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Yakuza Moon
Shoko Tendo, Sean Michael Wilson et Michiru Morikawa
Graph Zeppelin

Shoko était une petite fille qui ne manquait de rien, mais quand on est la fille d’un chef de clan yakuza, les jours ne sont pas toujours joyeux. A l’école, les enfants se moquaient d’elle, surtout que Shoko ne cachait pas l’activité de ses parents. Toutefois, elle acceptait les méchancetés de ses camarades de classe, moins la façon dont son père traitait sa mère, ramenant des prostituées à la maison quand il avait trop bu. Shoko suivit rapidement l’exemple de sa grande sœur, Maki. La jeune fille était une rebelle, se teignant les cheveux en blonds, traînant avec des garçons le soir. Shoko devint à son tour une rebelle, une Yanki. Cheveux décolorés, n’allant plus à l’école et fuguant même certains soirs, Shoko était de tous les mauvais coups, ne reculant jamais devant une baston, quitte à se faire passer à tabac ou se retrouver à deux doigts de se faire violer. Malheureusement, à force de prendre des substances illicites, elle attira l’attention de la police et se fit arrêter pour détention de drogue.


Son père refusant de l’aider, Shoko purgea sa peine et poursuivit sa descente aux enfers. Son père fut atteint de la tuberculose et le terrible chef yakuza devint l’ombre de lui-même, devant vendre sa maison et prendre un petit boulot pour survivre. A cette époque, Shoko était de plus en plus accro à la drogue et son petit groupe tomba sous la coupe d’un yakuza qui tenta d’abuser d’elle. Si elle en réchappa de peu, elle ne put refuser les avances du mafieux qui récoltait les remboursements de ses parents pour le compte d’un prêteur sur gages avec lequel son père avait dû s’endetter. Kimura prit possession d’elle plus doucement, utilisant son addiction pour la drogue. Quand elle était shootée, Shoko avait alors une irrésistible envie de faire l’amour avec lui et ce dernier profita d’elle sans la moindre hésitation. Devenue serveuse dans un bar, Shoko fit la connaissance de Shin, un homme plus âgé qu’elle mais qui était doux, tout le contraire de Kimura. Shin lui paya un appartement et se révéla très compréhensif par rapport à sa dépendance et les visites plutôt brutales de Kimura. Seulement, il y avait un petit problème : Shin était marié...

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“Yakuza Moon” raconte l’histoire vraie de Shoko Tendo, fille de yakuza dont la vie tragique est réellement digne d’un roman. Le plus impressionnant est que la grande partie de sa descente aux enfers et sa résurrection tel un phoenix se déroule sur une dizaine d’années, à la sortie de l’adolescence. La jeune femme nous raconte les vies détruites par les clans, loin de l’image de cartes postales des films et autres séries. Les yakuzas ne sont pas montrés comme des samouraïs modernes, des mafieux ayant un vrai code de l’honneur. Ce sont au contraire des pourritures, traitant les femmes comme des marchandises, qu’ils usent puis jettent. Shoko nous narre sans cacher la moindre chose, que ce soit son attitude envers ses parents qui choquera certainement certain lecteur ou son addiction à la drogue. Car elle assume totalement sa période dit Yanki, rejettant la société, les lois, fréquentant des junkies, des yakuzas, succombant aux deux. La jeune femme semble également maudite, ne trouvant jamais un homme capable de s’occuper d’elle. Et ceux qui auraient pu la rendre heureuse avaient un énorme défaut : ils étaient tous mariés.

Shoko va se détruire et nous expliquer sans pudeur chaque étape de sa destruction. En fait, la seule personne digne et qui le restera jusqu’à son dernier souffle sera sa mère. Pourtant, Shoko nous la montrera d’abord comme une femme soumise, acceptant les infidélités et les excès de colère de son mari, puis le soutenant sans faillir quand ce dernier commença à succomber à la maladie. Cette femme soutiendra ses deux filles quoi qu’elles fassent, toujours convaincue qu’elles vaincront un jour leurs démons. Mais ces derniers seront tenaces, poursuivant Shoko même quand celle-ci tentera de changer de vie. Elle finira par se faire tatouer dans le dos une courtisane, une oeuvre digne d’un yakuza. Elle gardera donc sur elle sa déchéance, même si elle finira par se trouver une nouvelle vie, en devenant écrivain. Un parcours tragique, sinistre, parfois même déprimant, le destin s’acharnant à un tel point sur elle. Et quoique l’on puisse penser de son attitude, de ses choix de vie, on ne peut qu’être impressionné par la force de caractère et la ténacité de cette femme.

Pour mettre en mode manga son roman, Shoko put compter sur le travail de Sean Michael Wilson, au scénario. Nous avons déjà découvert le travail d’adaptation de ce dernier avec Les 47 Ronins ou encore Le Livre des cinq Roues. Il laisse cette fois le Japon médiéval pour le Japon contemporain. Résumer un roman aussi riche que celui de Shoko est loin d’être simple, surtout qu’avec le nombre réduit de pages d’un manga, le scénariste doit mettre en avant les épisodes clés de la vie de la jeune femme, sans dénaturer son propos. Au dessin, nous trouvons Michiru Morikawa, une illustratrice et dessinatrice de nombreuses fois primée au Japon mais aussi à l’étranger. Son style se rapproche d’un shojo occidentalisé, un style que l’on retrouve maintenant classiquement chez les mangakas travaillant pour des éditeurs européens ou américains. La mangaka ne se censurera aucunement, montrant les viols et les violences exercées sur Shoko aussi crûment que possible, Le lecteur se sent parfois comme un voyeur malsain, témoin des exactions que les hommes prirent plaisir à faire sur la jeune femme.

“Yakuza Moon” est un manga dur, difficile mais également plein d’espoir car la conclusion montre finalement que la rédemption n’est pas un vain mot et qu’il faut savoir donner une seconde chance.


Yakuza Moon
- Scénario  : Sean Michael Wilson
- D’après l’oeuvre de : Shoko Tendo
- Dessin : Michiru Morikawa
- Éditeur : Graph Zeppelin
- Format : 160 x 235 mm
- Pagination : 192 pages
- Numéro ISBN  : 979-1094169056
- Dépôt légal : 27 novembre 2015
- Prix public : 13 €


© Editions Graph Zeppelin- Tous droits réservés



Frédéric Leray
15 janvier 2016







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Shoko Tendo
Photograph : Jeremy Sutton