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Hector et les Pétrificateurs de temps
Danny Wallace
Gallimard Jeunesse, roman traduit de l’anglais (Angleterre), fantastique, 310 pages, février 2016, 14,50€

Habiter dans la 4e ville la plus ennuyeuse d’Angleterre est d’un ennui mortel. Mais le monde va basculer pour le jeune Hector lorsqu’en plus cours de biologie, le temps s’arrête, tout se fige. Le temps de réaliser, les choses reprennent leur cours. A la « Pause » suivante, Hector commence à envisager ce qu’il pourrait faire de ce « temps libre », mais réalise aussi qu’il doit reprendre sa place exacte lors du redémarrage s’il ne veut pas qu’on se pose des questions...
Et tandis qu’il profite de certaines libertés lors de ses Pauses, il découvre l’effroyable vérité : quand le monde s’arrête, des monstres gluants et baveux envahissent la ville... Il s’aperçoit également qu’il n’est pas le seul à continuer de bouger pendant les Pauses : le voilà donc intégrer au commando anti-monstres. Mais que peuvent une poignée d’enfants contre des créatures si terribles ?



« Hector et les Pétrificateurs de temps » bénéficie d’une construction narrative classique (ainsi que présentée ci-dessus), que Danny Wallace exploite à merveille, sans temps mort. Après les passages obligés de la découverte des Pauses, d’un temps de peur, puis que de quelques prises de libertés (comme piller le magasin de bons, emprunter un scooter et se venger des petits bourreaux scolaires), le pourquoi de ces Pauses se révèle, et là, fini de rire !
Enfin, non. Car si sur le fond ce n’est pas drôle du tout (des monstres s’emparent d’une ville en kidnappant les adultes, puis les rendent méchants ; le père d’Hector a disparu...), en nous plaçant à hauteur d’enfant(s), Danny Wallace nous offre une histoire où le rire est très présent, et dédramatise des situations très stressantes. Car il y a dans ce livre tous les composantes d’un roman d’horreur. Stephen King en aurait fait quelque chose de terriblement effrayant. Mais Danny Wallace balaie la peur à grands renforts d’un humour ravageur : un monstre qui vous lèche de sa langue immonde lorsque vous êtes paralysé, c’est terrifiant ; mais quand ce monstre lèche un visage d’ado morveux et plein d’acné, c’est aussi dégoûtant que désopilant !

Mais cette histoire n’est pas qu’un grand pastiche des romans d’horreur : les lecteurs plus exigeants y trouveront du fond, les monstres obéissent à des règles (ce qui permettra de les mettre hors d’état de nuire) et leur venue ne doit pas grand-chose au hasard - en fait, rien n’est laissé au hasard dans cette histoire...

La fin ouverte vers un complot plus grand n’était peut-être pas nécessaire, et n’empêche pas le roman d’être lu comme une histoire finie. Néanmoins, bon comme c’était, on ne rechignera à remettre le couvert pour un tome 2 !


Titre : Hector et les Pétrificateurs de temps (Hamish and the worldstoppers, 2015)
Série : (sans titre), tome 1
Auteur : Danny Wallace
Traduction de l’anglais (GB) : Marie Leymarie
Couverture et illustrations intérieures : Jamie Littler
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Collection : grand format littérature
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 310
Format (en cm) : 20,5 x 14 x 2,5
Dépôt légal : février 2016
ISBN : 9782070666614
Prix : 14,50 €



Nicolas Soffray
26 mars 2016






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