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YozoneLittérature Critiques

The Walking Dead : Invasion
Robert Kirkman et Jay Bonansinga
Le Livre de Poche, n°34080, traduit de l’anglais (États-Unis), zombies, 347 pages, mars 2016, 8,10€

Phénomène en série télévisée, succès en bandes dessinées, « The Walking Dead » n’en finit pas d’être décliné sur tous supports. Depuis 2012, Jay Bonansinga, en collaboration avec Robert Kirkman, porte les aventures Après « L’Ascension du gouverneur », « La Route de Woodbury », « La Chute du gouverneur » (en deux tomes), et « L’Ére du Prédicateur », « The Walking Dead : Invasion » est le sixième volume d’une saga apocalyptique qui a sans doute encore de beaux jours devant elle.


«  Pas le moindre signe de survivants dans les parages, hormis la silhouette solitaire d’un zombie qui titube entre les arbres, les yeux luisants comme des catadioptres jaunes dans l’obscurité. »

Jérémiah Garlitz, révérend et prédicateur fou, ainsi que deux jeunes hommes sous sa coupe, Reese Lee Hawthorne et Stephen Pembry, fuient à bord d’un énorme utilitaire dans la nuit infestée de zombies. On pourrait penser qu’ayant tout perdu ils seront pour longtemps hors d’état de nuire. Mais l’âme noire du mielleux révérend Garlitz a plus d’un tour dans son sac. Après une assez belle introduction mettant en scène un survivant qui joue de la musique religieuse à ses proches zombifiées et enchaînés devant des missels en espérant un miracle impossible, on bascule devant la noirceur la plus totale avec la manière dont le prédicateur prend la tête d’une caravane de croyants qui ne vont pas tarder, eux aussi, à tomber intégralement sous sa coupe.

« La colère monte et bouillonne en lui comme et progressivement se transforme en quelque chose de nouveau, d’ingénieux, de grandiose et quasiment biblique. »

Dans la partie centrale, les connaisseurs de « The Walking Dead » retrouvent bien des personnages familiers. Réfugiés dans de vastes galeries souterraines et ne s’aventurant que rarement à l’extérieur pour éviter d’attirer l’attention à la fois des vivants et des morts, ces héros de la saga « Walking Dead » rêvent de réinvestir un jour la petite ville de Woodbury submergée par un flot de zombies Une partie du roman qui ne contribue qu’assez peu à l’intrigue globale et apparaît surtout comme du « remplissage », avec les aventures parallèles, sous terre et en surface, de Bob et Gloria d’un côté, de Lilly et Tommy de l’autre. Une série de chapitres nerveux, tendus, mais peu convaincants dans la mesure où ils ne font que décliner de manière quasiment mécanique, une à une, les scènes rituelles et conventionnelles des films de zombies que l’on a déjà vues mille fois.
« À la lueur de la cigarette, son visage creusé de rides et sa mâchoire saillante lui donnent des airs de lanterne d’Halloween. »

Plus intéressante est la troisième partie qui voit l’attaque du groupe de Woodbury par le prédicateur et sa petite troupe, guidant une armée de morts-vivants sommairement conditionnés à l’aide desquels ils entendent bien venir à bout de toute opposition. Mais leurs adversaires ont anticipé l’assaut et réservent au révérend diabolique, qui finira par trouver la fin qu’il mérite, quelques surprises de taille. Action incessante et retournements de situation, avec peut-être un peu trop de personnages acculés et sauvés in extrémis – mais certains « gentils » consentent tout de même à mourir pour donner au roman le ressort dramatique nécessaire.

« Le révérend Jérémiah Garlitz scrute le ciel couleur de cendre. La lumière éclaire l’inscription qui s’étale sur le château d’eau à l’est de la ville : Woodbury, le paradis sur terre. Il sourit. Son crâne chauve est luisant de sueur et l’odeur âcre de la mort lui pique les yeux. »

Reste que ce récit, s’il a des qualités, présente aussi les défauts habituels de ce qui vient du cinéma ou de la télévision, à commencer par les incohérences. Incohérences mineures, par exemple lorsque le Prédicateur, au chapitre trois, recharge un fusil tombé à terre qui n’a pas encore été utilisé (son petit groupe vient donc d’attaquer des zombies avec des armes déchargées ?), incohérences plus importantes lorsque le personnage agonisant de Stephen Pembry (côtes cassées, poumon perforé) se déploie avec ses compagnons pour attaquer une bâtisse, puis est décrit quelques chapitres plus loin comme guéri, puis, plus loin encore, porte une lourde charge et saute des clôtures avec ses côtes brisées et son poumon toujours perforé ! Plus grave encore, Jay Bonansinga, à chaque fois qu’il introduit une incohérence narrative majeure – on ignore si c’est par manque d’idées ou pour suivre scrupuleusement le scénario –, au lieu de glisser rapidement dessus pour la faire oublier, s’acharne avec une maladresse difficilement compréhensible à la mettre au maximum en lumière. C’est ainsi, par exemple, qu’il consacre plusieurs pages aux réflexions de Lilly « Comment j’ai pu être aussi idiote ! », etc.) tombant en panne d’essence – bien entendu à la tombée de la nuit, bien entendu avec très peu de munitions, bien entendu dans une forêt infestée de zombies – alors qu’elle était partie très précisément à la recherche de carburant pour éviter de tels risques et expliquait à son compagnon que la règle d’or était, au niveau de la jauge, de ne pas dépasser le point de non-retour. Un chapitre d’un grotesque accompli qui donne l’impression que cette partie a été écrite par un enfant de six ans. On n’en dira pas moins, hélas, de bien d’autres incohérences, comme le fait que des individus particulièrement expérimentés se laissent fasciner par un distributeur encore plein au point de ne pas entendre une horde de zombie arriver et les encercler, ou que le prédicateur, alors qu’il est en fuite, trouve le véhicule qui servira un peu plus tard à ses poursuivants, et, en un tour de main, le sabote de manière à ce qu’il n’ait plus de freins mais, en sus, à ce qu’il accélère quoique l’on fasse ! Une prouesse technique bien peu vraisemblable qui, non contente de grever une nouvelle fois la crédibilité du récit, ne lui apporte strictement rien.

« À chaque éclair, la portion de la horde momentanément illuminée ressemble à une vaste colonie de lépreux surprise en pleine pagaille, une nécropole de damnés, hypnotisés par la lumière et le bruit (…) »

Pour autant, tout n’est pas mauvais dans « The Walking Dead : invasion ». Si certains passages, qui auraient mérité des descriptions d’envergure, ont été délaissés au profit de l’action, l’ensemble n’en reste pas moins spectaculaire, crépusculaire et fortement apocalyptique, le rythme soutenu mettra le lecteur à l’abri de l’ennui. Novélisation standard, avec ses qualités et ses défauts, « The Walking Dead : invasion » plaira aux amateurs de zombies en général et aux aficionados de la série télévisé. Ceux qui voient dans les récits de genre l’opportunité d’aller plus loin, comme l’ont fait Pit Agarmen ou Jonathan Maberry, resteront sur leur faim.


Titre : The Walking Dead : Invasion (The Walking Dead : Invasion , 2015)
Série : The Walking Dead (The Walking Dead ), tome VI
Auteurs : Robert Kirkman et Jay Bonansinga
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Pascal Loubet
Couverture : Lisa Pompilio / Blake Morrow
Éditeur : Le Livre de Poche
Site Internet : page roman (site éditeur)
Numéro : 34080
Pages : 347
Format (en cm) : 12 x 18
Dépôt légal : mars 2016
ISBN : 9782253183983
Prix : 8,10 €



Littérature et zombies sur la Yozone :

- « Apocalypse zombie » par Jonathan Maberry
- « La Nuit a dévoré le monde » par Pit Agarmen



Hilaire Alrune
25 avril 2016







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