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YozoneLittérature Critiques

Affinités (Les)
Robert Charles Wilson
Denoël, Lunes d’Encre, roman traduit de l’anglais (Canada), science-fiction, 330 pages, février 2016, 22€

Désapprouvé par son paternel, Adam Fisk fait des études de graphisme à Toronto, aidé financièrement par sa grand-mère. Le moral au plus bas, il décide de s’inscrire à un programme novateur analysant les personnalités des postulants pour déterminer s’ils peuvent appartenir à une des 22 Affinités. Adam se révèle être un Tau, mais le décès de sa grand-mère remet en cause sa présence à Toronto. Faute de moyens, il ne peut que rejoindre le giron familial.
C’est là qu’intervient son Affinité, ses membres lui offrent une aide inconditionnelle : un toit, un travail...


Robert Charles Wilson construit le futur autour de réseaux sociaux qui mettent à mal les familles, mais aussi les pouvoirs politiques et économiques. Avec « Les Affinités », il pousse très loin l’extrapolation de notre présent avec les Facebook, Twitter et autres réseaux d’échanges où il fait bon se faire remarquer à force J’aime.
Il imagine des personnes regroupées au sein de petites structures locales d’une trentaine de personnes maximum. Par contre, aucun hasard, c’est la science qui les a mises en relation. Le chercheur Meir Klein a inventé les algorithmes pour analyser les personnalités de chacun. La société InterAlia a commercialisé ce produit, mais le phénomène prend une telle ampleur que la création va chercher à quitter son giron pour tracer sa propre voie.

Au travers du personnage d’Adam Fisk, l’auteur décrit très bien ce milieu. Le lecteur découvre les raisons qui ont poussé Adam à tenter l’expérience, comment se sont déroulés les tests, puis la première réunion qui l’a tout de suite mis en confiance et l’a enchaîné à cette Affinité dont il ne connaissait personne auparavant. Le procédé est si efficace que chacun comprend l’autre, l’accepte comme un frère sans arrière pensée.
Brillamment, Robert Charles Wilson met en parallèle la situation familiale d’Adam. Son père dirige sa famille comme son entreprise d’une main de fer, n’acceptant pas la contradiction, voulant tout régenter. Une tension permanente règne dans la maison Fisk. Bien sûr, rapidement cette ancienne vie est effacée pour en embrasser une nouvelle au sein d’une nouvelle famille, celle de son Affinité.

Ce roman est découpé en trois parties : l’arrivée d’Adam dans Tau, la volonté de Tau de sortir de l’influence d’InterAlia et la guerre que se livrent les Affinités pour prendre le pouvoir. La destinée des Affinités s’avère inéluctable, écrite d’avance comme semble le dire Meir Klein. Certaines comme Tau prennent une ampleur énorme, deviennent très influentes, contrebalançant l’ordre établi. Plus grave, il existe de nombreux exclus n’appartenant à aucune Affinité et rejetés par ces dernières. Les politiques en place, les simples gens voient donc d’un mauvais œil l’influence grandissante des Affinités. Quelle place pour eux dans ce nouveau système ?

Avec son talent habituel, Robert Charles Wilson expose les bienfaits de cette nouvelle forme de société où chacun de ses membres se comprend, où chacun avance dans le même sens, créant ainsi un élan collectif balayant les obstacles. Toutefois, il ne fait pas l’apologie de ce système, car il en dévoile l’évolution et les dérives quand il s’agit de prendre le pouvoir. Là où il est très habile, c’est en suivant Adam pris dans cette lutte mais qui reste un individu qui pense. L’avenir des Affinités ne ressemble de loin pas à un long fleuve tranquille mais plus à un chemin escarpé parsemé de trous où certains seront sacrifiés pour la cause générale.
Les déroulements imaginés par l’auteur illustrent parfaitement ce constat et la fin relève de la plus grande surprise. Elle entraîne une remise en question de l’ensemble, révélant que l’édifice peut se montrer bancal et aussi peu moral.

Sans verser dans le pavé, Robert Charles Wilson, remarquablement inspiré, expose l’influence grandissante des réseaux sociaux, extrapolant notre présent pour un futur alléchant par certains côtés, mais effrayant sur de nombreux points. Avec « Les Affinités », il signe un roman magnifique que je classe sans hésiter dans ses meilleurs et bien sûr tout en-haut de la production actuelle.
Ce livre nous entraîne sans faillir dans son sillage, l’histoire s’avère des plus intéressantes et intelligentes. Son personnage central saura parler aux lecteurs, touchant une corde sensible au fond de chacun. Qui n’aimerait pas être à sa place ? Avant de constater la triste réalité...
« Les Affinités », le nouveau Robert Charles Wilson, à ne surtout pas manquer, pour découvrir cet écrivain d’une science-fiction exigeante, enlevée et très prenante.
Lunes d’Encre ne s’y trompe pas en le traduisant à chaque fois !


Titre : Les Affinités (The Affinities, 2015)
Auteur : Robert Charles Wilson
Traduction de l’anglais (Canada) : Gilles Goullet
Couverture : Aurélien Police
Éditeur : Denoël
Collection : Lunes d’Encre
Directeur de collection : Gilles Dumay
Site Internet : Roman (site éditeur) ; Blog de la collection
Pages : 330
Format (en cm) : 14 x 20,5
Dépôt légal : février 2016
ISBN : 978-2-207-13072-8
Prix : 22 €


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François Schnebelen
9 mars 2016







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