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Galaxies n°38 (Nouvelle Série)
Directeur de publication : Pierre Gévart
Revue, n°38, SF - nouvelles - articles - critiques, novembre 2015, 192 pages, 11€

Pour ce nouveau « Galaxies / Mercury », les femmes en SF sont à l’honneur. En effet, uniquement des nouvelles d’auteures figurent au sommaire et un important dossier est consacré à Nathalie Henneberg avec notamment la suite et fin du court roman inédit « Khéroub des étoiles ».
Plusieurs intervenants présentent son œuvre, précisant bien que les livres sortis sous le nom de son époux Charles Henneberg ou portant leurs deux noms ont toujours été de son fait.


Ce qui ressort vraiment de ce dossier, c’est le sentiment que cette auteure a été abandonnée par les éditeurs actuels, ce que chacun des rédacteurs regrette. Certains comme Didier Reboussin l’ont connue personnellement, ce qui rend ces témoignages d’autant plus intéressants, pour ne pas dire poignants, notamment quand ce dernier évoque les derniers instants de Nathalie Henneberg en 1977. Des fans cherchent toujours à exhumer, pour les citer, son œuvre et se mobilisent pour tenter de lui redonner une visibilité. Tâche vraiment pas facile !
Le style de l’écrivaine est bien décrit, il est flamboyant pourrait-on dire, avec des avalanches de descriptions riches, souvent haute en couleurs.
Voilà longtemps que je n’ai plus lu Nathalie Henneberg. « Khéroub des étoiles » est donc une bonne occasion de retrouver la prose que j’avais découverte à travers plusieurs romans et recueils de la collection Masque Science-Fiction.
Hélas, je dois avouer qu’il est très difficile, voire quasi impossible, de s’immerger dans le récit. La profusion de descriptions donne un sentiment de répétitions, noie le récit dans la masse et nous fait perdre de vue le fil directeur. Cela manque aussi de rythme, pour ne pas dire d’intérêt. Khéroub n’est pas non plus le genre de personnage qui éveille une quelconque empathie.
Comme il l’était précisé dans le « Galaxies n°37 », Nathalie Henneberg a éprouvé les plus grandes difficultés à la rédaction de ce court roman commandé par Jacques Van Herp pour sa collection Masque SF. Ses jours étaient alors comptés, écrire lui était une souffrance et l’idée n’était même pas d’elle, mais de Van Herp. Elle n’était donc pas du tout dans les conditions requises pour livrer un roman de la qualité de « La naissance des Dieux », pour n’en citer qu’un, celui que je conseille pour découvrir l’auteure. « Khéroub des étoiles » représente plus une curiosité inédite à réserver aux inconditionnels qu’une œuvre réellement aboutie, même si Pierre Gévart et Lucie Chenu lui ont permis d’être publiable en la reprenant, tout en restant fidèles.
Forcément, à la fin demeure la question latente du dossier : Nathalie Henneberg a-t-elle encore un lectorat potentiel ?

Sylvie Lainé est une nouvelliste rare et appréciée. Dans une civilisation hyper-connectée où tous les objets communiquent entre eux, peut-on faire le choix de plus de simplicité et se rapprocher de Mère Nature ? Un couple tente l’expérience, mais il a beau avoir déconnecté la domotique de la maison, les appareils trouvent encore moyen d’échanger. Et puis si le chat s’en mêle....
“Le karma du chat” s’avère très plaisant à lire, d’autant qu’un humour inventif s’en dégage. Une friandise au parfum New Age à savourer !

“Crépuscule” débute dans une maternité. L’homme n’est pas facile, mais que dire de la future maman ? Les deux veulent que cela se déroule rapidement, comme s’il fallait expédier l’accouchement avant de passer à autre chose.
Jeanne-A Debats se sert de la sage-femme pour présenter le déroulement de la naissance. Elle y met la manière, les références cinématographiques permettent de donner un cachet supplémentaire à l’histoire qui n’est pas du tout celle que le début laissait présager. Plutôt qu’en révéler la teneur, je ne peux qu’en conseiller la lecture.

Théorie du complot pour Giuliana Acanfora. La machine temporelle existerait, servirait même à ramener des choses du passé. Uniquement des objets ? Au début, Alba n’y croit pas, mais la curiosité la pousse à en savoir plus.
Dans “Vertige”, le lecteur se retrouve en terrain connu et intelligemment l’auteure apporte en conclusion de l’émotion, faisant d’ailleurs pencher la balance du côté de l’existence de la machine. Toutefois, c’est un peu la voie de la facilité qui a été choisie, même si elle témoigne d’une certaine élégance et que cette solution touchera les lecteurs.

Dans “La clef”, le personnage central s’estime trop précieux pour être abandonné sur cette planète par SteelCorp, une multinationale sans scrupules, d’autant qu’il dispose d’un laissez-passer pour le prochain vaisseau en partance. Encore faut-il qu’il y en ait un ! Seul moyen de tenir et de passer le temps, picoler au Hell’s Bar et surtout absorber des pilules d’Y-Key.
L’oubli pour garder l’espoir, voilà ce qu’elles apportent, car les souvenirs s’avèrent particulièrement douloureux. Julie Subirana signe un planet opera désenchanté et de bonne facture, livrant son lot de désillusions pour le protagoniste.

La seconde apparition de la rubrique “Le service des affaires classées” sortant de l’oubli d’anciens textes de la revue « Fiction », met en avant Suzanne Malaval à travers une courte présentation et deux textes : “Ce merveilleux matin” (1963) et “La maison d’à côté” (1965). Le premier, plutôt anecdotique, relève de la science-fiction et le second, bien plus marquant, du fantastique avec une histoire de petite fille qui s’ennuie et regarde ce qui se passe chez les voisins.

Pour tout savoir de la bande dessinée argentine “Cybersix” dont 12 volumes ont été traduits par Vent d’Ouest entre 1995 et 1998, Franck Jammes consacre un article bien documenté à cette série. De son côté, Pierre Stolze nous présente “Uchronie : une exposition de Françoise Chamagne”.
Avant l’importante section recensant les sorties de films au cinéma du semestre, Jean-Pierre Fontana revient sur le film : « Jeanne, papesse du diable ». Ce cas fascine et n’a pas fini de faire parler de lui au vu des nombreuses occurrences récentes autour des films sur cette femme qui aurait été pape.

De ce numéro se dégagent les nouvelles de Sylvie Lainé et de Jeanne-A Debats. Le dossier Nathalie Henneberg laisse un sentiment mitigé, car si les intervenants font montre d’un bel enthousiasme, s’offusquant au passage de voir les œuvres de l’auteure tomber dans l’oubli, le court roman inédit l’accompagnant ne donne guère envie d’être curieux. Ce qui était une bonne idée de départ ne tient pas du tout ses promesses.


Titre : Galaxies Nouvelle Série
Numéro : 38 (80 dans l’ancienne numérotation)
Directeur de publication : Pierre Gévart
Rédacteur en chef délégué : Jean-Pierre Fontana
Couverture : Séverine Pineaux
Type : revue
Genres : SF, études, critiques, entretiens...
Site Internet : Galaxies
Dépôt légal : novembre 2015
ISSN : 1270-2382
Dimensions (en cm) : 13,8 x 20,9
Pages : 192
Prix : 11€



Pour écrire à l’auteur de cet article :
[email protected]



François Schnebelen
16 février 2016







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