ceux dont il peut avoir besoin comme le père d’Eline. Face à Duc se dresse cet étrange gamin, Loa, élevé par son grand-père et qui semble en savoir bien plus qu’il ne dit. Loa a de faux airs de Son Goku, et cette quête des stolysces ressemble beaucoup à la poursuite des sept boules de cristal. Toutefois, le côté science-fiction très fort avec le vaisseau spatial et son intelligence artificielle hyper développée vient mettre de l’originalité dans la série. Son contexte reste assez classique pour de la science-fiction : une civilisation ancienne, des armes de destruction massive qui deviennent l’enjeu d’une course à mort, un jeu de pouvoir mais également un mystère autour de cette civilisation disparue.

Eline apporte une petite touche féminine dans cette série. Prenant la place d’une Bulma, Eline est toutefois un personnage réellement originale, faisant également penser au dessin animé des année 80 “Clémentine”.Elle va suivre Loa dans sa quête alors que son état de santé lui imposerait de rester sur sa petite planète.

Graphiquement, Guillaume Stey s’inspire aussi bien de la franco belge que du manga. Les traits des personnages sont assez caractéristiques de la french touch dans le monde du manga. Très expressifs, les visages sont souvent détaillés, avec des jeux d’ombres pour les creuser et accentuer l’expression des sentiments, influence importante de la franco belge pour donner plus de profondeur et d’épaisseur à ces personnages. Facilement reconnaissable, Guillaume Stey ne multiple pas les protagonistes et se focalise sur ceux qui forment le cœur de son histoire : le trio Eline, Loa, Duc. La maîtrise de ce jeune auteur est assez impressionnante pour une première série, avec de faux airs de Moebius dans certaines planches et dans le design des personnages. Cette influence est assez présente dans la représentation de l’intérieur du vaisseau spatial et des petites créatures qui pullule autour. Le lecteur s’immerge rapidement et s’attache aisément à tous ces personnages bien mis en avant, avec de nombreux flash-back rompant la linéarité du récit et qui nous permettent d’en savoir plus sur le contexte de cette chasse au trésor.

“Loa” a rapidement pris son rythme de croisière et devrait nous offrir un peu plus d’action dans le tome 2 qui pourra nous révéler les secrets de ces mystérieux stolysces.


Loa (T1)
- Auteur : Guillaume Stey
- Éditeur : Delcourt
- Collecton : Shonen Delcourt
- Format : 112x176 mm
- Pagination : 224 pages
- Dépôt légal : 24 septembre 2014
- Numéro ISBN : 978-2-7560-5971-6
- Prix public : 7,99 €


© Editions Delcourt, 2014 – Guillaume Stey


Frédéric Leray
20 avril 2016






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