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Black Bullet (T1)
Shiden Kanzaki, Morinohon, Saki Ukai
Doki-Doki

L’humanité a perdu la guerre contre les Gastrea. Comment ce mystérieux virus transformant les hommes en monstres est-il arrivé sur notre planète ? A-t-il été créé par l’homme lui-même ? En tout cas, sa prolifération ne put être endiguée et malgré de sanglants combats, les hommes durent reconnaître leur incapacité à vaincre les Gastrea. Mais une matière arrêtait les Gastrea et était mortelle pour ces créatures invulnérable aux armes conventionnelles : le varanium. Pour protéger l’humanité de l’extinction, les grandes capitales furent entourées de gigantesques monolithes de varanium. Dix ans plus tard, Tokyo est une de ces cités sanctuaires. Si les humains ont repris une vie presque normale, des Gastrea arrivent de temps en temps à percer le bouclier protecteur des monolithes et à créer un danger d’épidémie dans la population. Pour empêcher une telle catastrophe, des milices privées de sécurité furent créées, composées d’humains, le promoter, et d’enfants maudits à la puissance hors normes : l’initiator.



Rentaro est membre d’une milice privée et il arrive sur la scène de ce qui semble être un crime impliquant un Gastrea. La police n’apprécie guère de devoir travailler avec des civils de son espèce. Malheureusement, les agents ont voulu trop en faire et l’équipe partie en repérage n’est pas revenue. Tout ce qu’il sait est que du sang coulait du plafond du locataire habitant en dessous de la possible victime. Cela fait beaucoup trop d’interrogations et Rentaro décide d’intervenir, même en absence de son initiator. Mais ce qui l’attend dans l’appartement n’est pas ce qu’il prévoyait : un homme masqué se tient devant les corps des deux policiers écrasés contre le mur. L’inconnu recherche lui aussi le Gastrea. Sa force dépasse largement celle d’un simple humain, une humanité qu’il semble vouloir détruire. Rentaro ne doit pourtant pas se laisser distraire par cet homme qui est certainement l’assassin des deux policiers, sa priorité est de retrouver le locataire de l’appartement, qui ne leur a laissé que des traces de sang. Mais en suivant ces traces à l’extérieur, Rentaro et l’inspecteur en charge de l’affaire se retrouvent nez à nez avec une araignée géante.

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“Black Bullet” est à l’origine une série de light novels de Shiden Kanzaki. La série arrive en france d’abord par l’animé, qui fut diffusé au Japon en 2014. Le manga, pourtant plus ancien avec un premier tome édité au Japon en 2012, n’arrive que maintenant chez nous. Bon, la série n’étant pas non plus le plus connu des animés, beaucoup découvriront “Black Bullet” par le manga.

Le synopsis de base de cette série nous ramène vers un sujet assez à la mode : l’extinction de l’espèce humaine par un virus le transformant en monstre. Nous avions déjà eu une déclinaison de ce thème avec Cagaster. Est-ce la peur de virus comme l’ébola ou une recherche de déclinaison du mode survival horror type Resident Evil sans les zombies ? En tout cas, le Gastrea modifie l’ADN humain pour donner des créatures monstrueuses mais qui semble toutefois chercher des sources terrestres dans l’aspect final du Gastrea. Et là je vais pousser un coup de gueule qui va devenir récurrent : pourquoi le premier monstre est-il une araignée ? Mais quand est-ce que les mangakas penseront à nous autres, pauvres arachnophobe qui devons endurer la vue de la pire des bestioles pour notre petit cerveau traumatisé ! Et ce fourbe de Morinohon est très efficace avec ses dessins... Mais j’y reviendrai. Donc nous allons suivre les péripéties de Rentaro, un membre d’une des milices privées créées pour pallier l’arrivée de Gastrea dans les villes sanctuaires créées par l’homme. Toutefois, ce n’est pas le héros qui possède le pouvoir de terrasser des Gastrea mais sa partenaire, Enju, l’enfant maudit. Ces hybrides qui doivent recevoir une injection pour lutter contre leur côté Gastrea forment l’intérêt majeur de ce premier tome car on sent un potentiel et une déclinaison possible importante avec ces personnages mêlant l"innocence d’enfant avec la force et la monstruosité qui réside en eux.

Comme tous les premiers tomes, celui-ci pose principalement ses personnages mais laisse toutefois entrevoir le fil rouge de cette série avec le mystérieux homme masqué dont le but est d’en finir avec le monde des humains. Les personnages sont bien développés et le lecteur a tout de suite de l’empathie pour les membres de l’agence de sécurité civile Tendo. On attend bien sûr d’en savoir plus sur chacun des membres dans les tomes suivants, mais l’aperçu qui nous est donné à travers ce premier volume est prometteur. On sent que le passé aura des conséquences dans les prochains chapitres, mais Shiden Kanzaki a juste laissé assez d’informations pour attirer le chaland. Graphiquement, le travail de Morinohon et de Saki Ukai est de très bonne qualité. Les traits des personnages sont certes classiques pour un shonen mais assez variés pour ne poser aucun problème de lecture. Je parlais de l’araignée en début de chronique car cette bestiole est certes le seul Gastrea de ce tome, mais il est très bien réalisé, assez crédible pour sonner le signal d’alarme d’un arachnophobe, c’est dire !

“Black Bullet” s’annonce comme une très bonne surprise, avec un scénario intéressant et des personnages bien rendus.


Black Bullet (T1)
- Scénario : Shiden Kanzaki
- Dessins : Morinohon
- Character design : Saki Ukai
- Traducteur  : Thibaud Desbief
- Éditeur français : Doki-Doki
- Format : 127 x 180 mm, noir et blanc - sens de lecture original
- Pagination  : 192 pages
- Date de parution : 24 février 2016
- Numéro ISBN : 978-2-81893-523-1
- Prix : 7,50 €


© Edition Doki-Doki - Tous droits réservés


Frédéric Leray
4 mars 2016






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