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Gandahar n°5
Une publication de l’association Gandahar
Revue, n°5, SF – fantasy - fantastique, nouvelles-article, décembre 2015, 120 pages, 7€

Pour ce sixième numéro de « Gandahar », les auteurs ont planché sur les plantes ou plus précisément sur l’intelligence végétale. Vaste débat : sont-elles pourvues d’intelligence ?
Chris Brigonne traite cette question épineuse en s’appuyant sur différentes œuvres sur le sujet. Pour ce faire, il faut bien sûr redéfinir l’intelligence et aborder les différents points sous un angle inédit, ce qui nous donne un article intéressant, introduisant bien la suite.


Plusieurs nouvelles tournent autour des végétaux génétiquement modifiés (GM). Avec une évolution accélérée, elles deviennent l’espèce dominante. Jean-Pierre Andrevon décrit très bien ce nouveau règne dans “Conflits de cultures”. Son récit surchargé en descriptions et au rythme lent et étouffant correspond bien à ce nouveau monde chamboulé. Dans “La peste verte” de Julie Subirana, l’homme lutte contre ce développement, mais est-ce la peine de se battre ? Ne vaut-il pas mieux essayer de comprendre cet adversaire si différent ? L’ensemble n’est pas sans rappeler certains écrits, mais transposé pour l’occasion au cas des plantes et non des animaux.
La rédaction nous offre un texte datant de 1919 et signé de l’écrivain allemand Kurd Laßwitz : “La fleur enfuie”. Dotée de conscience, une fleur ne peut accepter d’être retenue prisonnière, mais une jeune fille veut la garder pour son plaisir. Finalement, la plante va faire preuve de plus d’humanité qu’elle. En mettant de côté le cadre martien, cette nouvelle n’accuse pas son âge. Très bonne idée de traduction, collant parfaitement au thème et donnant une belle leçon.

Philippe Pinel met en scène une invasion extraterrestre. Il fait preuve d’imagination quant au vecteur de leur prise de pouvoir, mais il est difficile d’adhérer à son récit, notamment du fait du manque de réaction humaine, et la fin de “Nous venons en paix” ne rattrape pas l’ensemble, le desservant même.
“Le rêve sauvage” de Luce Basseterre m’a laissé perplexe. Elle débute très bien, le végétal étend son emprise sur la civilisation, colonise tout et certains êtres peuvent les entendre. Elle présage du meilleur jusqu’à la transformation qui m’a semblé des plus incongrues et éjecté de la nouvelle. Dommage !

Andréa Deslacs nous régale des aventures d’“Irium”, un iris des marais qui ne baisse pas les feuilles face à l’adversité et fait preuve d’un courage exemplaire. L’histoire mouvementée est présentée du point de vue de l’iris, nous montrant toutes les difficultés rencontrées. Excellent !
Avec “La salamandre”, Franck Zaïtchick Jammes parvient à être bref et efficace en y mettant la forme. Rencontre improbable entre un homme aux allures de momie et une expérience de mauvais goût.
Olivier le Bussy a aussi beaucoup travaillé sur la forme, peut-être même trop, car cela se fait au détriment de la bonne compréhension de son texte “Le témoin”. Entre écriture normale, en gras, en italique et en majuscule, le lecteur peut se perdre et se demander s’il assiste à un dialogue entre la planète et un chêne qui voit l’homme grandir ou à je ne sais quoi. Pas très clair...

Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie... Et si “Effeuiller une marguerite” revenait à torturer la fleur ? Et qu’un jour elle criait vengeance ? Eric Vial-Bonnacci a formidablement étoffé cette idée simple jusqu’à une conclusion horrifique à souhait.

Julie Conseil signe le plus long texte au sommaire mais aussi le plus prenant. Une station orbitale en déliquescence est au centre des enjeux. Ceux qui y vivent désirent y rester, alors que les propriétaires veulent les déplacer pour se débarrasser de ce gouffre à entretenir. Un médiateur est choisi et envoyé sur place avec avocats et malabars de la compagnie retorse. Dès leur arrivée, ils vont de surprise en surprise.
“Pourquoi laisse-t-on mourir les plantes ?” est riche en révélations. Le choix du personnage principal s’avère très bien trouvé, d’autant que son passé est propice à alimenter l’intrigue. Julie Conseil happe rapidement les lecteurs, les plonge dans un récit fouillé qui sait surprendre de belle manière à plus d’une reprise. Très belle performance !
Anaïs La Porte nous propose aussi un texte intéressant avec le végétal utilisé comme mémoire dans la recherche informatique. Si le procédé fonctionne, encore faut-il que la plante mise à contribution veuille collaborer ! “Le banyan qui pensait trop” est inventif et prenant avec la vision des deux camps.
“Autochorie martienne” relève aussi de l’expérimentation sur les végétaux. Toutefois l’adaptation à un nouveau milieu n’a pas les résultats prévus. Jean-Christophe Gapdy entremêle intelligemment les dramatiques avec une femme tiraillée entre son expérience et l’arrivée inattendue de sa fille.

Après ces trois textes de très bon niveau, j’ai eu du mal à cerner “Symbiose” d’Ophélie Hervet. L’angle choisi, celui de l’arbre en pleine croissance, est bien vu, mais l’ensemble est riche en détails, le point de vue forcément différent de notre pensée, ce qui est à l’honneur de l’auteure, mais la relation symbiotique m’a en partie échappé, car assez confuse.
“Regain” ne s’assimile pas facilement, car Laurent Pasqual alterne selon deux trames très distinctes : d’un côté, la nature au rythme lent, et de l’autre, deux jeunes gens vivant à cent à l’heure et désireux de contrebalancer l’expansion urbaine repoussant toujours plus le règne végétal et animal. Les visées de chacun semblent conciliables... Au final, l’auteur s’en est bien sorti en proposant une histoire originale.

Sous une magnifique illustration de Séverine Pineaux - un plaisir pour les yeux- se cachent des textes dans lesquels le végétal est roi. Les lecteurs passeront de bons moments de lecture, en particulier avec les intéressantes nouvelles de Julie Conseil, Anaïs La Porte, Eric Vial-Bonnacci et Andréa Deslacs, sans oublier celle de Kurd Laßwitz à l’atmosphère bon enfant.


Titre : Gandahar
Numéro : 5
Directeur de publication : Jean-Pierre Fontana
Couverture : Séverine Pineaux
Type : revue
Genre : Science-fiction, fantasy, fantastique
Site Internet : le site de l’association Gandahar ; Sa page facebook
Période : décembre 2015
Périodicité : trimestriel
ISSN : 2418-2052
Dimensions (en cm) : 16 x 24
Pages : 120
Prix : 7 €



Pour écrire à l’auteur de cet article :
[email protected]



François Schnebelen
31 mars 2016







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